Salon du parfum de Royan

Vous découvrirez le parfum sous toutes ses formes avec les Parfums du Soleil (Marrakech), Bourdier (Arcachon), Le Cercle des Parfumeurs, un ensemble de 7 créateurs, qui partageront avec vous leur savoir en matière d’essences naturelles et autres composants liés au parfum. Vous y trouverez également des bougies parfumées, des savons et un collectionneur de flacon.

Pour les enfants, école du parfum tous les matins de 10h à 12h (gratuit) sur inscription.
Pour les adultes, apprentissage, découverte et création d’un parfum (payant) sur inscription.

Vous y retrouverez également la parfumerie Lynne’s Smells.

Nez, la revue… de presse – #4 – Où l’on apprend que James Bond et Brigitte Bardot partagent le même parfum

Au menu de notre revue de presse, des interrogations. Féminin ou masculin ? Absinthe ou cannabis ? En matière d’impact environnemental, naturel ou synthétique ? Peut-on retrouver le goût du chocolat quand on l’a perdu ?

Cette semaine, le monde de l’olfaction se pose des questions. « Tous les parfums sont-ils mixtes ? », s’interroge ainsi L’Express. Si les marques jouent de plus en plus la carte de la gender fluidity, l’article rappelle que la différenciation sexuelle est l’exception plutôt que la règle dans la longue histoire du parfum. Bien avant l’androgyne Jicky créé en 1889 par Aimé Guerlain, et adopté ensuite par Brigitte Bardot comme par Sean Connery, hommes et femmes ont porté sans distinction pendant des siècles des senteurs à des fins prophylactiques, pour se protéger des maladies, et des eaux de Cologne. Ce n’est que la montée en puissance du marketing pendant les Trente Glorieuses qui a créé des jus genrés – avant que la niche ne remette la mixité au goût du jour. Il semble en revanche que notre odorat diffère en fonction de notre sexe. « Les hommes identifient moins facilement les odeurs car elles suscitent moins de réactions émotionnelles que chez les femmes, plus aptes à les mémoriser », d’après les travaux de Camille Ferdenzi-Lemaître, chercheuse en psychologie de l’olfaction.

Absinthe ou cannabis ? Le Figaro relève une tendance faisant la part belle aux substances dangereuses et addictives dans les lancements récents. Opium chez Yves Saint Laurent et Poison chez Christian Dior ont bâti leur communication et leur légende sur une analogie entre parfums et drogue ou philtre toxique. Désormais, les ingrédients controversés intègrent les formules, de l’absinthe de l’Eau de parfum intense Black Opium, toujours chez Yves Saint Laurent, au davana aphrodisiaque de But Not Today de Filippo Sorcinelli, en passant par les volutes de cannabis et la note secrète électrisante évoquant cocaïne ou LSD des Colognes Fly Away et Run Free chez Mugler.

Source : www.hokaran.com ,ou quand les cosmétiques ont « le chanvre dans la peau. »

Autre question qui devient de plus en plus prégnante : quel impact environnemental pour les matières premières naturelles et synthétiques ? se demande le Glamour anglais. Vaut-il mieux consommer des ressources naturelles précieuses dont la culture peut être dommageable pour la planète, de la déforestation à la pollution des rivières ? Faut-il plutôt privilégier les ingrédients synthétiques, a priori peu invasifs, mais qui génèrent des émissions de carburant et de la pollution environnementale, et sont rarement biodégradables ? « C’est là que nous sommes déchirés », souligne le magazine, qui penche tout de même pour la première option.

Intelligence artificielle ou créativité humaine ? Chez Givaudan, qui vient de lancer un outil interactif à destination de ses parfumeurs, on assure que la question ne se pose pas. Développé avec une start up suisse, Carto se présente sous forme d’un écran tactile. Le système s’appuie notamment sur « un indice de la puissance olfactive des ingrédients permettant d’estimer leur impact sur la formule finale », et exploite des données « pour faire des suggestions de formules, que les parfumeurs peuvent retenir ou non ». «Il nous aide véritablement dans notre travail, nous permettant de faire bien plus d’expériences qu’à l’heure actuelle et de doser nos formules de manière très performante », affirme Calice Becker, parfumeur et directrice de l’école de parfumerie de Givaudan. « De notre côté, nous, parfumeurs, apportons la touche créative, c’est-à-dire l’élément le plus important qu’aucun système ne peut remplacer ».

Carto, le nouvel assistant parfumeur de Givaudan

Peut-on retrouver le goût du chocolat quand on l’a perdu, parce qu’on souffre d’agueusie et d’anosmie ? C’est la question à laquelle Jordi Roca, un célèbre pâtissier catalan, a tenté de répondre, avec une équipe de neurologues et de spécialistes, rapporte FranceTVInfo. Leur projet repose sur l’idée que chaque goût « est en fait une récréation, une unification que fait notre cerveau à partir d’un très grand nombre d’expériences séparées, et pas seulement gustatives à proprement parler ». Le but de l’expérience était donc de « reproduire tous les éléments extérieurs au goût intrinsèque » d’un ingrédient « pour que le cerveau du patient recrée l’expérience » et donc son goût réel. A Paloma, qui associait le chocolat à la mer, le chef l’a servi accompagné d’une mousse de lait évoquant l’écume d’une vague, tout en lui projetant des images aquatiques. Résultat : elle a dit reconnaître le goût du chocolat. L’expérience a fonctionné dans six cas sur sept.

Philippe Huguen / AFP

« Parfumer son bébé est-il sans risque ? », questionne L’Express. Le marché est en forte croissance, mais mieux vaut prendre avec des précautions, selon l’hebdomadaire. « Dans un parfum – pour adulte et pour enfant – on peut trouver de 30 à plus de 100 composants », détaille Farid Marmouz, allergologue à Paris. « Les parfums peuvent créer des allergies de contact de type eczéma ou urticaire, que ce soit chez les enfants ou les adultes. Même les produits estampillés bio ou naturels sont à éviter. Ils sont tout aussi allergisants que les synthétiques ». En cause le plus souvent, le baume du Pérou, l’essence de lavande et de citronnelle pour les produits naturels, le citronellal pour les substances synthétiques. La solution : parfumer plutôt vêtements et peluches.

Pour terminer, une question épineuse. Comment écrire sur les odeurs ? L’auteure britannique Rue Baldry s’interroge dans un long texte sur son blog. Employer métaphores et comparaisons dérivées d’autres sens (en particulier celui de l’ouïe, via la musique), faire appel à des souvenirs que les lecteurs partagent probablement, convoquer des ressentis et des émotions qu’ils peuvent être capables d’imaginer : les techniques ne manquent pas, note-t-elle. Mais si « l’odorat est l’un des sens les plus évocateurs », c’est aussi « probablement le plus difficile à traduire. »

Et c’est ainsi que les mouillettes ne servent pas qu’à déguster les œufs !

Les femmes en parfumerie – Les Soroptimist

Le Soroptimist International (SI) est une organisation mondiale de femmes engagées dans la vie professionnelle et sociale, qui oeuvre à promouvoir les droits humains pour tous, l’éducation, le statut et le leadership des femmes, l’égalité, la santé, la lutte contre les violences à l’égard des femmes, le développement et la paix. Le SI a le statut d’Organisation non gouvernementale (ONG) et se veut « une voix universelle pour les femmes ».

Par sa présence dans plus de 120 pays, le SI est l’organisation féminine la plus représentée dans le monde. Le réseau Soroptimist compte plus de 75000 membres répartis dans 3000 clubs et c’est aussi 2700 femmes œuvrant au sein d’une Union française qui compte 118 clubs répartis sur tous les territoires français.

Suivant leur devise « Comprendre, Défendre, Entreprendre », elles s’engagent au niveau local, national et international, dans des projets et actions concrètes :

• en luttant contre l’illettrisme

• en offrant des bourses aux filles méritantes et à celles désirant changer de métier ou se diriger vers des métiers peu pratiqués par des femmes

• en organisant des salons pour valoriser les talents de femmes

• en aidant au financement de centres pour femmes en difficultés

• en soutenant des associations locales d’aide aux femmes atteintes de cancer

• en menant des actions de sensibilisation aux problèmes environnementaux.

Les femmes Soroptimist assument leurs responsabilités, pour le meilleur, au niveau le plus élevé, avec force, volonté et détermination, pour faire avancer leur cause et améliorer ainsi la vie des femmes et des filles.

 

Le déroulé du colloque :

8h30 : accueil – café

9h00 : Qui sont Les Soroptimist International ? Présentation de l’ONG, les valeurs, les droits des femmes.

9h10 : Les femmes en parfumerie : un état des lieux en France et dans le monde –  Imen Chérif (conseillère municipale en charge de la parité), Rafaëla Capraruolo et Monique Rémy (Soroptimist du Pays de Grasse).

 

L’histoire de la parfumerie vue par les femmes : mêlées et démêlées

9h25 : Rencontres féminines du passé, autour du parfum, à Grasse – Par Marie Grasse (créatrice et ancienne conservatrice du musée de la parfumerie) – L’histoire de la rencontre d’une ville, de ses savoir-faire, de ses femmes.

9h50 : Histoires de femmes parfumeuses, du temps passé et d’aujourd’hui – Par Patricia de Nicolaï (parfumeuse, présidente de l’Osmothèque) – L’histoire de quelques femmes incontournables de la parfumerie.

10h15 Parcours de parfumeuses au sein de la Société française des parfumeurs et du Cercle international des parfumeurs créateurs – Par Véronique Dupont (parfumeuse, présidente de la SFP) – Histoire d’un parcours de femme parfumeur.

 

De la disparition des fleurs à la protection des savoir-faire : rôles et challenges des femmes parfumeuses aujourd’hui

11h10 : Les femmes, des parfumeuses indépendantes ? – Par Olivier Maure (Président de la société Accords et Parfums) – La belle histoire de la parfumeuse Mona Di Orio, élève d’Edmond Roudnitska, et les femmes parfumeurs du groupe A&P.

11h35 : « Homme et Femme, Il créa » – Par Nadia Bédar (directrice de la mission Patrimoine culturel immatériel et du projet de candidature « Les savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse » inscrits au patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO en 2018).

Portraits kaléidoscopiques de femmes parfumeuses

14h00 : Stéphanie Bakkouche – parfumeuse indépendante, osmothécaire, enseignante

14h15 : Jessica Buchanan – parfumeuse canadienne indépendante

14h30 : Gloria Lahaye – évaluatrice

14h45 : Laurence Fanuel – parfumeuse belge indépendante, artiste multi-média, enseignante

 

La parfumerie et son avenir : les femmes s’interrogent

16h00 : Table ronde et discussions : Les métiers de la parfumerie vus par les femmes, transmission et défis d’avenir.
Interview par Patricia Tomé, journaliste et écrivain
La culture des plantes – Nicole Ferrero témoin du passé, Carole Biancalana, Fleurs d’exception en Pays de Grasse ; l’avenir des terrains et de l’extraction, oser entreprendre, le commerce des extraits – Monique Rémy ; vivre l’UNESCO sur le terrain – Nadia Bédar ; le futur de la SFP et du cercle des parfumeurs-créateurs Patricia de Nicolaï, Véronique Dupont ; transmettre les métiers ;…

16h40 : Résumé de la journée – conclusions – le livre

 

Réservation :

Participation de 25 euros

Contact : [email protected] – 06.16.33.91.74

Le musc des secrets : le parfum et le désir dans la poésie persane par Leili Anvar

Depuis la naissance de la poésie persane, il y a plus de mille ans, les poètes persans n’ont eu de cesse de célébrer la brise matinale qui rafraîchit le monde, chargée des parfums les plus enivrants (de la rose des jardins au musc qui imprègne la chevelure de l’être aimé). Si la brise contribue à l’esthétique des jardins, elle est surtout la messagère par excellence des amants. C’est à cette idée que renvoient tous les parfums de Perse, d’Arabie et de Chine qui s’exhalent des poèmes persans. Et c’est à une découverte des richesses olfactives, sémantiques et poétiques de la littérature persane que nous invite cette conférence. Évoquer les parfums de la poésie persane revient à se promener dans les jardins, à entrer dans les subtilités de l’amour, amour terrestre ou mystique, et aussi et surtout à percer le secret du désir et du cœur humain.

 

 

Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, docteur en lettres, Leili Anvar est maître de conférences en langue et littérature persane aux Langues’O. Chercheuse en littérature persane, chroniqueuse au Monde des Religions, elle a traduit entre autres, Le Cantique des Oiseaux de ‘Attâr, le poète parfumeur de Nichapour. Également comédienne, elle conçoit et met en voix des récitals de poésie, accompagnée par de prestigieux musiciens et compositeurs.

Art and Olfaction Awards, les gagnants 2018

Samedi 21 avril dernier se tenait à Londres, dans le quartier de Notting Hill, la cérémonie de remise des prix de la cinquième édition des Art and Olfaction Awards, organisée par The Institute for Art and Olfaction.

 

Samedi 21 avril dernier se tenait à Londres, dans le quartier de Notting Hill, la cérémonie de remise des prix de la cinquième édition des Art and Olfaction Awards, organisée par The Institute for Art and Olfaction. Cette association fondée par Saskia Wilson Brown et basée à Los Angeles contribue au rayonnement de la parfumerie indépendante et artisanale (très développée aux États-Unis) et des pratiques artistiques autour de l’olfaction, à travers des ateliers, des conférences et des expositions.

Les Awards sont constitués de cinq remises de prix, dont trois récompensent des parfums (Indépendant, Artisan et Aftel – du nom de Mandy Aftel, parfumeur et fondatrice de la marque Aftelier et du musée Aftel Archive of Curious Scents, situé à Berkeley), un qui est attribué à un projet artistique (Sadakichi) et un dernier à une personne pour sa contribution à la culture olfactive.

Les marques envoient leurs soumissions à l’Institut, et deux premiers jurys sentent et sélectionnent des finalistes, qui seront ensuite évalués par un jury final. 

Les jurys sont composés de parfumeurs, journalistes, blogueurs, artistes de pays divers. Toute évaluation est effectuée en aveugle, uniquement accompagnée de petits textes d’intention, rédigés par les marques, qui peuvent aider à arbitrer leurs choix (un parfum qui par exemple ne colle pas du tout à l’intention sera-t-il moins bien jugé qu’un autre ? C’est aux juges d’en décider !). À noter : pour les catégories Artisan et Indépendant, deux gagnants ex aequo sont attribués chaque année.

Pour ceux d’entre vous qui connaissent les prix de l’ Olfactorama, créés quelques années avant les Art and Olfaction Awards (notamment par Juliette Faliu,  Patrice Revillard  et Alexis Toublanc, également rédacteurs pour Nez), vous y verrez quelques points communs : l’indépendance et les évaluations à l’aveugle… et quelques différences, puisque l’Olfactorama ne se limite pas à la niche – où aucune distinction n’est faite entre les “artisans” des indépendants – mais couvre aussi le marché dit mainstream/sélectif. De plus, c’est le jury des six fondateurs de l’Olfactorama qui réalise la première sélection, tandis que les Art and Olfaction Awards reçoivent des parfums soumis par les marques elles-mêmes.

Prix Artisan : remis aux marques fondées par le parfumeur, qui a conçu et créé le parfum lui-même.

Chienoir de Bedeaux, une maison anglaise fonde par Amanda Beadle.

Club Design, par The Zoo, une marque fondée par le parfumeur et artiste français Christophe Laudamiel, qui vit à New York.

Prix Indépendant : attribué à des marques qui font appel à un parfumeur externe.

L’Eau de Virginie, par Au Pays de la fleur d’Oranger, créée par Jean-Claude Gigodot avec la fondatrice Virginie Roux.

Nuit de Bakélite de Naomi Goodsir, composé par Isabelle Doyen, avec la créatrice et Renaud Coutaudier. Nuit de Bakélite a également été récompensé quelques jours auparavant à l’occasion des Fifi Awards.

Prix Aftel : pour les parfums « entièrement faits à la main » 

Le prix a été attribué au parfum Pays Dogon, créé par Isabelle Michaud qui a fondé la marque Mon Sillage, à Montréal et qui avait déjà été récompensée en 2015 pour son Eau de Céleri.

Le prix Sadakachi pour l’oeuvre olfactive a été remis à Oswaldo Macia, un Colombien vivant à Londres, qui a conçu Under the Horizon, avec un parfum créé par le parfumeur Ricardo Moya (IFF).

Pour sa contribution à la culture olfactive, l’artiste belge Peter de Cupere s’est vu remettre le prix associé.

Appel aux marques françaises indépendantes et artisanales qui nous lisez : les sélections des Art and Olfaction Awards se faisant uniquement sur les échantillons envoyés dans les délais prévus, il ne faut pas hésiter à participer pour représenter la France lors de ces Awards !

Crédit photo : Marina Chichi