Per fumum-Torino 27-28-29 mai 2020

Cette année l’événement Per Fumum se tiendra les 27, 28 et 29 mai 2020 à Turin.

Vous pourrez y retrouver des conférences ainsi que des événements animés parmi les plus grands noms de la parfumerie internationale. De plus vous pourrez voir l’exposition Incēnsum, qui raconte à travers le langage visuel l’incroyable aventure de cette substance odorante.

Parma Città del Profumo – APE Parma Museo

En 2020 Parme sera la capitale italienne de la culture. Pour promouvoir la culture du parfum, le projet « Parme, la ville du parfum » proposera expositions, évènements, workshops, senteurs et saveurs : 1816-2020, plus de 200 ans de professionnalisme et passion dans le domaine de la production du parfum.

 

Salon « Collections Parfum » à Pantin le 15 décembre

La Collection Parfums est une bourse très conviviale de ventes et d’échanges sur le thème de la parfumerie, miniatures récentes et anciennes. Flacons de parfum anciens, factices géants, diverses boîtes à poudre et publicités, initiés par Jean-Pierre Henry en 2001, que les membres de l’association IPBA France ont souhaité perpétuer en son hommage, au cœur de la ville de Pantin dont l’histoire industrielle et sociale est liée à l’industrie des parfums et des cosmétiques.

Conférence Fragonard : Marie-Antoinette, une reine parfumée, par Élisabeth de Feydeau

Reine de la mode et Reine-Bergère, frivole et digne, insouciante jeune femme dansant sur un volcan, reine en pleine lumière recherchant l’ombre, femme enfant. Tant de contrastes sont présents dans les portraits que l’on fait de la Reine Marie-Antoinette.
Marie-Antoinette semble être une femme multiple, possédant une audace émotionnelle, qui en fait l’ange exterminateur de cette société de cour versaillaise et décadente. Elle tient à moderniser le protocole. Elle a cette quête du naturel, dont la grandeur va avec la simplicité. Qu’en est-il de cette jeune reine qui donne le ton devenue dans l’opinion cette louve d’Autriche avide de dépenses et de luxure ? Comment les petites révolutions de la Reine Marie-Antoinette dans la parfumerie et la mode, en apparence futiles, ont eu des répercussions importantes sur l’ordre social du pays ?

Élisabeth de Feydeau a travaillé chez Chanel où elle était responsable du patrimoine, avant de fonder en 1997 sa propre société en conseil en développement olfactif et culturel : Arty Fragrance. En parallèle, elle enseigne à l’ISIPCA ; écrit des livres sur le parfum et le luxe ; met en scène des expositions et anime des conférences à travers le monde. Depuis 2013, en tant qu’historienne et expert du parfum, elle collabore à des émissions télévisées, telles que « Sous les jupons de l’histoire », animée par Christine Bravo ou encore «Secrets d’Histoire», animée par Stéphane Bern. Élisabeth de Feydeau dédicacera son nouveau livre La grande histoire du Parfum à la suite de la conférence, qui paraîtra chez Larousse en octobre 2019.

Réservation sur le site : https://www.fragonard.com/fr/#regdl=conference-paris-marie-antoinette-une-reine-parfumee

Parma Città del Profumo – Museo Glauco Lombardi

En 2020 Parma sera la Capitale italienne de la culture. Pour promouvoir la culture du parfum, le projet « Parma,  cita dell…  » proposera expositions, événements, workshops, senteurs et saveurs : 1816-2020, plus de 200 ans de professionnalisme et passion dans le domaine de la production du parfum.

À partir du 7 décembre 2019 au Museo Glauco Lombardi

Ateliers de Yoga olfacto-sonore

Vous aimez le parfum et/ou le yoga ? L’association Yoga Olfacto-Sonore (YOS) organise un cycle de 3 ateliers de YOS de septembre à décembre 2019.

YOS, qu’est-ce que c’est ?
Une association Loi 1901, basée à Paris, destinée à promouvoir une expérience multi-sensorielle autour du souffle, de l’effluve et de la voyelle à travers le monde. Des ateliers nomades, sensibles et poétiques, où cultiver sa voix/e et son flair, grâce à une synergie entre yoga du son & olfaction.

Trois expériences avec le souffle, le parfum et la voix, pour les sensibles, les créatifs, les curieux, les rêveurs, les intranquilles… et les autres !

Ces trois expériences auront lieu les samedis, à 14h30 :
14 septembre
19 octobre
23 novembre

Objectifs : apprendre à devenir spacieux, repérer, asseoir et cultiver en soi un espace paisible, solide et joyeux.

5 places disponibles seulement !

Spécial offre pour les passionné(e)s prenant 3 ateliers – 60 €.

Amener vos tapis ou pareo + zafu ! Namaste!

Conférence Fragonard : l’influence de l’égyptomanie dans l’art de la parfumerie française

En introduction sera évoquée l’histoire de la gestuelle du parfum et du bain dans la civilisation égyptienne, puis le style égyptien sera abordé à travers l’art de la présentation des parfums entre 1880 et 1940. La découverte du tombeau de Toutânkhamon en 1922 est à l’origine de la mode « égyptomanique » en Europe, et notamment dans les industries du luxe dont fait partie la parfumerie. La conférence sera illustrée par des créations des maisons Ramsès, Bichara, Lubin, Caron, maisons de parfumerie ayant adopté ce style « égypto-antique ».

Jean-Marie Martin-Hattemberg est expert près la Cour d’Appel de Versailles. Grand collectionneur, il est spécialiste art et patrimoine de la parfumerie du XXe siècle.

De part et d’autre de la rivière brisée, de Julie C. Fortier

L’espace culturel “Volume” à Vern-sur-Seiche vous accueille de 08 novembre au 18 décembre afin de présenter la nouvelle installation symbolisant la rivière.

Depuis ses débuts en vidéo et performance, le travail de Julie C. Fortier enregistre le passage du temps à travers la mise en évidence de processus d’effacement et d’évidement. Depuis 2013, elle a ajouté à son répertoire de travail, une recherche expérimentale avec les odeurs et les arômes qui prennent la forme de parfums, d’installations et de dessins ou encore de performances culinaires et olfactives. La puissance mnésique et affective des odeurs modifie les manières de mettre en jeu la mémoire dans les représentations et les récits qu’elle compose. Cet aspect paradoxal d’une absence pourtant présente, invisible mais intimement pénétrante la captive.

« Le serment est la vraie barrière qui empêche les empiètements, en retenant dans leurs limites les hommes et même les éléments » – Empédocle.

Mais la rivière s’est brisée et n’assure plus sa fonction de barrière, « le soleil à qui rien n’échappe, témoin par excellence » a été pillé et est devenu aveugle. Quel sera le mot de passe pour générer un nouvel ordre naturel des choses ? 

Le parfum à travers les Arts, conférence à la Place

Le 7 novembre à 18h Clémence Decolin animera une conférence à La Place (9, rue Française à Paris). Tout au long de cette conférence, elle abordera le sujet du parfum à travers les Arts (littérature, musique, sculpture, peinture, cinéma, théâtre). Un événement gratuit, qui se déroule au cœur de Paris dans un cadre agréable.

Fragrance Innovation Summit

Entre naturalité et nouvelles technologies, éthique, transparence et nouveaux concepts, le monde du parfum se réinvente pour continuer à séduire et à surprendre. Nouveaux ingrédients, nouvelles notes, nouveaux applicateurs, nouvelles textures, nouvelles fonctions : les pistes d’innovations ne manquent pas et sont méthodiquement explorées par les marques, les fournisseurs et les distributeurs.

Dans la continuité de l’événement organisé l’année dernière, l’édition 2019 du Fragrance Innovation Summit proposera le 7 novembre prochain à Paris un tour d’horizon des grandes tendances du marché, des dernières innovations, des technologies émergentes et des témoignages de professionnels. Le tout dans un format d’interventions limité à 15 minutes pour pointer l’essentiel et aborder tous les aspects de l’innovation.

La conférence sera traduite simultanément en anglais et en français.

IPBA France – Parcours Lalique

Chers Collectionneurs,

C’est avec un immense plaisir que nous vous dévoilons le programme de notre seconde rencontre annuelle de l’IPBA France.

Cette année, c’est la Maison Lalique qui nous fait l’honneur de nous ouvrir ses portes.

A cette occasion nous aurons le plaisir de vous convier à un Parcours Lalique inédit le Jeudi 24 octobre 2019. Ce voyage nous emmènera à Wingen-sur-Moder, en Alsace à la découverte de la Cristallerie et du Musée Lalique.

Au départ de Paris au petit matin nous rejoindrons Wingen-sur-Moder par le TGV via Strasbourg, où nous parcourrons la Manufacture Lalique avant de déjeuner au Château Hochberg. Puis, en début d’après-midi nous visiterons le Musée Lalique. Le retour sera prévu le soir même à Paris.

Au sein de la Cristallerie, jamais ouverte au public, nous découvrirons les ateliers « Verre chaud » et « Verre Froid » afin d’observer le méticuleux ouvrage des Artisans Maîtres Verriers. La visite guidée du Musée Lalique nous permettra de nous plonger au cœur de ses collections permanentes et de son exposition temporaire sur « L’Invention du Parfum Moderne ».

Programme (sous réserve de confirmation) :
7h : Départ en TGV de la Gare de l’Est à Paris en direction de Wingen-sur-Moder via Strasbourg.
10h30 : Visite Guidée de la Manufacture Lalique
13h30 : Déjeuner au Château Hochberg
15h : Visite du Musée Lalique
17h : Départ pour Paris via Strasbourg
20h30 : Arrivée à Paris Gare de l’Est

Participation, incluant le voyage Aller/Retour en TGV, les transferts en bus, le déjeuner au Château du Hochberg, et les visites guidées en français et en anglais :
– 220 € Membre IPBA
– 240€ Non Membre IPBA

Les inscriptions seront traitées dans l’ordre de réception et clôturées le 31 août 2019. Le nombre de places sera limité à 50 personnes.

Les formulaires d’inscription ainsi que les modalités de paiement seront envoyés par email sur demande auprès de notre association.

Contacts & Inscriptions :
Julie Carry & Antoine Poujol
[email protected]
Facebook : IPBA France

Julie & Antoine

Le Nez au vent, un spectacle olfactif avec Caroline Sire

Petite-fille du célèbre parfumeur Coty, inventeur de la parfumerie moderne, Caroline Sire nous invite au cœur du monde des senteurs, des odeurs, des parfums. Un voyage entre récits, univers sonore, chant et mouvement. Un hommage, un partage à la fois intime et universel qui nous fait plonger au cœur des souvenirs de notre cartographie olfactive personnelle.

Collation gratuite.

Dès 14 ans.

Ateliers de Yoga olfacto-sonore

Vous aimez le parfum et/ou le yoga ? L’association Yoga Olfacto-Sonore (YOS) organise un cycle de 3 ateliers de YOS de septembre à décembre 2019.

YOS, qu’est-ce que c’est ?
Une association Loi 1901, basée à Paris, destinée à promouvoir une expérience multi-sensorielle autour du souffle, de l’effluve et de la voyelle à travers le monde. Des ateliers nomades, sensibles et poétiques, où cultiver sa voix/e et son flair, grâce à une synergie entre yoga du son & olfaction.

Trois expériences avec le souffle, le parfum et la voix, pour les sensibles, les créatifs, les curieux, les rêveurs, les intranquilles… et les autres !

Ces trois expériences auront lieu les samedis, à 14h30 :
14 septembre
19 octobre
23 novembre

Objectifs : apprendre à devenir spacieux, repérer, asseoir et cultiver en soi un espace paisible, solide et joyeux.

5 places disponibles seulement !

Spécial offre pour les passionné(e)s prenant 3 ateliers – 60 €.

Amener vos tapis ou pareo + zafu ! Namaste!

Conférence Fragonard : la culture du parfum au temps des empereurs de Chine, par Frédéric Obringer

Au cours de l’histoire de la Chine impériale, une très riche culture liée aux substances aromatiques et aux parfums s’est développée dans de nombreux domaines : rites religieux, art thérapeutique, vie quotidienne du lettré. Lors de la conférence, seront abordés les différentes substances odorantes employées (comme le musc ou le bois d’aigle), les diverses formes de parfums (des encens à brûler jusqu’aux pilules à avaler), les brûle-parfums, les utilisations médicales et enfin la place éminente des senteurs dans l’univers des lettrés.

Frédéric Obringer est chercheur au CNRS, il a dirigé de 2015 à 2018 le laboratoire Chine, Corée, Japon (CNRS/EHESS/UPD). Historien de la médecine chinoise et de ses diverses substances (poisons, médicaments, encens), il prépare actuellement un livre sur l’histoire des parfums en Chine impériale. Il a été le conseiller scientifique de l’exposition « Parfums de Chine. La culture de l’encens au temps des empereurs » qui s’est tenue en 2018 au musée Cernuschi à Paris.

Conférence olfactive (Osmothèque) : jasmin, à la découverte de la fleur

La prochaine conférence olfactive de l’Osmothèque aura lieu le mardi 15 octobre 2019, à 18h30, à l’ESCE (Paris).
Avec Daniel Joulain, l’équipe de l’Osmothèque vous propose une conférence thématique sur le jasmin à grandes fleurs, fleur incontournable de la parfumerie.
Venez (re)découvrir cette matière clef de la palette des parfumeurs, sa composition chimique, ses différentes nuances en fonction de son origine et de ses méthodes d’extraction.

Cette conférence sera également l’occasion de (re)découvrir comment, au fil du temps, les parfumeurs ont travaillé cette matière d’exception dans leurs créations. Quelques fleurs de Houbigant, le Jasmin de Corse de Coty, le Numéro 5 de Chanel, Le Dandy d’Orsay,  Le Jasmin de Lucien Lelong, Joy ou Mille de Patou, First de Van Cleef & Arpels, Diorella de Dior, Jardins de Bagatelle de Guerlain… le choix sera difficile tant cette fleur a inspiré les parfumeurs depuis toujours !

Nombre de places limité.

Perfume Legends II. French Feminine Fragrances : Michael Edwards, le musée vivant du parfum

(English version after the french)

Tous les passionnés de parfums connaissent ce livre : Perfume Legends. French Feminine Fragrances, paru en 1996, ou la version traduite par le parfumeur Guy Robert deux ans plus tard et publiée sous le titre Parfums de légendes. Un siècle de créations françaises. Avec cet ouvrage, le fondateur de Fragrances of the World, Michael Edwards, était le premier à donner la parole aux parfumeurs afin de recueillir en détails et sans détours toute la genèse des grands classiques de la parfumerie.
Vingt-trois ans ans plus tard, il en propose une version augmentée de huit nouvelles légendes (Fracas, Nahema, Féminité du bois, J’adore, Flower, Coco Mademoiselle, Timbuktu, Portrait of a Lady), et des textes enrichis sur 52 créations, rassemblant témoignages et citations de parfumeurs, couturiers, directeurs artistiques, designers…

Celui qui se définit plus comme un « tisseur de mots » que comme un écrivain – car la plupart des textes sont constitués des mots des créateurs -, a poursuivi ses recherches et ses enquêtes à travers les archives des maisons de parfums et près de 200 entretiens, afin de retranscrire une histoire de la parfumerie au plus proche de la réalité, débarrassée de ses mythes et légendes, des discours formatés, déformés ou sublimés par certains journalistes, biographes ou attachés de presse peu scrupuleux. En résulte un témoignage vivant sur l’histoire de la parfumerie, puisque comme le précise l’auteur « dans un monde où les parfums sont modifiés, parfois supprimés, il n’existe pas de musées qui nous permette d’examiner ce qui s’est réellement passé ». C’est pourquoi il s’attache à reconstituer ce passé au plus près grâce au mots des créateurs eux-mêmes, en les écoutant et en « tissant » leurs propos.

Nous l’avons rencontré en juin dans son appartement parisien, dans le quartier Saint-Michel, où il nous a donné un aperçu de son nouvel ouvrage à travers deux créations emblématiques de la maison Chanel : le célébrissime N°5, depuis toujours enrobé de légendes parfois improbables, et Coco Mademoiselle, le parfum féminin le plus vendu au monde qui ne devait au départ être qu’un petit flanker… Entretien.

Comment est venue à Coco Chanel l’idée de créer un parfum ? Vous dites dans votre livre que deux versions coexistent : elle aurait été influencée par son amie Misia Sert, ou par son compagnon le grand-duc prince Dimitri Pavlovitch ?

Misia a en effet dit qu’elle avait donné l’idée d’un parfum à Coco Chanel en lui lisant un fait divers dans le journal en 1920. Mais je ne pense pas que ce soit vrai, car Coco avait déjà déposé le nom « Eau de Chanel » en 1919. Il y avait donc déjà les prémices d’une création de parfum. Sans doute car Poiret et Coty prenaient de l’importance ?

Cependant, l’idée est devenue réalité quand, durant l’été 1920, elle croise une vieille connaissance, Jean-Paul Pléneau, ancien explorateur devenu directeur des Parfums Rallet, et qui l’invite à visiter son usine à Cannes, où elle est présentée au parfumeur Ernest Beaux.

Vous écrivez qu’au départ, elle semblait hostile à l’idée d’un parfum, comme en témoigne cette citation « Je suis un couturier, et je désapprouve tout ce que font les parfumeurs ! » Comment s’est passée sa rencontre avec Ernest Beaux ?

Ernest Beaux parlait très peu publiquement de sa relation avec Coco Chanel. Dans un de ses rares discours, il a expliqué comment elle avait choisi ses premiers parfums parmi une sélection qu’il avait créée entre 1919 et 1920. Il lui a présenté dix parfums, en deux séries, 1 à 5 et 20 à 24, et elle en choisit quatre : 5, 20, 21 et 22.

Laboratoire de la Parfumerie Rallet
Laboratoire de la Parfumerie Rallet

À cette époque, c’est donc ainsi que cela se passait, il n’y avait pas d’échanges entre le parfumeur et son client, pas de retravaux ? Juste une sélection ?

C’est une évidence qu’Ernest Beaux avait déjà créé la collection par lui-même, ses lettres montrent qu’il avait travaillé sur le N°5 pendant au moins cinq ans, et l’avait terminé en 1920 avant sa rencontre avec Coco Chanel. Il n’y a aucune preuve qu’elle lui ait dit de retravailler plus puissant ou plus cher. Au contraire, Beaux n’aurait permis à personne de lui dire quoi faire !

Finalement, un parfumeur travaillait comme un couturier ? « Vous l’aimez, vous l’achetez ! »

Exactement, mais évidemment, plus les parfumeurs travaillent avec les clients et développent une relation de confiance avec eux, plus les clients demandent de modifications.

Quand ce type de demande est-il apparu ?

Jean Patou a par exemple commencé à retravailler Joy (1930) avec Henri Alméras, lui demandant « faites-le plus fort, plus fort, plus fort ! » mais ils n’allaient pas dans des détails techniques comme « faites-le plus aldéhydé » etc.

À propos du N°5, l’auteur Ludovic Bron a dit : « Dans le domaine de la parfumerie, c’était une sorte de Révolution française ». Que voulait-il dire ?

Ce n’était pas un floral habituel, mais une fleur abstraite, imaginaire, à une époque où les parfums copiaient la nature. Il est devenu célèbre pour son utilisation innovante des aldéhydes mais Jacques Polge m’a dit un jour que si vous retirez les aldéhydes du N°5, il restera toujours le N°5, et il a raison.

Ernest Beaux explique qu’il les a utilisés pour faire exploser la richesse des fleurs (rose de mai, jasmin…). Même si les aldéhydes étaient déjà utilisés à l’époque, lui les a poussés à un dosage dix fois supérieur à l’usage courant. Et puis il y a cette vieille histoire selon laquelle il aurait fait ça parce que son assistante aurait commis une erreur, et oublié de diluer les aldéhydes à 10 %. C’est une belle histoire mais ça ne tient pas debout parce que c’était un cocktail de trois aldéhydes (C-10, C-11 et C-12 laurique), donc elle a peut-être fait une erreur sur un aldéhyde, mais pas sur trois !

Cela fait partie de la légende, du mythe du N°5 ! D’où vient cette histoire ?

Cela provient d’une biographie publiée peu de temps après sa mort, [NDLR : Les Années Chanel, Mercure de France, 1972]. Le livre, truffé d’erreurs factuelles, était écrit par le secrétaire général de Paris Match, Pierre Galante, qui n’a jamais interviewé Chanel sur l’histoire de sa vie, mais a prétendu avoir amassé des « centaines de témoignages oculaires » durant les quelques mois qu’il lui a fallu pour écrire le manuscrit.

Coffret Chanel 5 – Chanel 22

Ernest Beaux évoque dans ses lettres son service militaire près du cercle arctique. Comment cette expérience a-t-elle influencé la création du N°5 ?

Beaux a écrit qu’il avait été envoyé pour passer une partie de la campagne de Russie des Alliés au-dessus du cercle polaire arctique « au moment du soleil de minuit quand les lacs et les rivières libèrent un parfum d’une fraîcheur extrême. J’ai retenu cette note et je l’ai reproduite.» L’odeur de ces plantes aquatiques était fraîche, métallique et aldéhydée, comme de la coriandre.

On a toujours dit qu’il avait été lancé en 1921, mais il se pourrait bien que ce soit 1922 finalement ?

Intéressant n’est-ce pas ? La date de lancement a longtemps été enregistrée comme 1921, mais il n’y a pas de preuves attestant cette date. Selon Yves Roubert [NDLR : fils du parfumeur Vincent Roubert], la formule originale était terminée en mars 1922. Constantin Weriguine, l’assistant d’Ernest Beaux, a également écrit que les formules étaient finies à cette date.

Il est possible donc que le N°5 ait été lancé en 1922 aux côtés des six autres parfums que Coco Chanel avait choisis.

Venons-en à Coco Mademoiselle, comment est-il né?

Coco, le premier grand parfum féminin lancé, en 1984, après la mort de la créatrice, était menacé de disparaître progressivement des grands magasins aux Etats-Unis (imaginez l’humiliation !), ce qui nécessitait de revitaliser le nom. Allure avait été lancé en 1996 et c’était un succès, mais ce n’était pas « Coco », le nom signature, qu’il fallait à tout prix sauver.

Publicité Coco Mademoiselle - Kate Moss
Publicité Coco Mademoiselle – Kate Moss

Les flankers existaient déjà mais n’étaient pas bien perçus, assimilés au marché de masse ?

Exactement, comme en témoigne le succès de Drakkar noir, en 1982, qui était le flanker du moins connu Drakkar lancé en 1972, par exemple.

À cette époque, ils préparaient le lancement de Chance, qui devait être le nouveau grand féminin international ?

Oui, et Coco Mademoiselle l’a supplanté !

Comment l’idée d’un chypre a-t-elle germé ?

Jacques Polge, alors parfumeur de Chanel, a toujours admiré Aromatics Elixir de Clinique, un chef d’œuvre chypré. Mais les parfums changent, et le patchouli a peu a peu remplacé la mousse de chêne comme note de fond principale dans les chypres.
Coco Mademoiselle a été conçu comme le parfum que Coco Chanel elle-même aurait porté si elle avait eu vingt et un ans au XXIe siècle. Pouvez-vous imaginer Coco Chanel en femme “florale-fruitée” ? Non, bien sûr que non !

Quand on regarde en arrière, qu’est-ce qu’un chypre ? Quand est-ce que les chypres sortent ? Historiquement, ils ont tendance à prendre de l’importance lorsque les femmes s’affirment.
Première Guerre mondiale : les hommes meurent, les femmes prennent leur rôle à la maison, est-ce qu’après la guerre elles ont repris leur place comme avant ? Non ! On a vu ainsi apparaître Chypre de Coty, Mitsouko de Guerlain… Après la Seconde Guerre, une renaissance du chypre : Bandit, Miss Dior, Femme….
Dans les années 1980, quand les femmes brisent le plafond de verre, apparaissent Ysatis, Passion

Jacques Polge

En même temps, les orientaux boisés deviennent de plus en plus présents, comme Samsara en 1989, mais l’explosion a eu lieu avec Angel en 1992. Quand Polge créait Coco Mademoiselle, il était conscient de cette influence.

Ils ont ainsi créé la nouvelle tendance du “néo-chypre”, aussi parce que l’essence de patchouli commençait à être refractionnée à l’époque ?

Oui, ils avaient déjà travaillé sur des fractionnements d’essence de patchouli pour Chance, pour rendre son odeur plus propre, moins moisie, mais cette essence fractionnée a été utilisée pour la première fois dans Coco Mademoiselle.
Et parce que c’était un flanker, à bien des égards, c’était un peu une récréation pour les parfumeurs. Toute l’attention était portée sur Chance, alors Polge n’a probablement pas eu à se soucier trop de ce que les gens du marketing français pensaient…

Dans Chance, on dirait que ce patchouli s’utilise de façon plus légère, il est plus facetté ? Alors que dans Coco Mademoiselle, c’est plus direct ?

Oui, Chance est plus ludique, Coco Mademoiselle est plus déterminé, et les notes de tête sont aussi très importantes, elles donnent de la fraîcheur et du lift, ce qui est essentiel pour le marché américain.

Et finalement Coco Mademoiselle a connu un succès immédiat ?

Oui, aux États-Unis d’abord, et c’est ce qui a fait le succès dans le monde entier. Aujourd’hui encore, c’est le parfum le plus vendu au monde, dépassant le N°5.

Propos recueillis le 24 juin 2019

English version

Perfume Legends. French Feminine Fragrances II: Michael Edwards, the living museum of perfume.

All perfume lovers know Legendary Perfumes. French Feminine Fragrances, published in 1996. With this book, Fragrances of the World’s founder Michael Edwards was the first to give perfumers the opportunity to speak out in order to collect in detail and without detour the entire genesis of the great classics of perfumery.

Twenty-three years later, he offers an expanded version with eight new legends (Fracas, Nahema, Féminité du bois, J’adore, Flower, Coco Mademoiselle, Timbuktu, Portrait of a Lady), and enriched texts on 52 creations, gathering testimonies and quotes from perfumers, couturiers, artistic directors, designers….

Edwards describes himself more as a “word weaver” than as a writer, because most of the legends’ texts are the words of the creators. He continued his research and investigations through the archives of perfume houses and conducted some 200 interviews, in order to transcribe a history of perfumery as accurate as possible to reality, rid of its myths and legends, of formatted, distorted or sublimated speeches by certain journalists, biographers or unscrupulous press officers. The result is a living testimony to the history of perfumery, since, as the author points out, “in a world where perfumes are modified, sometimes destroyed, we have no museums that allow us to examine what happenned”. This is why he strives to reconstruct this past as closely as possible through the words of the creators themselves, by listening to them and “weaving” their words.

We met him in June in his Parisian apartment, in the Saint-Michel district, where he gave us a few glimpses of his new work through two emblematic creations by Chanel: the famous N°5, often covered in sometimes improbable legends, and Coco Mademoiselle, the feminine global best-seller which was initially intended to be only a small flanker… Interview.

How did Coco Chanel come up with the idea of creating a perfume? You say in your book that two versions coexist: it would be either her friend Misia Sert or the Grand Duke Prince Dmitri Pavlovitch who would have influenced her?

Misia Sert wrote that she gave Chanel the idea for a perfume in 1920, while reading aloud from a newspaper article. That may be true but but Mlle Chanel had already registered the name “Eau de Chanel”, in 1919. So clearly, there were always this premise that there might be a perfume. Was it because of Poiret or Coty, whose perfumes had become increasingly important? Probably.
However, the idea turned into reality when, during the summer of 1920, Chanel was invited to visit Parfums Rallet in La Bocca, near Cannes. There, she was introduced to perfumer Ernest Beaux.

At the beginning, Chanel was hostile to the idea of a fragrance: “I’m a couturier, not a perfumer, and I disapprove of everything perfumers do.” she said. How did her meeting with Ernest Beaux go?

Beaux rarely spoke publicly of his collaboration with Chanel. Once in a speech, he said that he had presented ten perfumes to Chanel which he had created between 1919 to 1920. The perfumes were ordered in two series : 1 to 5 and 20 to 24. She selected four of them, he said : 5, 20, 21 and 22.

At that time was it common to work like this? Were there any exchange between the perfumer and the client? Any reworks? Or just a selection?

Beaux said that he had already created all the perfumes he showed Chanel. His letters demonstrate that he had been working on N°5 for at least five years. He finished it, he said, in 1920, before he met Chanel.

There is no evidence that Coco Chanel told him to rework the formula, make it stronger or more expensive. To the contrary, Beaux would not have permitted to anyone to tell him what to do!

Finally a perfumer would work like a couturier? “You like it, you buy it!”

Exactly, but of course as clients work with perfumers and develop their confidence, the more likely they are to ask for modifications.

So when did this habit of asking for modifications start?

From the start, I assume. Jean Patou started to rework Joy (1930) with Henri Almeras, for example, telling him to “Make it stronger, make it stronger!”, but he would not have gone into perfumery technicalities such as “Make it more aldehydic…”.

Author Ludovic Bron said about N°5: “In the realm of perfumery, it was a sort of French Revolution.” What did he mean?

It was an abstract flower, an imagined floral in an era when perfumes copied nature. Yes, it became famous for its innovative use of aldehydes but Jacques Polge, Chanel’s perfumer, once told me that you can take the aldehydes out of N°5 and it would still remain N°5.

Beaux once said he put the aldehydes to make the richness of the flowers (the jasmine, the May rose, the ylang-ylang) explode.

There’s an old story that the high level of aldehydes in N°5 was the result of a mistake. when his assistent misinterpreted his instruction and did not dilute the aldehyes to a 10% level. It’s been repeated so often it’s assumed to be true but it makes no sense simply because Beaux used a cocktail of three aldehydes in N°5. One mistake, fine, but three ?

This is part of the legend, of the myth of N°5 ? Where does it come from?

From Mademoiselle Chanel, a tell-all biography published by the tabloid Paris Match and released several months after Chanel’s death. The book, riddled with factual errors, was written by Paris Match’s secretary general Pierre Galante, who never interviewed Chanel about her life story, but claimed to have amassed “hundreds of eyewitness accounts” in the few months it took him to pen the manuscript.

Ernest Beaux talks about his military service near Arctic Circle. How did his experience influence the creation of N°5?

Beaux wrote that he had been sent to spend a part of the Allies’ Russian campaign in a Murmansk above the Arctic Circle “at the time of the midnight sun when the lakes and rivers release a perfume of extreme freshness. I retained that note and replicated it.” The scent of the water plants was fresh and sharp, full of aldehydes.

It has always been said that it was launched in 1921, but it could be 1922 after all?

Interesting isn’t it? The launch date of N°5 has long been recorded as 1921, but there is no firm evidence to support that claim. According to Yves Roubert, the original formulae were completed in March 1922. Constatin Weriguine, Beaux’s assistant, wrote that the original formulae were completed in March 1922. It is possible, then, that N° 5 was launched in 1922 rather than 1921, alongside six other perfumes of Chanel’s choosing.

Let’s come now to Coco Mademoiselle, what prompted its birth?

Coco, the first major women’s perfume to be launched, in 1984, after the death of Coco Chanel, was in danger of being phased out of upscale department stores in the United States. Imagine the humiliation!

Flankers already existed but were not well perceived, more related to mass market?

True, but some had worked to revitalise the brand. The original Drakkar (1972) failed. But Drakkar noir, (1982) succeeded.

At that time, they were preparing the launch of Chance, that was supposed to be the big international launch?

Yes, and Coco Mademoiselle took over!

How did they came with the idea of chypre?

Jacques Polge, Chanel’s perfumer, has always admired Clinique Aromatics Elixir, a masterly chypre. But perfume moves on and patchouli replaced oakmoss as the core note in a chypre. Coco Mademoiselle was created to be the perfume Coco Chanel herself would have wear if she were turning twenty-one in the 21st century. Can you imagine Coco Chanel being a “floral-fruity” lady?

When you look back, what is a chypre? When do chypre come out? Historically, they tended to become important when women become assertive.
WW1: men died, women took over their role. Would they after the war retreat to the way it was before? No! So we saw Chypre de Coty, Mitsouko by Guerlain…
After WW2, a chypre renaissance: Bandit , Miss Dior, Femme de Rochas.
In the 1980’s, when women kick against the glass ceiling: Ysatis, Passion.

At the same time, woody orientals have become more and more important, such as Samsara (1989), but the explosion was Angel (1992). Polge clearly was aware of this influence.

They created a new trend of “neo-chypre”, also because patchouli oil could be fractionned at that time?

Yes, they had already done fractions of patchouli oil for Chance, making it cleaner, less musty, but it was used for the first time in Coco Mademoiselle.

And because it was a flanker, in many ways it was a pure recreation. All the attention was on Chance, so Polge could largely do what he wanted.

In Chance, it seems that this patchouli is used in a lighter way, it’s more facetted? But in Coco Mademoiselle, it’s more direct?

Yes, Chance is more playful, Coco Mademoiselle is more single minded, but the top notes are also very important, they give freshness and lift, which are key for the US market.

And finally Coco Mademoiselle has been an immediate success?

Yes, first in the US first, and then in the world. Today, it has overtaken N°5 to become the best selling perfume in the world.

Interview conducted on the 24th June 2019

Attention zone addictive, en partenariat avec IFF

Vous avez en votre possession le huitième numéro de la revue Nez, dans lequel est insérée une carte à gratter… et à sentir !

Alors, ça y est, vous avez sniffé les pastilles 1 et 2 ? Laquelle de ces deux odeurs vous rend le plus accro ? Laquelle vous donne envie d’aller la sentir, encore et encore ?… Vous trouverez nos réponses en cliquant sur les onglets, à gauche de ce texte… 

Attention zone addictive, en partenariat avec IFF - A close up of text on a white background - Mammal

Pour vous rendre accro, juste ce qu’il faut, Nelly Hachem, parfumeur chez IFF, a marié le vétiver au lait de coco : un bois lacté sur un accord onctueux. On hésite : doit-on le caresser ou le manger ? Les deux, sans doute, et plus d’une fois… 

Caroline Dumur, parfumeur chez IFF, s’est appuyée sur les données du programme « Craving » pour créer une note comme un « revenez-y » : propre, aromatique, boisée à souhait pour vous y attacher.

Vous avez de la chance, les effluves addictifs n’ont pas d’emprise sur vous ! 

Nous avons réalisé cette carte en partenariat avec la maison de composition américaine IFF qui a développé un programme intitulé « Craving », qui vise à mesurer l’engagement et l’attachement émotionnel au parfum (« plus que je le sens, plus j’en ai envie »). L’odeur#2 résulte de ce programme. 

L’IA et les experts big data d’IFF ont analysé des millions de données, provenant de 250 000 commentaires associés aux parfums sur les réseaux sociaux et blogs, pour identifier les ingrédients et mélanges les plus susceptibles de créer cet engagement, tout en permettant de sortir des sentiers battus pour obtenir des notes qui créent cette addiction.

Logo IFF
IFF est l’un des leaders mondiaux de la création de parfums et d’arômes alimentaires, utilisés dans de nombreux produits de consommation. La société offre une expérience unique aux consommateurs, à travers les parfums et arômes présents dans la parfumerie fine, les produits d’hygiène beauté, détergents et autres produits pour la maison, les boissons, la confiserie et produits alimentaires. Les avantages concurrentiels d’IFF sont sa compréhension des marques et des consommateurs, son investissement majeur dans la R&D et l’innovation, afin d’apporter aux consommateurs une offre produit différenciée. Membre de l’Index S&P 500, IFF dispose de filiales de vente, production, et création dans 31 pays à travers le monde. www.iff.com

La technologie Scratch and Sniff qui nous permet à chaque numéro de Nez de vous proposer une nouvelle carte olfactive est due à notre partenaire Orlandi. 

Attention zone addictive, en partenariat avec IFF - A close up of a logo - Logo

Créée en 1865, Orlandi conçoit et développe des solutions d’échantillonnage pour parfums, cosmétiques et parfums d’ambiance pour la presse, la distribution, la vente sur internet et l’e-sampling.

www.orlandi-usa.com

Nez, la revue olfactive – #08 – Automne/Hiver 2019

Substances addictives

 
Yvresse, Dior Addict, Opium, Obsession… Les allusions aux produits illicites et les discours mettant en scène l’addiction accompagnent depuis longtemps la création de parfum. Mais ce dernier peut-il vraiment provoquer l’accoutumance ? Une chose est sûre : il est lui-même totalement dépendant à l’alcool !
Car si parfum et fumée sont à l’origine liés, c’est bien l’invention des procédés de production de l’éthanol qui a impulsé le développement du secteur. Enfin, le flair canin peut se révéler précieux quand il s’agit de pourchasser les stupéfiants !
Tabac, alcool, drogues dures et douces : quels liens notre odorat entretient-il avec les substances addictives ?
 

Nez, la revue olfactive - Substances addictives

Olga Alexandre : « Les odeurs permettent d’éveiller certaines réponses émotionnelles »

Diplômée en neuropsychiatrie et biochimie fine, Olga Alexandre a mis au point une méthode de thérapie olfactive qu’elle a nommée OSTMR (Olfactory Stimulation Therapy and Memory Reconstruction). Elle a aussi créé, avec son mari, une parfumerie de niche à Bruxelles, Parfum d’Ambre, dirige le laboratoire Kansole Lux, et enseigne à l’Ecole supérieure du Parfum (ESP). Autant de raisons pour Nez de s’entretenir avec elle !

Comment avez-vous commencé à vous intéresser aux odeurs et aux parfums ?

Quand nous avons créé Parfum d’Ambre avec mon mari en 2012, j’étais une grande passionnée de parfums de niche depuis des années. J’aimais leur prise de risque, le fait d’amener les gens à ressentir des sensations inhabituelles. Une des premières marques qui a retenu mon attention a été Miller Harris, puis Comme des garçons. Dans notre galerie de parfums rares, nous apprenons à sentir autrement : je ne parle jamais de pyramide olfactive par exemple. Nous nous intéressons à ce que la personne ressent en face d’un parfum, ce qu’il lui procure, où il peut l’amener. Quand j’ai commencé à animer des ateliers pour décrypter le langage des odeurs, je me suis aperçu que ces dernières pouvaient réveiller des traumas. Et j’ai commencé à m’intéresser à l’influence des odeurs sur nos comportements.

Pouvez-vous nous expliquer la méthode OSTMR ?

C’est une méthode de coaching et de thérapie olfactive qui repose sur l’idée que les odeurs peuvent être utilisées pour un travail sur soi et sur ses émotions, mais aussi dans un but thérapeutique, pour traiter la douleur, les problèmes de mémoire, etc. Nous commençons à construire notre mémoire olfactive avant même notre naissance, in utero. C’est pourquoi des odeurs, que j’appelle stimuli, associées à des souvenirs parfois très anciens, permettent d’éveiller certaines réponses émotionnelles, d’identifier nos problèmes ou blocages, et de les résoudre.

Comment se déroule une séance ?

Tout dépend de la pathologie, mais le principe général reste le même. Je teste d’abord le seuil de perception de la personne, puis je lui fais sentir des stimuli. Ça peut être la banane, l’herbe coupée, l’odeur après la pluie, mais aussi des odeurs abstraites comme celle du silence, de l’envol, ou du labyrinthe, qui sont créées par des parfumeurs. A chaque stimulus, j’écoute les gens, j’observe leur attitude corporelle, leurs réactions émotionnelles, et même leur rythme cardiaque. Celui qui fait réagir nous donne une clé d’accès à ce qu’il faut travailler.

À qui votre méthode s’adresse-t-elle ?

On peut traiter le stress, les troubles anxieux, la dépression, le burn out, les phobies, les TOC, les troubles alimentaires, le syndrome de stress post-traumatique, mais aussi utiliser la méthode dans le cadre de soins palliatifs…

C’est ce que vous avez fait avec des enfants gravement malades pendant trois ans : en quoi consiste le projet « Parfum des Anges » ?

C’est un projet humanitaire, basé sur la thérapie OSTMR, que j’ai mené en Biélorussie, à l’hospice pour enfants de Minsk. Il s’agit de créer des stimuli sur mesure pour chaque enfant malade, et chaque membre de sa famille. Cela permet d’accompagner les enfants, dont on améliore la qualité de vie, en facilitant leur sommeil, en stimulant leur appétit, en diminuant leur stress et leur perception de la douleur. Mais aussi les parents, en améliorant l’état psycho-émotionnel de la famille. Pour créer ces compositions, j’ai travaillé avec des parfumeurs comme Bertrand Duchaufour, Marc-Antoine Corticchiato, Michel Roudnitska, Geza Schoen, Antonio Alessandria, Karine Chevallier ou Spyros Drosopoulos, et avec des étudiants de l’ESP, où je donne des cours de parfumerie thérapeutique. Nous utilisons des matières premières naturelles dont on connaît l’effet thérapeutique, mais aussi des matières de synthèse : l’aromachologie est un des aspects de la méthode OSTMR, mais ce n’est pas tout, la mémoire olfactive est primordiale.

Pouvez-vous nous donner des exemples de quelques-uns de ces stimuli ?

Il y avait parmi les patients une petite fille de 10 ans qui devait subir une opération, et qui était tellement anxieuse qu’elle tombait malade à chaque fois avant que celle-ci puisse avoir lieu. Nous avons créé un stimulus rappelant ses souvenirs de petite enfance, un bouquet floral de jasmin et d’osmanthus avec des touches de framboise et de cerise, légèrement gourmand, acidulé et rassurant. Il lui a permis de se sentir en sécurité et d’entrer dans un état de relaxation profonde qui a facilité l’opération.

Daria – Après son opération – Parfum des Anges

Je pourrais aussi vous parler de ce petit garçon qui souffrait d’atrophie musculaire sévère, et qui devait faire des séances avec un kiné pour étirer ses membres. Grâce à un stimulus, il a pu commencer à faire des séances plus longues et sans prendre d’antidouleurs : il ne percevait plus la douleur de la même façon. C’était cette fois un accord vert, frais, de feuillage gras, de figue, d’évasion. Il nous avait dit : « Avant, je ne savais pas comment sentait le printemps ; maintenant je le sais ». La capacité des parfumeurs à interpréter des émotions avec justesse est extraordinaire.

Avez-vous d’autres projets pour continuer à développer la méthode OSTMR ?

Nous allons en effet mettre en place des protocoles pour enfants malades en France et en Belgique. Et depuis 2018, je propose une formation à la méthode OSTMR en partenariat avec l’ESP. Jusqu’ici, elle était destinée aux psychologues cliniciens et psychothérapeutes. A partir du 15 octobre, elle sera aussi ouverte aux professionnels du parfum, comme les aromathérapeutes et parfumeurs.

Propos recueillis le 5 septembre 2019

Concours parfum avec Parfumdo : le plein de senteurs

Ce concours est achevé. Merci pour votre participation.

Pour la rentrée, Nez la revue olfactive et Parfumdo se plient en quatre pour vous faire plaisir et vous ravir les sens. Nous vous proposons de tenter votre chance pour remporter l’une des trois fragrances qui sortent des sentiers battus mises en jeu !

Parfumdo, la parfumerie en ligne pour vos parfums et cosmétiques

Parfumdo développe la vente en ligne de parfums depuis près de vingt ans et a aujourd’hui le vent en poupe grâce à une sélection des meilleurs parfums et cosmétiques à petits prix. Toujours soucieuse d’offrir des essences capables de satisfaire toutes les attentes, elle a su étendre ses gammes de fragrances pour femmes, hommes, enfants, et même des senteurs d’ambiance pour la maison. Orientant son activité autour du bien-être, la boutique en ligne offre un large choix de soins pour le visage et le corps ainsi que des coffrets beauté. A travers son catalogue de 206 marques, Parfumdo s’attache à présenter des parfums au meilleur prix tout au long de l’année que nous vous invitons à découvrir.

En quelques clics, vous trouverez les plus grandes marques de parfums, mais également de fragrances plus originales.

 À la recherche d’un cadeau pour un proche ? Envie de vous faire plaisir pour cette rentrée ? Du Guerlain, au Jean Patou en passant par Paco Rabanne, mais aussi des mélanges étonnants comme les parfums d’Alyssa Ashley et leurs notes de musc, ou les fragrances de Saint Hilaire avec un accord vibrant entre lavande et violette, laissez-vous surprendre !

Les cadeaux à gagner : des parfums inimitables

Pour cette rentrée, Parfumdo vous invite à remporter l’une des trois fragrances mises en jeu : l’intemporel Gloria Vanderbilt, la nouveauté Gucci incarnée par Mémoire d’une odeur et enfin l’étonnant Laine de verre de Serge Lutens.

Gloria Vanderbilt : osez révéler votre personnalité à petit prix !

Gloria Vanderbilt

Les essences de Gloria Vanderbilt comptent parmi les fragrances intemporelles. Des notes fleuries, soulignées par des inspirations orientales, de quoi bercer les narines de celles qui les portent. L’artiste new-yorkaise, Gloria Vanderbilt, a souhaité révéler la sensualité d’une femme et l’encourager à s’affirmer pleinement avec le slogan : « Révélez la splendeur qui est en vous ». Incarnant l’essence même de la sensualité et de la passion, cette fragrance, créée en 1982, se démarque par le message audacieux qu’elle diffuse aux femmes. Gloria était dotée d’un talent avant-gardiste aujourd’hui indispensable pour réussir dans le milieu de la parfumerie.

Étendez votre sensualité en parfumant votre peau des notes olfactives de ce fleuri-oriental : bergamote, coriandre, ambre, musc, néroli et fleurs d’oranger. Le mélange léger et féminin d’un bouquet floral majestueux qui offre une longue tenue.

Affiché à 18,92€ les 100ml chez Parfumdo, ce parfum pas cher mais éternel représente une valeur sûre qui pourra continuer à vous envelopper de sa féminité et de sa sensualité à petit prix.

Gloria Vanderbilt, Vanderbilt, flacon de 100ml à gagner

L’insaisissable Gucci, Mémoire d’une odeur

Introduit par Gucci comme une fragrance hybride à la fois aromatique et minérale, Mémoire d’une odeur exalte la naissance d’une nouvelle famille olfactive. Bien plus qu’un parfum, c’est une fragrance que l’on n’oublie pas. Les tonalités miellées et tendres restent en mémoire une fois respirées. Une odeur évanescente qui nous transporte dans la douceur d’un songe, l’innocence d’un souvenir d’enfance ou encore une atmosphère de bienveillance.

La coopération du directeur de création Gucci, Alessandro Michele, avec l’ingénieux Aberto Morillas a fait naître un parfum unique. C’est une combinaison insaisissable d’arômes étonnants : musc ; camomille romaine, jasmin, santal, cèdre et vanille. Une senteur qui interpelle et fait jaillir le trouble. Par son aspect énigmatique, Mémoire d’une odeur se distingue et arrive à se faire un nom à une époque où les essences sucrées séduisent massivement le grand public.

Gucci, Mémoire d’une odeur, flacon de 60 ml à gagner

Le surprenant Laine de verre de Serge Lutens

Laine de verre, Serge Lutens

Dernier gain de notre jeu concours : le troublant Laine de verre qui s’impose dans une atmosphère plus froide et énigmatique.

Après La fille de Berlin et L’Eau froide, l’illustre Serge Lutens, poursuit ses créations toujours dans une atmosphère glaciale et métallique. Laine de Verre n’y coupera pas, on retrouve un univers où deux facettes olfactives s’affrontent. Un contraste puissant entre la douceur du cachemire et le tranchant du métal.

Avec des notes savantes d’agrumes, d’aldéhydes, de musc, de bois, de cachemire et d’épices aromatiques, ce parfum s’affirme comme un souffle glacial venu du grand Nord. Les aldéhydes et l’hédione jettent une note froide, âpre et métallique pendant que l’odeur cotonneuse des muscs blancs nous enveloppe. Tant de contrastes que cette fragrance se veut correspondre à la fois aux hommes et aux femmes.

Serge Lutens, Laine de verre, flacon de 100 ml à gagner

Découvrez également d’autres surprises olfactives avec les parfums femme de Parfumdo.

L’une de ces fragrances vous enivre d’ores et déjà ? Envie de vous essayer à une nouvelle senteur et de vous parfumer autrement ? Profitez de notre concours pour peut-être remporter l’une de ces trois essences originales et immanquables. Il vous suffit de répondre aux questions suivantes, un tirage au sort aura lieu pour déterminer les gagnants. Et si vous avez envie d’en savoir plus sur la fabrication des délices olfactifs, partez à la découverte de toutes les techniques de cet art avec une exposition dédiée ! 

Luxe Pack Monaco 2019

La 32ème édition du salon mondial de la créativité packaging se tiendra le lundi 30 Septembre, mardi et mercredi 01 et 02 Octobre 2019 au Grimaldi Forum. Cette année encore, l’ADN de LUXE PACK qui a fait son succès et sa position de référence sera respecté :

– Un panel exhaustif des dernières solutions packaging avec 470 exposants sélectionnés parmi les meilleurs spécialistes au monde : leaders mondiaux mais aussi PME aux savoir-faire pointus

– De nombreuses innovations et lancements dévoilés sur les stands

– Une inspiration croisée entre tous les secteurs du luxe : parfumerie-cosmétique, vins & spiritueux, épicerie fine, mode, joaillerie-bijouterie, tabac, loisirs…. – Un programme de conférences et tables rondes au plus près de l’actualité du secteur donnera la parole aux meilleurs experts et permettra les retours d’expérience des marques

– Des espaces dédiés pour enrichir l’expérience de visite

Nouveau : un parcours de visite personnalisé. Luxe pack Monaco met à disposition de ses visiteurs un programme accessible via le site internet, leur permettant d’obtenir avant salon, un parcours de visite personnalisé selon leurs besoins, le temps sur place, leurs secteurs d’intérêt, matières, exposants ou conférences…. Le parcours aidera aussi les visiteurs à optimiser leur temps de présence au salon en leur suggérant un sens de visite par hall adapté. Accessible à partir de début septembre.

Retrouvez le programme des conférences sur ce lien : https://www.luxepack.com/fr/visiter/conferences