La Fabuleuse Histoire de l’eau de Cologne : Signature de Jean-Claude Ellena avec Arts & Livres

Jean-Claude Ellena signera La Fabuleuse Histoire de l’eau de Cologne le samedi 20 juillet à 15h en partenariat avec la librairie Arts & Livres de Grasse. 

Dans le cadre du festival Grasse au pays des merveilles, Jean-Claude Ellena signera La Fabuleuse Histoire de l’eau de Cologne le samedi 20 juillet à 15h sur la place 24 Août à Grasse, en partenariat avec la librairie Arts & Livres.

« Elle se joue du dandy, de l’aristocrate, du punk, du banquier, de l’ouvrier ou du bourgeois. Elle n’a pas de genre et concerne tous les milieux sociaux. » Jean-Claude Ellena.

Fraîche, légère, tonifiante, mais aussi universelle et intergénérationnelle, l’eau de Cologne est ici racontée à travers trente compositions qui ont jalonné son histoire, de Jean Marie Farina à Frédéric Malle, en passant par Roger & Gallet, Hermès, Lubin, Chanel ou encore les populaires Bien-Être ou Mont St Michel.

À la fois classique et indémodable, elle n’a jamais cessé d’évoluer, de se transformer, de se réinventer, tout en restant fidèle à son héritage. C’est là, sans doute, la raison de son succès. En refermant ce livre, vous n’aurez qu’une envie : vous asperger d’eau de Cologne !

La Fabuleuse Histoire de l’eau de Cologne, Nez éditions, 192 pages, 19 euros

Crédits photo ©Baptiste Lignel

Grasse au pays des merveilles

Ce premier Festival international du parfum et des arts de Grasse propose 10 jours d’animations, d’expositions, de spectacles, de rencontres avec comme fil rouge : Grasse, son patrimoine et l’histoire du parfum, de la terre au flacon.

Danse, théâtre, musique, haute couture, projections, street art et gastronomie se mettent en scène pour plonger les visiteurs dans l’univers des savoir-faire ancestraux, de créateurs inspirés et d’artistes aux multiples facettes.

Retrouvez le programme de cette première édition  sur ce lien : http://www.zyyne.com/zh5/235793#p=0&z=0

La fabuleuse histoire de l’eau de Cologne

Le Musée International de la Parfumerie (MIP) propose une exposition consacrée à l’eau de Cologne. Traversant les siècles depuis sa création en 1709, l’eau de Cologne fait partie aujourd’hui des incontournables de la parfumerie.

L’exposition

Le Musée international de la parfumerie (Mip) propose une exposition consacrée à l’eau de Cologne, avec le commissariat du parfumeur Jean-Claude Ellena et le soutien de l’Armip. Traversant les siècles depuis sa création en 1709, l’eau de Cologne fait partie aujourd’hui des incontournables de la parfumerie, un véritable exercice de style auquel se livre chaque parfumeur, en y ajoutant sa touche personnelle.

Le livre

« S’il te plaît, écris-moi une Cologne. » C’est ainsi que Jean-Claude Ellena décrivit à sa petite-fille les composants historiques : bergamote, citron, orange, petit grain, mandarine, lavande… l’alliance de ces senteurs est devenue symbole de fraîcheur vivifiante, de propreté purifiante mais aussi de douceur réconfortante pour l’esprit et la peau. Quelle merveilleuse madeleine de Proust !

Sous la direction de Jean-Claude Ellena, le livre La fabuleuse Histoire de de l’eau de Cologne, chez Nez éditions, retrace l’histoire de l’eau de Cologne, de 1709 – date de sa supposée naissance – à aujourd’hui, à travers les légendes qui l’entourent, ses aléas, son évolution au fil des siècles. De Jean Marie Farina à Frédéric Malle, en passant par Roger & Gallet, Hermès, Lubin, Chanel ou encore les populaires Bien-Être ou Mont St Michel, la cologne est à la fois classique et indémodable. Si elle a eu des hauts et des bas, elle n’a cependant pas quitté les étagères des salles de bains, et n’a jamais cessé d’évoluer, de se transformer, de s’inventer, tout en restant fidèle à son héritage. C’est là, peut-être, la raison de son succès.

Acheter le livre La Fabuleuse Histoire de l’eau de Cologne

Eye nose you, installation photographique et olfactive, par le collectif k&t

Les photographes Kathy Canis et Thomas Sappe du collectif k&t, proposent une installation olfactive qui intègre le parcours permanent du musée international de la parfumerie à Grasse.

Eye nose you, une installation photographique olfactive réalisée par les deux photographes : Kathy Canis et Thomas Sappe.

Dans ce projet k&t se questionnent sur les zones du corps où les personnes se parfument. Il en découlera une diversité d’endroits, parfois surprenants. Ils comprennent alors l’importance de ce geste quotidien, souvent anodin, entrant ainsi dans la confidence de l’autre.

Eye nose you capture l’essence même du jeu amoureux. Celui de regarder et sentir, s’approcher de l’être cher et l’aimer. C’est un objet empreint d’intimité et de sensualité, mêlant l’art de la photographie à la fragrance de son autre.

Cette exposition se compose de trois étapes :

1) Le travail photographique : k&t, dans leur démarche photographique, recherchent le grain de peau, la proximité du modèle. Chacun retranscrit, à travers son propre regard, l’intimité qui se crée alors avec celui-ci. Un travail qui tendra à perdre le spectateur dans l’anatomie du photographié, afin qu’il s’abandonne , tel un amant découvrant l’autre pour la première fois.

2) L’approche olfactive : au plus près du corps, se dégage la fragrance. Associant leur travail à la découverte de la zone odorante, k&t se focalisent sur cet endroit si particulier que chacun parfume. Ainsi chaque modèle fournit un échantillon de son propre parfum afin que le spectateur capte la fragrance de celui-ci.

3) La boîte Capteur émotionnel : présente dans un espace en nombre, Eye nose you sollicite la curiosité du spectateur. Un seul orifice visible en face avant amène celui-ci à se rapprocher et à plonger son regard à l’intérieur de chaque boîte. À travers la lentille déformante, l’observateur va découvrir lentement un détail photographique du corps parfumé. Alors que l’œil est collé à la loupe, le nez du curieux va se positionner sur la partie basse de l’installation, pourvue d’un diffuseur de parfum. S’oubliant visuellement sur la partie du corps photographiée, les effluves parviennent à ses narines.

Parcours permanent du Musée international de la parfumerie.

Une rose, une caresse : les ateliers solidaires du Pays de Grasse

Le 19 mai 2019, aura lieu pour la septième année consécutive, la journée solidaire menée par l’Atelier « une Rose, une Caresse » du Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse.

Le 19 mai 2019 aura lieu pour la septième année consécutive la journée solidaire menée par l’Atelier « une rose, une caresse » du club des entrepreneurs du pays de Grasse, dans les jardins du musée international de la parfumerie à Mouans-Sartoux.

Sa vocation est d’offrir des soins de beauté, pour redonner espoir, courage, réconfort, attention, tendresse et estime de soi aux personnes atteintes d’un cancer et autres pathologies lourdes, au Centre Hospitalier de Grasse, et les aider à retrouver plus facilement le chemin de la guérison.

Au programme de cette journée, de 10h à 18h :

La traditionnelle cueillette de roses Centifolia, la fameuse « rose de mai », ou encore rose à parfum, qui ne fleurit et n’est récoltée qu’au mois de mai et joue une belle part dans la très récente inscription des savoir-faire liés au Parfum en Pays de Grasse au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité.

Plus de 30 ateliers créatifs et olfactifs pour adultes et enfants (ateliers modelage et bien-être, maquillage pour enfants, balade en poneys, bougies parfumées …).

Une buvette alimentée, en partie, par nos sponsors traiteurs de renom, pour une pause gourmande ou pique-nique dans les Jardins.

Les fonds récoltés permettent de financer les soins bien-être (modelages visage et mains, accompagnement et conseils esthétiques etc…), dispensés par deux socio-esthéticiennes et une réflexologue au Centre de Beauté CEW du Centre Hospitalier de Grasse, actif depuis plus de 10 ans. 

Nez, la revue… de presse – #3 – Où l’on apprend qu’obésité et dépistage des maladies peuvent aussi n’être que des histoires de flair

Au menu de notre revue de presse, pourquoi l’odeur du goudron mouillé peut être relaxante, le mouvement #metoo vu par l’industrie du parfum, et la future ligne beauté de Hermès.

Vous qui lisez Nez le savez déjà, mais il est toujours bon de le rappeler : notre odorat a une influence considérable sur notre existence, odeurs et parfums exerçant sur nous leurs pouvoirs. Le Figaro s’intéresse ainsi aux odeurs pouvant favoriser la relaxation et le bien-être. Un effet connu depuis l’Antiquité. Le kyphi, un des plus célèbres parfums égyptiens, était déjà utilisé pour détendre, rappelle l’historienne et anthropologue Annick Le Guérer. Aujourd’hui, notre connaissance du cerveau valide le bien-fondé de cette pratique. « Les bonnes odeurs sont traitées par une zone – le cortex olfactif, en particulier l’amygdale – qui contient énormément de neurones qui traitent les émotions, explique Roland Salesse, ancien directeur du laboratoire de neurobiologie de l’olfaction à l’Inra. Quand on sent ces « bonnes odeurs », le circuit du plaisir, du bien-être, est activé ». De quoi expliquer pourquoi une odeur de tarte aux pommes ou de goudron mouillé, selon nos souvenirs olfactifs, ont le pouvoir de faire baisser la fréquence de notre respiration et la température de notre peau, signe de calme.

Comment les odeurs agissent sur le cerveau et nous procurent du plaisir, c’est précisément la sujet de thèse de Laura Chalençon – autrement dit « Mécanismes neuronaux responsables de la valeur hédonique des odeurs et ses altérations au cours du vieillissement ». La doctorante en neuroscience à l’université Lyon 1 participe au concours « Ma thèse en 180 secondes », et Lyon Capitale relaie sa vidéo de présentation, avec pour mot d’ordre : « Prenons du plaisir ! ». (Non sans opportunisme, rappelons que le thème du dossier central du numéro 6 de Nez était précisément consacré à l’influence des odeurs sur le corps et l’esprit.)

Laura Chalençon © Aurélien Idéale

Les odeurs ont le pouvoir de nous donner du plaisir, mais peut-être aussi… de nous faire grossir. Selon une étude récente réalisée par l’université de Berkeley, des souris soumises à un régime « fast food » avec un odorat normal voient leur poids doubler, alors que celui de leurs congénères privées d’odorat n’augmente que de 10%. Et quand les premières perdent à leur tour leurs capacités olfactives pour les besoins de la science, leurs poids diminue. L’odorat influerait non seulement sur l’appétit, mais aussi sur le métabolisme. L’anosmie, remède contre l’obésité ? Il faut rappeler que les troubles de l’olfaction sont aussi associés à des phénomènes d’anxiété voire de dépression.

Toujours dans le domaine de la médecine, les odeurs ont un autre pouvoir qui intéresse la recherche : celui de permettre le dépistage de certaines maladies, comme certains cancers. Des chercheurs de l’université de Manchester ont mis en évidence 17 molécules odorantes marqueuses de la maladie de Parkinson, d’après une étude parue dans la revue ACS Central Science. Pour ces travaux, ils ont collaboré avec Joy Milne, une Écossaise à l’odorat particulièrement développé, dont le mari est mort de la maladie de Parkinson, et qui a permis d’identifier l’odeur de la maladie dans un échantillon de patients. Une piste sérieuse pour développer une méthode de détection précoce, simple et rapide.

Dans le secteur du luxe, parfums et cosmétiques ont un autre pouvoir : celui de représenter d’importants relais de croissance. Hermès lancera en 2020 une ligne beauté incluant maquillage et soins en plus de la gamme parfums existante. En 2014, la division Parfums avait amorcé une diversification via le lancement de parfums pour la maison et d’une ligne de produits pour le bain, rappelle Fashion Network.

Un pouvoir que le parfum n’a pas, relève Fragrantica, ou pas encore, c’est celui de traduire le mouvement féministe né de #metoo. Du nouvel Interdit de Givenchy à Twist de Miu Miu, publicités et jus qui revendiquent sans cesse irrévérence et transgression se cantonnent à un conformisme qui confine au conservatisme. « Il semble que la lutte pour les droits des femmes soit plus un prétexte pour vendre un idéal féminin que pour servir une quelconque diversité », souligne Miguel Matos.

De diversité, il est en revanche de plus en plus question concernant les modes d’application du parfum, note Le Temps. Si depuis les années 80 et la disparition progressive des extraits de parfum, le spray est roi, les versions concentrées présentées sous forme de roll-on gagnent du terrain depuis deux ans. Petit format à petit prix et objet nomade, il colle à de nouveaux usages, selon le quotidien suisse.

Comte de Grasse

Autre grande tendance répondant à une nouvelle demande : celle des parfums naturels. « Bien conscientes que les filles sont de plus en plus réticentes à l’idée d’appliquer des matières inconnues sur la peau, les maisons de parfums sont nombreuses à jouer la carte du green » , nous dit Vogue. L’occasion d’évoquer notamment la ligne de colognes du Couvent des Minimes, qui a refondu son offre l’année dernière pour proposer des créations 100% vegan et composées à 98% d’ingrédients d’origine naturelle.

C’est peut-être l’amorce d’une future tendance : une distillerie, Comte de Grasse, s’est installée dans la capitale du parfum distinguée par l’Unesco, à l’emplacement d’une ancienne usine de parfums. Déjà commercialisé, son premier produit, le gin 44°N est créé à l’aide de techniques d’extraction traditionnelles de la parfumerie, combinées à des technologies de distillation modernes (distillation sous vide et utilisation d’ultrasons). Une démarche qu’on peut rapprocher de celle de la Distillerie de Paris, qui vient de lancer une gamme d’eaux de parfum travaillées à partir de coupes de distillation de rhum, de whisky ou de gin.

Et c’est ainsi que les mouillettes ne servent pas qu’à déguster les œufs !

Les femmes en parfumerie – Les Soroptimist

Le Soroptimist International (SI) est une organisation mondiale de femmes engagées dans la vie professionnelle et sociale, qui oeuvre à promouvoir les droits humains pour tous, l’éducation, le statut et le leadership des femmes, l’égalité, la santé, la lutte contre les violences à l’égard des femmes, le développement et la paix. Le SI a le statut d’Organisation non gouvernementale (ONG) et se veut « une voix universelle pour les femmes ».

Par sa présence dans plus de 120 pays, le SI est l’organisation féminine la plus représentée dans le monde. Le réseau Soroptimist compte plus de 75000 membres répartis dans 3000 clubs et c’est aussi 2700 femmes œuvrant au sein d’une Union française qui compte 118 clubs répartis sur tous les territoires français.

Suivant leur devise « Comprendre, Défendre, Entreprendre », elles s’engagent au niveau local, national et international, dans des projets et actions concrètes :

• en luttant contre l’illettrisme

• en offrant des bourses aux filles méritantes et à celles désirant changer de métier ou se diriger vers des métiers peu pratiqués par des femmes

• en organisant des salons pour valoriser les talents de femmes

• en aidant au financement de centres pour femmes en difficultés

• en soutenant des associations locales d’aide aux femmes atteintes de cancer

• en menant des actions de sensibilisation aux problèmes environnementaux.

Les femmes Soroptimist assument leurs responsabilités, pour le meilleur, au niveau le plus élevé, avec force, volonté et détermination, pour faire avancer leur cause et améliorer ainsi la vie des femmes et des filles.

 

Le déroulé du colloque :

8h30 : accueil – café

9h00 : Qui sont Les Soroptimist International ? Présentation de l’ONG, les valeurs, les droits des femmes.

9h10 : Les femmes en parfumerie : un état des lieux en France et dans le monde –  Imen Chérif (conseillère municipale en charge de la parité), Rafaëla Capraruolo et Monique Rémy (Soroptimist du Pays de Grasse).

 

L’histoire de la parfumerie vue par les femmes : mêlées et démêlées

9h25 : Rencontres féminines du passé, autour du parfum, à Grasse – Par Marie Grasse (créatrice et ancienne conservatrice du musée de la parfumerie) – L’histoire de la rencontre d’une ville, de ses savoir-faire, de ses femmes.

9h50 : Histoires de femmes parfumeuses, du temps passé et d’aujourd’hui – Par Patricia de Nicolaï (parfumeuse, présidente de l’Osmothèque) – L’histoire de quelques femmes incontournables de la parfumerie.

10h15 Parcours de parfumeuses au sein de la Société française des parfumeurs et du Cercle international des parfumeurs créateurs – Par Véronique Dupont (parfumeuse, présidente de la SFP) – Histoire d’un parcours de femme parfumeur.

 

De la disparition des fleurs à la protection des savoir-faire : rôles et challenges des femmes parfumeuses aujourd’hui

11h10 : Les femmes, des parfumeuses indépendantes ? – Par Olivier Maure (Président de la société Accords et Parfums) – La belle histoire de la parfumeuse Mona Di Orio, élève d’Edmond Roudnitska, et les femmes parfumeurs du groupe A&P.

11h35 : « Homme et Femme, Il créa » – Par Nadia Bédar (directrice de la mission Patrimoine culturel immatériel et du projet de candidature « Les savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse » inscrits au patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO en 2018).

Portraits kaléidoscopiques de femmes parfumeuses

14h00 : Stéphanie Bakkouche – parfumeuse indépendante, osmothécaire, enseignante

14h15 : Jessica Buchanan – parfumeuse canadienne indépendante

14h30 : Gloria Lahaye – évaluatrice

14h45 : Laurence Fanuel – parfumeuse belge indépendante, artiste multi-média, enseignante

 

La parfumerie et son avenir : les femmes s’interrogent

16h00 : Table ronde et discussions : Les métiers de la parfumerie vus par les femmes, transmission et défis d’avenir.
Interview par Patricia Tomé, journaliste et écrivain
La culture des plantes – Nicole Ferrero témoin du passé, Carole Biancalana, Fleurs d’exception en Pays de Grasse ; l’avenir des terrains et de l’extraction, oser entreprendre, le commerce des extraits – Monique Rémy ; vivre l’UNESCO sur le terrain – Nadia Bédar ; le futur de la SFP et du cercle des parfumeurs-créateurs Patricia de Nicolaï, Véronique Dupont ; transmettre les métiers ;…

16h40 : Résumé de la journée – conclusions – le livre

 

Réservation :

Participation de 25 euros

Contact : [email protected] – 06.16.33.91.74

Inscription des savoir-faire grassois liés au parfum au patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco : “C’est d’abord la parfumerie qui a gagné”. Rencontre avec Nadia Bedar et Laurent Stefanini

Rencontre avec Nadia Bedar et Laurent Stefanini à l’occasion de l’inscription des savoir-faire grassois liés au parfum au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Il y avait la Fête du printemps de Macédoine et la pizza napolitaine, voici venus les bains médicinaux tibétains, le reggae et… le parfum ! Le 28 novembre, avec une quarantaine d’autres lauréats, les savoir-faire du pays de Grasse en matière de parfum se sont vus inscrire à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture). Une consécration pour la région grassoise après dix années de travail acharné.

Rencontre avec Nadia Bedar, directrice du projet de candidature du pays de Grasse et de la mission Patrimoine culturel immatériel.

NEZ : Vous n’êtes pas grassoise, vous n’appartenez pas au monde du parfum. Comment vous êtes-vous retrouvée porte-parole d’un tel projet ?

Nadia Bedar : J’ai d’abord rencontré le sénateur des Alpes-Maritimes, Jean-Pierre Leleux, depuis longtemps très investi dans la valorisation du parfum à Grasse, dont il fut maire. Il a notamment beaucoup fait pour le musée de la parfumerie dans la ville [NDLR : Le Musée international de la parfumerie]. De cette rencontre et de cette volonté commune de promouvoir les savoir-faire grassois est née l’idée de ce projet qui nous a animés jusqu’à sa réalisation.

Près de dix ans de bataille ! Comment avez-vous vécu cette victoire ?

C’était étrange, je l’ai ressentie comme quelque chose de presque normal. Après toutes ces années d’efforts, il me semblait qu’il ne pouvait pas en être autrement. Si la décision avait été négative, elle m’aurait semblé totalement injuste.

Le parfum, ce n’est pas que du marketing, c’est d’abord des hommes et des femmes.

Comment se sont passées ces dix années ?

Une fois le ministère de culture convaincu d’inscrire le parfum sur la liste des projets à soutenir, l’ambassadeur français auprès de l’Unesco à dû défendre les trois savoir-faire en Pays de Grasse : la culture de la plante à parfum, la connaissance des matières premières naturelles et leur transformation, l’art de composer le parfum. Puis, il a fallu sensibiliser les acteurs diplomatiques. Pendant plusieurs années consécutives, les ambassadeurs du comité de l’Unesco se sont rendus à Grasse. On a veillé à adapter leur séjour et leur itinéraire à leurs origines. Pour l’Allemagne, par exemple, nous avons convié l’entrepreneur allemand Johann Maria Farina, un descendant direct du fondateur de l’eau de Cologne, huitième génération de l’entreprise. 

Au-delà, nous avons dû bien sûr réunir et fédérer les différents acteurs de la parfumerie, au travers notamment de la création de l’association patrimoine vivant du pays de Grasse, du recueil de nombreux témoignages, de l’organisation de colloques annuels permettant de découvrir des métiers de la parfumerie méconnus du grand public, et aussi imaginer des mesures de sauvegarde de nos métiers.

Que va permettre ce label ?

Les conséquences sont déjà palpables pour le pays grassois. De nouveaux producteurs se sont installés dans la région, des relations se sont nouées entre des acteurs de tous les métiers, producteurs et experts en transformation, par exemple; les parfumeurs se sont aussi réappropriés l’utilisation des matières premières naturelles. C’est comme s’il y avait eu une prise de conscience, une “prise de connaissance” de la richesse du patrimoine de Grasse. Les habitants du pays semblaient redécouvrir leur territoire.

Cette inscription donne une visibilité internationale à la ville de Grasse. Comment transformer l’essai ?

En créant une chaire Unesco avec l’université Sofia-Antipolis, par exemple, afin de permettre la construction de projets internationaux autour du parfum. Des producteurs indiens de l’Uttar Pradesh sont déjà venus se former ici. Des Lituaniens pourraient bientôt leur succéder. Par ailleurs, la création d’un centre de formation et de conservation des plantes à parfum a déjà débuté à Grasse. Le terrain est choisi, la serre en construction. La ville pourrait aussi choisir de faire découvrir ses coulisses, de montrer l’envers du décor. Visiter une usine qui distille la rose ou qui produit le jasmin, c’est impossible aujourd’hui ! Pourquoi ne pas se diriger vers un tourisme durable ? Un des projets déjà mis en place s’intitule les Chemins parfumés. L’un d’eux, poétique et littéraire, nous emmène à la Villa Saint-Hilaire, la bibliothèque patrimoniale de Grasse. On peut la visiter, et même y découvrir des incunables liés à la parfumerie.

À Grasse, visiter une usine de plantes à parfum, c’est impossible aujourd’hui

Cette inscription au patrimoine immatériel de l’humanité donne aussi des responsabilités, des devoirs…

Bien sûr, il existe un risque d’abus de l’usage du label, même si celui-ci est très réglementé. Nous aurons l’obligation de tenir nos engagements concernant les mesures de sauvegarde des savoir-faire, clairement définies dans un formulaire déposé par l’Etat français. Le ministère de la culture suivra régulièrement le dossier.

Un point marqué par Grasse, berceau officiel de la parfumerie, face à la Cosmetic Valley ?

Cet aspect de concurrence entre les territoires n’est pas entré en ligne de compte. C’est d’abord la parfumerie qui a gagné, elle est à présent reconnue telle qu’elle peut l’être réellement. Notre premier combat était celui contre les clichés. Non, le parfum, ce n’est pas que des marques et du marketing, c’est d’abord des hommes et des femmes. Ce sont eux, les praticiens, qui ont été récompensés.

L’ambassadeur français auprès de l’Unesco, Laurent Stefanini © : France Bleu Azur

Rencontre avec Laurent Stefanini, ambassadeur, délégué permanent de la France auprès de l’Unesco

C’est une belle victoire pour Grasse, et pour la France aussi, ça apporte beaucoup au pays de présenter d’aussi beaux dossiers de candidature auprès de l’Unesco. Le processus de sélection étant très exigeant, nous étions en dialogue permanent avec les porteurs du projet, afin d’être sûrs que le sujet soit ensuite bien compris par tous les membres du comité.

Mais le dossier était convaincant. Pourquoi ? Parce qu’il était porté par une communauté structurée. C’est une victoire collective. Le label Unesco est un label d’excellence, un peu comme les étoiles Michelin. Il va surtout aider à protéger la tradition du parfum dans le pays grassois. La région et le département devront y veiller. Cela passera aussi par des liens solides à nouer avec les marques de luxe françaises.

Propos recueillis par Béatrice Boisserie, le 30 novembre 2018

Galerie olfactive – From the land to the scents (Grasse)

Voir notre entretien avec Mélanie Munier, organisatrice de l’événement.

3 Journées entières le 7, 8 et 9 juin 2018 faisant intervenir tous les acteurs de la parfumerie : producteurs de fleurs et plantes à parfums, maisons de composition, marques et distributeurs.

Cette première Galerie olfactive a pour but de réunir en un même lieu un panel représentatif des marques de niche. Elle aura lieu dans l’ancienne maison d’arrêt de Grasse (transformée en grande serre florale et olfactive)  et mettra en relation les acteurs du marché de la parfumerie avec un public averti.

Plus de 40 marques françaises et étrangères de niche exposeront dans les cellules fleuries et parfumées de la prison. Le Palais des Congrès accueillera quant à lui un restaurant éphémère installé sur la terrasse ainsi que des conférences et des expositions.

Heures d’ouverture professionnels

Jeudi matin : 9H00 – 12H30
Vendredi matin : 9H00 – 12H30

Heures d’ouverture au public

Jeudi après-midi : 14H30 – 17H30
Vendredi après-midi : 14H30 – 17H30
Samedi : 10H30 – 17H30

 

Toutes les informations sont disponibles sur : https://www.nicom-international.com/galerie-olfactive

Nez est partenaire de l’événement.

“Nous voulons transmettre un certain esprit de liberté” – Mélanie Mugnier, organisatrice de la Galerie olfactive à Grasse

Rencontre avec Mélanie Mugnier, organisatrice d’un nouvel événement dédié au parfum de niche, à Grasse : la Galerie olfactive.

Née dans une famille d’entrepreneurs et de publicitaires, grassoise de cœur, Mélanie Mugnier, s’installe dans la ville des parfums en 2015 où elle crée l’agence d’événementiel Nicom. Depuis, elle valorise le patrimoine, la création artistique et l’économie locale. Du 7 au 9 juin, elle organise un nouvel événement dédié au parfum de niche à Grasse : la Galerie olfactive. Rencontre.

 

Vous avez acquis l’ancienne maison d’arrêt de Grasse, pourriez-vous nous parler de ce lieu ?

En 2017, avec mon compagnon Grégory Routier, nous avons racheté ce bâtiment du XIXe siècle, fermé en 1992 et encore totalement “dans son jus”. Le lieu appartenait à l’État, notre projet a été retenu car nous avons toujours mis la dynamique artistique au cœur de notre projet de réhabilitation. Nous y accueillons des évènements déclinés sous forme de galerie : Galeries éphémères en 2017, Galerie olfactive en 2018…

 

Qu’entendez-vous par “Galerie olfactive” ?

C’est un événement qui se déroulera du 7 au 9 juin prochain. La Galerie olfactive mettra à l’honneur les marques de parfums de niche, une quarantaine d’entre elles auront leur propre cellule au sein de la prison. Dans ces cellules de 9 m2, ces marques pourront faire découvrir et vendre leurs produits. On y retrouvera entre autres Amouroud, Autour du Parfum, Elixir Création, Isabelle Burdel parfumeur créateur, Jeroboam, Jovoy, Neela Vermeire, L’Orchestre parfum, Rania J, Ulrich Lang New York, Perfumery Club Russia…

A quelques mètres de la prison, en plein centre ville, le palais des congrès de Grasse accueillera des écoles et formateurs de parfums : ASFO Grasse, Cinquième sens, l’ESP (École supérieure du parfum), l’Isipca (Institut supérieur international du parfum et de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire), l’Université Côte d’Azur et certaines maisons de compositions et de matières premières de la région.

 

En quoi la Galerie olfactive sera-t-elle artistique ?

C’est un vrai parti pris. En plus de la présentation et de la découverte de parfums, nous avons souhaité voir les plantes réinvestir un lieu clos pendant des années et qui enfermait des gens. La partie centrale de la maison d’arrêt va être transformée en grande serre florale et olfactive, et l’ensemble de la structure va être végétalisée. Nous voulons transmettre un certain esprit de liberté trois jours durant.

 

 

Végétaliser une maison d’arrêt, c’est un vrai challenge. À qui avez-vous fait appel pour cette réalisation ?

Antonia Requena, fleuriste à Grasse et propriétaire de Fleurs d’azur s’occupe de la mise en œuvre artistique. Elle sera accompagnée par de jeunes en réinsertion d’un CAPA Jardinier Paysagiste du centre de formation continue de Grasse, l’AFC Asprocep. Nous nous procurerons les plantes auprès de La Pépinière des Aspres. Nous avons toutes les ressources nécessaires à Grasse et c’est la carte que nous souhaitons jouer.

 

A qui s’adresse cet événement ?

Le public est triple : le grand public est invité à découvrir les marques de niche mises à l’honneur et des parfums uniques, présélectionnés par notre conseillère artistique Véronique Wittling.

Les étudiants et lycéens de la région qui souhaitent en savoir davantage sur les opportunités de formation en parfumerie post-BAC. Les marques de niche qui ne sont pas originaires de la région et souhaitent entrer en relation avec un nouveau public. Elles pourront également rencontrer les sociétés de matières premières et les maisons de composition grassoises pour leurs futurs développements de parfum.

 

 

Après la Galerie olfactive, que va devenir ce lieu ?

Il y a un manque drastique de logements étudiants à Grasse or la mairie a encouragé l’implantation d’écoles de parfumerie. Foqual – le Master professionnel de Chimie de Nice – a une antenne ici, l’ESP va faire sa première rentrée en septembre prochain mais ils n’ont pas assez d’hébergements. Nous entreprendrons des travaux de transformation en septembre 2018 et proposerons une quarantaine de studios pour la rentrée scolaire 2019. Pendant les vacances scolaires d’été, le lieu accueillera des résidences d’artistes avec exposition à la clé… la Galerie va donc se décliner encore sous de nombreuses formes !

Informations pratiques

La Galerie olfactive
Du 7 au 9 juin, à Grasse

Programme sur www.nicom-international.com/galerie-olfactive

A noter : Nez sera présent lors de l’événement, pour présenter une sélection de parfums de niche. Tous nos livres seront bien sûr disponibles sur notre stand !

Photos : Eléonore de Bonneval