Nez, la revue… de presse – #5 – Où l’on apprend que l’on peut créer une note muguet à partir de zestes d’orange

Au menu de notre revue de presse, l’avenir de la parfumerie est peut-être dans la fermentation, l’histoire du parfum du kyphi à l’IFRA, et les flacons préférés de Frida Kahlo.

Cette semaine, on se penche sur l’avenir du parfum, et on se plonge aussi dans son histoire. Le parfum du futur sera naturel ou ne sera pas ? Pas si sûr, nous explique Melody Baumgardner dans un long article sur le site de l’American Chemical Society, « Chemical and engineering news ». La demande de plus en plus importante d’ingrédients naturels est bien la tendance forte du moment et sûrement de demain : 19% des consommateurs américains de produits de beauté estimaient en 2017 qu’il était important pour eux d’acheter des parfums entièrement naturels, qu’ils jugent plus qualitatifs et plus sûrs. « Pourtant, l’industrie du parfum ne va pas devenir naturelle dans un avenir proche », souligne l’article. Précisément parce que la demande est trop forte et qu’il n’est pas possible d’assurer un approvisionnement responsable et durable pour toutes les matières premières naturelles. Le santal indien a été quasiment décimé pendant les décennies précédentes, et utiliser des substituts synthétiques est « bien plus respectueux de l’environnement ». Pour résoudre ce dilemme entre vertus du naturel et du synthétique, la clé pourrait se trouver notamment dans la chimie verte (qui permet de produire des molécules odorantes de synthèse plus efficacement et donc de réduire leur impact sur l’environnement) et dans des biotechnologies utilisant la fermentation pour obtenir de nouveaux ingrédients. On peut ainsi obtenir des molécules proches du patchouli à partir du sucre, ou de l’ambrettolide, un musc, à partir d’acides gras insaturés. Des matières qui ne peuvent pas être considérées comme naturelles, mais sont renouvelables et vegan.

Le magazine Gala s’intéresse aussi au « parfum écolo », et propose un rapide aperçu du sujet, du principe des flacons ressourçables aux marques certifiées bio comme Acorelle en passant par de nouvelles méthodes d’obtention pour certaines molécules : Hermetica, la marque lancée l’année dernière par les fondateurs de Memo, Clara et John Molloy, utilise dans une composition une note muguet obtenue non pas grâce à la synthèse, mais à partir de zestes d’orange. Et si le sujet vous intéresse, vous pourrez l’approfondir avec le 5e numéro de Nez, consacré au naturel et au synthétique en parfumerie.

Il ne contenait ni muguet ni orange, mais le kyphi a fait de l’Egypte le berceau de la parfumerie, nous rappelle le musée Fragonard, qui vient de rouvrir après des travaux d’agrandissements à Paris. Dans une première partie, le Musée du Parfum « expose toutes les étapes qui donnent vie au parfum » : matières premières, cueillette, extraction, distillation, formulation, fabrication, flaconnage. Dans sa deuxième partie, une collection de flacons anciens retrace l’histoire du parfum de l’Egypte ancienne au XXe siècle, entre pots à khôls, pomanders, et flacons à sels.
Autre voyage dans l’histoire de la parfumerie à New York au Brooklyn Museum, qui consacre une exposition à la vie personnelle de Frida Kahlo.

On y découvre notamment les flacons de parfums préférés de la peintre mexicaine, restés intacts comme le reste de ses effets personnels dans sa maison devenue musée. L’occasion d’approcher l’intimité de l’artiste et d’y chercher des correspondances avec son œuvre : la tradition avec L’Eau de Cologne originelle Jean-Marie Farina de Roger&Gallet, le modernisme avec le N°5 de Chanel, le surréalisme avec Shocking de Schiaparelli…

Et c’est ainsi que les mouillettes ne servent pas qu’à déguster les œufs !