Jean-Claude Ellena

Jean-Claude Ellena : « Ce ne sont pas des ingrédients, ce sont des histoires »

Après un Que sais-je sur le parfum en 2007, un journal en 2011, un roman en 2013 et enfin son autobiographie en 2017, « l’écrivain d’odeurs » a repris la plume pour nous offrir un Atlas de botanique parfumée. Paru aux éditions Arthaud en octobre, cet ouvrage trouve sa place au sein d’une collection rassemblant des atlas aussi divers et insolites que celui des « îles abandonnées » ou encore réunissant « les pays qui n’existent pas ». Celui que signe Jean-Claude Ellena regroupe une trentaine d’ingrédients de parfumerie décrits de façon intimiste, historique et surtout olfactive. Suscitant un succès aussi retentissant que surprenant – à en croire son auteur – il s’est rapidement retrouvé en rupture de stock… pour être de nouveau disponible à l’heure où nous publions ces lignes. Nous l’avons interrogé à ce sujet.

Comment est née l’idée de cet Atlas ? 

Au commencement, il y a mon amitié avec Gilles Lapouge, [écrivain disparu en 2020], que j’ai rencontré aux Journées Giono, organisées par l’association Les amis de Jean Giono, dont nous étions tous deux administrateurs. Puis, comme il était aussi journaliste et qu’il manifestait un intérêt pour le parfum, il m’a demandé une interview. Il avait lui-même écrit l’Atlas des paradis perdus pour Arthaud et il connaissait bien l’éditrice. C’est lui qui a proposé à la maison d’édition que j’écrive un nouvel Atlas. J’ai hésité au début, puis je me suis lancé, et en écrivant, j’ai finalement trouvé une forme qui a elle-même trouvé des lecteurs (une bonne surprise !).   

Le livre a en effet rencontré un grand succès. Comment l’expliquez-vous ? 

Je n’ai pas d’explication, mis à part un intérêt croissant pour le parfum, de la même façon que pour le vin, la cuisine, les plaisirs des sens en général. Pour l’éditrice, c’était une découverte d’un monde qu’elle ne connaissait pas. Elle avait l’impression de « sentir les odeurs en me lisant » selon ses mots, elle était sûre du succès et ses équipes aussi (plus que moi).    

Il s’inscrit dans une collection de nombreux autres Atlas, qui s’adresse à un public plus vaste que les passionnés de parfum. Est-ce que cette publication participe ainsi à propager la culture olfactive à une plus large audience ?

Oui c’est certain. J’ai fait de nombreuses signatures et le public était différent. Très peu de gens du parfum, mais des personnes qui s’intéressent à la géographie, à la botanique, aux jardins…  

Comment avez-vous choisi les ingrédients ? 

Le choix s’est fait sur des matières que je connaissais bien et pour lesquelles j’avais des histoires à raconter, mais aussi des matières connues.

Sur quelles sources vous-êtes vous appuyé pour écrire ? 

Comme vous pouvez le lire en fin de livre, les références sont peu nombreuses. C’est d’abord des souvenirs, du vécu, et des documents personnels. J’ai commencé en parfumerie comme ouvrier en distillant, etc.

Si vous ne deviez garder que trois ingrédients, lesquels seraient-ils ?

Ce ne sont pas des ingrédients, ce sont des histoires : celles du narcisse, du cassis et de la bergamote, elles me résument.  

Propos recueillis par Jeanne Doré, le 25 janvier 2021

Portrait de Jean-Claude Ellena : Baptiste Lignel

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