L’art et la matière. Prière de toucher : une nouvelle expérience de la sculpture

Cinq musées de beaux-arts (Lyon, Nantes, Lille, Rouen, Bordeaux) proposent une série d’expositions qui invite les visiteurs à vivre une nouvelle expérience sensorielle de la sculpture.

L’art et la matière. Prière de toucher est une exposition qui invite les visiteurs à vivre une nouvelle expérience sensorielle de la sculpture. Cinq musées de beaux-arts (Lyon, Nantes, Lille, Rouen, Bordeaux) mettent en commun des reproductions d’œuvres de leurs collections – auxquelles s’ajoutent quatre reproductions de sculptures du musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole – pour offrir à la paume des mains une contemplation tactile de chefs-d’œuvre traitant principalement de la figure humaine de l’Antiquité au XXe siècle.

Conçue par le musée Fabre de Montpellier en partenariat avec le musée du Louvre et fruit d’une coopération menée avec des personnes en situation de handicap visuel, l’exposition s’appuie sur leur expérience sensorielle de la sculpture pour inventer de nouvelles pratiques de médiation destinées à tous les publics.

L’intention de cette présentation est de montrer comment l’expérience du toucher offre une variété de sensations qui enrichit la compréhension des œuvres et les révèle dans toute leur dimension et leurs moindres détails. Une approche olfactive de la taille de pierre, de la pierre mouillée et de la fonte, viennent  compléter ce dispositif multisensoriel.

Cette exposition bénéficie du mécénat de la Maison de création Givaudan, créatrice de parfums et d’arômes.
Le parfumeur Antoine Maisondieu a créé pour cette occasion trois accords pour illustrer la taille de pierre, la fonte de bronze et le modelage de la terre.

Musée et exposition ouverts tous les jours, sauf mardi et jours fériés, de 10h à 18h, vendredi de 10h30 à 18h.

Calendrier des expositions :

3 avril – 22 septembre 2019
Musée des Beaux-arts de Lyon

14 mai – 21 septembre 2020
Musée des Beaux-arts de Nantes

15 octobre 2020 – 15 février 2021
Palais des Beaux-arts de Lille

9 avril – 4 octobre 2021
Musée des Beaux-arts de Rouen

Octobre 2021 – Mars 2022
Musée des Beaux-arts de Bordeaux

Nez, la revue… de presse – #4 – Où l’on apprend que James Bond et Brigitte Bardot partagent le même parfum

Au menu de notre revue de presse, des interrogations. Féminin ou masculin ? Absinthe ou cannabis ? En matière d’impact environnemental, naturel ou synthétique ? Peut-on retrouver le goût du chocolat quand on l’a perdu ?

Cette semaine, le monde de l’olfaction se pose des questions. « Tous les parfums sont-ils mixtes ? », s’interroge ainsi L’Express. Si les marques jouent de plus en plus la carte de la gender fluidity, l’article rappelle que la différenciation sexuelle est l’exception plutôt que la règle dans la longue histoire du parfum. Bien avant l’androgyne Jicky créé en 1889 par Aimé Guerlain, et adopté ensuite par Brigitte Bardot comme par Sean Connery, hommes et femmes ont porté sans distinction pendant des siècles des senteurs à des fins prophylactiques, pour se protéger des maladies, et des eaux de Cologne. Ce n’est que la montée en puissance du marketing pendant les Trente Glorieuses qui a créé des jus genrés – avant que la niche ne remette la mixité au goût du jour. Il semble en revanche que notre odorat diffère en fonction de notre sexe. « Les hommes identifient moins facilement les odeurs car elles suscitent moins de réactions émotionnelles que chez les femmes, plus aptes à les mémoriser », d’après les travaux de Camille Ferdenzi-Lemaître, chercheuse en psychologie de l’olfaction.

Absinthe ou cannabis ? Le Figaro relève une tendance faisant la part belle aux substances dangereuses et addictives dans les lancements récents. Opium chez Yves Saint Laurent et Poison chez Christian Dior ont bâti leur communication et leur légende sur une analogie entre parfums et drogue ou philtre toxique. Désormais, les ingrédients controversés intègrent les formules, de l’absinthe de l’Eau de parfum intense Black Opium, toujours chez Yves Saint Laurent, au davana aphrodisiaque de But Not Today de Filippo Sorcinelli, en passant par les volutes de cannabis et la note secrète électrisante évoquant cocaïne ou LSD des Colognes Fly Away et Run Free chez Mugler.

Source : www.hokaran.com ,ou quand les cosmétiques ont « le chanvre dans la peau. »

Autre question qui devient de plus en plus prégnante : quel impact environnemental pour les matières premières naturelles et synthétiques ? se demande le Glamour anglais. Vaut-il mieux consommer des ressources naturelles précieuses dont la culture peut être dommageable pour la planète, de la déforestation à la pollution des rivières ? Faut-il plutôt privilégier les ingrédients synthétiques, a priori peu invasifs, mais qui génèrent des émissions de carburant et de la pollution environnementale, et sont rarement biodégradables ? « C’est là que nous sommes déchirés », souligne le magazine, qui penche tout de même pour la première option.

Intelligence artificielle ou créativité humaine ? Chez Givaudan, qui vient de lancer un outil interactif à destination de ses parfumeurs, on assure que la question ne se pose pas. Développé avec une start up suisse, Carto se présente sous forme d’un écran tactile. Le système s’appuie notamment sur « un indice de la puissance olfactive des ingrédients permettant d’estimer leur impact sur la formule finale », et exploite des données « pour faire des suggestions de formules, que les parfumeurs peuvent retenir ou non ». «Il nous aide véritablement dans notre travail, nous permettant de faire bien plus d’expériences qu’à l’heure actuelle et de doser nos formules de manière très performante », affirme Calice Becker, parfumeur et directrice de l’école de parfumerie de Givaudan. « De notre côté, nous, parfumeurs, apportons la touche créative, c’est-à-dire l’élément le plus important qu’aucun système ne peut remplacer ».

Carto, le nouvel assistant parfumeur de Givaudan

Peut-on retrouver le goût du chocolat quand on l’a perdu, parce qu’on souffre d’agueusie et d’anosmie ? C’est la question à laquelle Jordi Roca, un célèbre pâtissier catalan, a tenté de répondre, avec une équipe de neurologues et de spécialistes, rapporte FranceTVInfo. Leur projet repose sur l’idée que chaque goût « est en fait une récréation, une unification que fait notre cerveau à partir d’un très grand nombre d’expériences séparées, et pas seulement gustatives à proprement parler ». Le but de l’expérience était donc de « reproduire tous les éléments extérieurs au goût intrinsèque » d’un ingrédient « pour que le cerveau du patient recrée l’expérience » et donc son goût réel. A Paloma, qui associait le chocolat à la mer, le chef l’a servi accompagné d’une mousse de lait évoquant l’écume d’une vague, tout en lui projetant des images aquatiques. Résultat : elle a dit reconnaître le goût du chocolat. L’expérience a fonctionné dans six cas sur sept.

Philippe Huguen / AFP

« Parfumer son bébé est-il sans risque ? », questionne L’Express. Le marché est en forte croissance, mais mieux vaut prendre avec des précautions, selon l’hebdomadaire. « Dans un parfum – pour adulte et pour enfant – on peut trouver de 30 à plus de 100 composants », détaille Farid Marmouz, allergologue à Paris. « Les parfums peuvent créer des allergies de contact de type eczéma ou urticaire, que ce soit chez les enfants ou les adultes. Même les produits estampillés bio ou naturels sont à éviter. Ils sont tout aussi allergisants que les synthétiques ». En cause le plus souvent, le baume du Pérou, l’essence de lavande et de citronnelle pour les produits naturels, le citronellal pour les substances synthétiques. La solution : parfumer plutôt vêtements et peluches.

Pour terminer, une question épineuse. Comment écrire sur les odeurs ? L’auteure britannique Rue Baldry s’interroge dans un long texte sur son blog. Employer métaphores et comparaisons dérivées d’autres sens (en particulier celui de l’ouïe, via la musique), faire appel à des souvenirs que les lecteurs partagent probablement, convoquer des ressentis et des émotions qu’ils peuvent être capables d’imaginer : les techniques ne manquent pas, note-t-elle. Mais si « l’odorat est l’un des sens les plus évocateurs », c’est aussi « probablement le plus difficile à traduire. »

Et c’est ainsi que les mouillettes ne servent pas qu’à déguster les œufs !

Nez, la revue… de presse – #1 – Où l’on apprend que la Suisse est peut-être bien l’autre pays du parfum…

Le numéro 1 de la revue de presse de Nez vous parle d’olfaction, de Suisse et de communication avec les dieux.

La rubrique “Nez, la revue… de presse” veut vous révéler, tous les 15 jours, l’activité effrénée qui se déploie sur internet et ailleurs autour de l’olfaction et du parfum.

Bienvenue dans ce premier numéro !

Au menu de l’actualité parfumée cette semaine : des voisins helvétiques qui n’en finissent plus de se passionner pour les odeurs, le parfum du diable, de Dieu, et la disparition du designer Serge Mansau.

Si la Suisse est plutôt réputée pour sa neutralité et son calme feutré, c’est une véritable frénésie qui semble s’être emparée du pays. L’objet de cette soudaine agitation ? Le parfum, et l’odorat sous toutes ses formes. Il faut dire que l’actualité culturelle s’y prête, avec pas moins de deux expositions sur le sujet à Lausanne en ce moment, souligne la bien nommée Nectar, une émission radio de la RTS. Elle offre à ses auditeurs une visite au Musée de la Main pour « Quel flair! odeurs et sentiments » et au Musée de design et dʹart contemporain pour « Nez à Nez, Parfumeurs contemporains », avant de donner la parole à deux parfumeurs. Isabelle Doyen retrace son parcours, depuis le « mystère du parfum » que dégageaient les femmes, et qui l’intriguait tant enfant, à sa rencontre avec Annick Goutal autour d’une idée de « rose qui sent la poire ». Quant à Lorenzo Villoresi, il s’interroge sur la part de l’artisanat et de la science dans son travail.

Sur la RTS toujours, l’émission de radio Vertigo s’intéresse de plus près au processus créatif qui mène à la naissance d’un parfum. Rodrigo-Florès Roux et Céline Ellena, dont les créations sont présentes au Mudac, disent tout sur le travail du parfumeur et le fonctionnement de l’industrie, du brief à l’importance du marketing, en passant par l’apport personnel du créateur. « Mon métier est de traduire », nous dit Céline Ellena. « Je parle une langue qui est celle de l’odorat, et j’essaie de traduire en odeur les mots que j’entends ». (Vous retrouverez d’ailleurs des entretiens avec les parfumeurs cités ici, et tous ceux présentés au Mudac, dans le livre qui réunit ces deux expositions, paru chez Nez éditions, Sentir, ressentir. Parfumeurs, odeurs et émotions.)

La photographe Virginie Otth, elle, a traduit des odeurs en images. Son travail fait l’objet d’une autre exposition, Sillages, au Photoforum Pasquart de Bienne. On y retrouve, sur ce thème olfactif, les travaux de Christelle Boulé, Olga Cafiero, Roberto Greco et Thibault Jouvent.

Au delà de cette effervescence événementielle  autour de l’olfaction, la Suisse fait figure de capitale du parfum, nous rappelle l’émission télé A bon entendeur, car les plus grandes entreprises mondiales du secteur ont leur siège dans le pays. Pour décrypter les coulisses de l’industrie, le programme de la RTS Un fait intervenir les parfumeurs Alberto Morillas et Marc-Antoine Corticchiato, mais aussi Yohan Cervi, bien connu des lecteurs de Nez et Auparfum.

Le site d’information Le Temps s’est lui aussi intéressé à cette Silicon Valley des odeurs suisse, regroupant des centaines de sociétés dans la région. Une concentration « que le canton doit à sa maîtrise de la chimie organique », écrit le quotidien, dans un « Grand Format » très riche où l’on apprend entre autres que le citron est connoté « odeur de poisson » en Chine, et que, concurrence oblige, les employés des sociétés Givaudan et Firmenich ne peuvent être en couple, tels des Roméo et Juliette du lac Léman.

D’amour et de parfum, il est aussi question au Japon, où les jeunes femmes peuvent s’offrir l’odeur de leur héros de jeu vidéo préféré, avec lequel elles entretiennent des relations amoureuse virtuelles, lit-on sur le blog hébergé par Libération Les 400 culs. « Est-il possible de commercialiser le sentiment amoureux ? », s’interroge l’auteur Agnès Giard. Oui, répond le leader du secteur : « D’une certaine manière, elles s’enveloppent dans l’odeur de cet homme comme s’il les prenait dans ses bras.» Le prochain carton prévu ? Le parfum de Ruki, un vampire « irrésistiblement sadique et séduisant », un des héros préférés des amatrices du jeu « Diabolik Lovers ».

Après le parfum du diable, c’est de celui de Dieu dont il question sur le site The Conversation. Michaël Girardin, docteur en histoire ancienne, nous raconte l’odeur du temple de Jérusalem dans l’Antiquité. La bible donne deux recettes de parfums strictement réservés à Dieu. Les citations et traductions sont trop approximatives pour espérer les reconstituer avec certitude, mais ils contenaient probablement de la myrrhe, du storax, de l’ambre, du galbanum, de l’encens. « Il existait donc une odeur du sacré, une odeur que les fidèles associaient sans doute à la présence de Dieu », souligne l’article.

crédits : PixabayCC BY-SA


Si ces parfums divins étaient brûlés, ou servaient à oindre les objets du culte, nos parfums profanes modernes ne se conçoivent pas sans flacon. Dolce Vita pour Dior, Flower pour Kenzo, Fidji pour Guy Laroche, Organza pour Givenchy, Insolence pour Guerlain, Eau des Merveilles pour Hermès, Déclaration pour Cartier, Idole pour Lubin, For Her pour Narciso Rodriguez… Serge Mansau, qui en avait créé plus de 300, vient de nous quitter. Fragrantica lui rend hommage, rappelant notamment cette citation : « Je dis souvent que faire un parfum, c’est la même chose que monter une pièce de théâtre : avec, dans le rôle du texte, la fragrance elle-même, dans celui du décor, l’étui et, à titre d’acteur vedette, le flacon. »

Et c’est ainsi que les mouillettes ne servent pas qu’à déguster les œufs !

Perfume & seduction – Musée Hillwood & Givaudan

Dès la plus Haute Antiquité apparaissent les objets servant à la toilette et à la parure de la femme. En France, leur usage se développe seulement au XVII ème siècle après l’arrivée de Catherine de Médicis qui apporte d’Italie la mode des petits flacons en or, en argent ou en pierre dure; mais c’est au XVIII ème siècle qui fut, par excellence, le siècle de la galanterie, du plaisir de vivre et de la séduction, que les artistes ont rivalisé d’invention pour créer des boîtes, coffrets et flacons, qui renferment artifices et “odeurs”, indispensables aux personnes de qualité.

 

L’exposition “Perfume & Seduction” ouvre ses portes au musée Hillwood à Washington du 16 février au 9 juin 2019. Cette exposition explore le début des flacons de parfums et leurs accessoires du début du XVIIIe au début du XXe siècle, dont beaucoup d’entre eux ont été utilisés lors du rituel de bain appelé la toilette, introduit par Louis XIV.

Les accessoires de toilette alliaient ainsi luxe, nouveauté et exotisme. Adopté par les hommes et les femmes parisiens fortunés comme un rituel quotidien, au milieu du XVIII ème siècle, la toilette nécessitait un certain nombre d’objets luxueux. En plus d’utiliser le maquillage comme force de pouvoir et pour se sentir plus jeune, le parfum a joué un rôle essentiel dans la toilette et dans l’art de la séduction du XVIII ème siècle. Une nouvelle préoccupation en matière d’hygiène corporelle qui a conduit à une utilisation accrue du parfum et à la création des flacons. 

L’exposition décrit la forme et la fonction des flacons de parfum, présentant les matériaux utilisés et le processus de fabrication.

 

Certaines des plus belles pièces de la collection Hillwood sont exposées aux côtés d’une sélection d’objets du XVIIIe siècle appartenant à la collection privée européenne de Givaudan, fabricant Suisse d’arômes, de parfums et de cosmétiques, présentée pour la première fois aux Etats-Unis.

La sélection des objets exposés lors de Parfums & Séduction trouve son complément parfait dans la collection d’objets de luxe “Les flacons de la séduction” de Givaudan, l’une des plus importantes et des plus complètes d’Europe illustrant les éléments de luxe qui caractérisaient les flacons de parfum au XVIII ème siècle : flacons à parfum en cristal ou en porcelaine enserrés dans des montures en or, flacons à sels en écaille, étuis en vernis Martin, flaconniers en bronze ou en céramique…

 

Informations sur l’événement

  • Lieu : Hillwood Estate – museum & gardens au 4155 Linnean Ave NW, Washington, DC 20008, États-Unis. Ouvert en tant qu’institution publique en 1977, aujourd’hui Hillwood Estate, museum & gardens offre une expérience gracieuse et immersive qui ne ressemble à aucune autre.
  • Date : du 16 février au 9 juin 2019.
  • Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 17h.
  • Tarifs : 18$ tarif normal. 15$ pour les séniors, 10$ pour les étudiants et 5$ pour les enfant âgés de 6 à 18 ans.