Edoardo Cogo (Amuga-Biblioteca Olfattiva) : « Je pense que Nez est un outil indispensable pour celui qui travaille dans ce secteur.» (en français – English – italiano)

Entretien avec Edoardo Cogo, gérant de la parfumerie Amuga – la Biblioteca Olfattiva à Bassano del Grappa (Vénétie).

(English version below – Versione italiana alla fine)

Cet entretien prolonge notre tour du monde des parfumeries de niche qui nous font le plaisir de distribuer les versions anglaise ou italienne de Nez. Nous vous emmenons cette fois en Italie en compagnie d’Edoardo Cogo, gérant d’Amuga – la Biblioteca Olfattiva à Bassano del Grappa (Vénétie).

 

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum?

Cela est arrivé sans que je m’en rende compte, sans même que je l’espère. D’abord, je dois dire que ma première rencontre avec les parfums a eu lieu chez moi, en particulier dans la chambre de ma mère durant ma pré-adolescence. Tout a commencé par le souvenir clair d’une suspension du temps quotidien. Nous étions dans les années 1980 et 1990. Je percevais et suivais un sillage qui, une fois que ma mère était préparée pour sortir, me guidait à la source de ce chemin de mystère et de séduction. Après avoir atteint les flacons de la coupable, je les observais, sans savoir lequel d’entre eux contenait cet appel. Ils me transportaient dans l’imagination lorsque je jouais avec eux entre mes doigts, me parlant d’endroits proches et lointains à la fois. Je sentais les capots, j’analysais leur étiquette et leurs noms. Donc j’ai compris après quelque temps, quand ma famille m’a suggéré d’ouvrir notre bibliothèque des senteurs, que ma relation avec ces anciens amis était faite pour révéler ma vocation inconsciente.

 

Quelles sont les spécificités de votre boutique?

La particularité de notre librairie des senteurs est sa sélection: des fragrances qui mettent en valeur les traits artistiques et stylistiques de l’auteur qui les a inventés. Je parle d’auteur et d’artiste car la parfumerie, tout comme la littérature, la musique ou la performance des arts visent à laisser une trace, l’expression sentimentale d’une idée. C’est une confession fréquente qui dépouille les valeurs de celui qui crée. En conséquence, ces parfums deviennent une réelle valeur ajoutée pour celui qui décide de le porter.

 

Quels sont vos coups de cœur, récents, ou de tout temps ?

Sans aucun doute, mes premières suggestions olfactives furent : Samsara eau de parfum de Guerlain (1989), Shalimar eau de parfum de Guerlain (1925), Poison de Christian Dior (1985), Royal Pavillon d’Etro (1989), Eau lente de Diptyque (1986), Gardenia de Penhaligon’s (1976), Victorian Posy de Penhaligon’s (1979), Frangipane de Santa Maria Novella (1828), Orchidée Blanche de L’Artisan Parfumeur (1985), Parfum Sacré de Caron (1991), Sacrebleu de Nicolaï (1993), Chanel No 5 eau de toilette de Chanel (1921), Premier Figuier de L’Artisan Parfumeur (1994). Maintenant, à l’époque de ma bibliothèque des senteurs, je ne peux pas manquer de mentionner Chypre Palatine de MDCI par Bertrand Duchaufour, Isvaraya de Indult par Francis Kurkdjian, Bois d’ascèse de Naomi Goodsir par Julien Rasquinet et Mandala de Masque Milano par Christian Carbonnel.

 

Qu’est-ce qui vous a fait choisir de vendre Nez dans votre boutique?

Je dois vous avouer que le design du magazine m’a immédiatement séduit. J’ai été étudiant en graphisme, donc je ne pouvais pas manquer de le remarquer ! Mais ce que j’apprécie vraiment dans cette revue est la liberté, le professionnalisme, et l’ampleur avec lesquels est abordé un sujet aussi complexe que celui de l’odorat. Je pense que Nez est un outil indispensable pour celui qui travaille dans ce secteur et veut avoir un point de vue excitant et actuel, mais aussi pour celui qui est passionné par les parfums et par la signification de l’odorat aujourd’hui.

Comment est-ce que vos clients y réagissent?

Avec enthousiasme et une authentique curiosité : ils ont enfin entre leurs mains un passe-partout de l’univers de la parfumerie et du sens de l’odorat.

Site de la boutique : www.amuga.it 


English version

How did you get into the perfume world?

It happened without me noticing or hoping. I must say first of all that the place where my first encounter with fragrances took place was my home. Especially my mother’s rooms, at the time of my pre-adolescence. It all starts with the clear memories of a temporal suspension from everyday life.

We were in the eighties and nineties. Perceiving those fragrant trails and following them, after my mother had prepared herself to leave, led me to the origin of that path of seduction and mystery. Once I had reached the guilty bottles I observed them, unaware of which of them contained that call. Turning them between my fingers they kidnapped my imagination, telling me about places far away and near at the same time. I smelled the caps, examined the labels and their names… I understood then, some time later, when my family proposed to me to open our Olfactory Library, that my relationship with these ancient friends was about to reveal my unconscious vocation.

 

What are the specificities of your shop?

The peculiarity of our Olfactory Library is the selection: fragrances that highlight the artistic and stylistic characteristics of the Author who created them. I am talking about Author or Artist because, as for literature, music and applied arts, perfume, if made to leave a mark, is the sentimental expression of an idea. A thick confession, which lays bare the values of those who create it. And, consequently, these perfumes become the real added value for those who choose to wear them.

 

What are your perfume crushes? Recent, or of all times? 

Without a doubt my first olfactive suggestions have been: Samsara Eau de Parfum by Guerlain 1989, Shalimar Eau de Parfum by Guerlain (1925), Poison by Christian Dior (1985), Royal Pavillon by Etro (1989), Eau Lente by Diptyque (1986), Gardenia by Penhaligon’s (1976), Victorian Posy by Penhaligon’s (1979), Frangipane by Santa Maria Novella (1828), Orchidée Blanche by L’Artisan Parfumeur (1985), Parfum Sacré by Caron (1991), Sacrebleu by Nicolai Parfumeur Createur (1993), Chanel No 5 Eau de Toilette by Chanel (1921), Premier Figuier by L’Artisan Parfumeur (1994). Now, at the time of my scent library, I cannot fail to mention: MDCI’s Chypre Palatine by Bertrand Duchaufour, Indult’s Isvaraya by Francis Kurkdjian, Naomi Goodsir’s Bois d’Ascèse by Julien Rasquinet and Masque Milano’s Mandala by Christian Carbonnel.

 

What made you choose to sell Nez in your shop?

I have to say, the look of the magazine immediately seduced me. Having studied graphic design, I couldn’t help but notice it! But what I really appreciate about this editorial contribution is the freedom and professionalism, and the breadth with which it deals with a theme as complex as the sense of smell. I think it is an indispensable tool for those who want, independently and personally, to have a stimulating and updated point of view to work in this field. And also for those who, as a true enthusiast, want to deepen and test their knowledge in the field of smell.

How do your customers react to it?

The most authentic curiosity and enthusiasm, in having finally in your hands an instrument that serves as a passepartout for both the perfumery and the universe of smell.


Website: www.amuga.it 

Versione Italiana

Come è arrivato al mondo della profumeria?

Successe senza che me ne accorgessi, né lo sperassi. Devo dire innanzitutto che il luogo dove avvenne il mio primo incontro con le fragranze è stata la mia casa. In particolare le stanze di mia madre, al tempo della mia preadolescenza. Tutto inizia dai nitidi ricordi di una sospensione temporale dal quotidiano. Eravamo negli anni ottanta e novanta. Percepire quelle scie odorose e seguirle, dopo che mia madre si fosse preparata per uscire, mi conduceva all’origine di quel sentiero di seduzione e di mistero. Raggiunti i colpevoli flaconi li osservavo, ignaro su chi di loro contenesse quel richiamo. Rigirandoli tra le dita mi rapivano la fantasia, narrandomi di luoghi lontani e vicini allo stesso tempo. Ne annusavo i tappi, esaminavo le etichette ed il loro nome… Capii allora, tempo dopo, quando mi fu proposto dalla mia famiglia di aprire la nostra Biblioteca Olfattiva, che il mio rapporto con questi antichi amici stava per rivelare una mia inconscia vocazione.

 

Quali sono le specifiche del Suo negozio?

La peculiarità della nostra Biblioteca Olfattiva è la selezione: fragranze che mettono in risalto le caratteristiche artistiche e stilistiche dell’Autore che le ha ideate. Parlo di Autore o di Artista perché come per la letteratura, la musica, e le arti applicate, anche il profumo, se fatto per lasciare un segno, è l’espressione sentimentale di un’idea. Una confessione spesso, che mette a nudo i valori di chi lo crea. E, di conseguenza, questi profumi diventano il vero valore aggiunto per chi sceglie di indossarli.

 

Qual è il profumo per cui va matto? Recente o “di tutti i tempi”? 

Le mie prime fondamentali suggestioni olfattive, figlie di quegli anni menzionati più sopra, sono senz’altro state: Samsara Eau de Parfum di Guerlain del 1989, Shalimar Eau de Parfum sempre Guerlain (1925), Poison di Christian Dior (1985), Royal Pavillon di Etro (1989), Eau Lente di Diptyque (1986), Gardenia di Penhaligon’s (1976), Victorian Posy di Penhaligon’s (1979), Frangipane di Santa Maria Novella (1828), Orchidée Blanche di L’Artisan Parfumeur (1985).

Parfum Sacré di Caron (1991), Sacrebleu di Nicolai Parfumeur Créateur (1993), Chanel No 5 Eau de Toilette di Chanel (1921), Premier Figuier di L’Artisan Parfumeur (1994). Al tempo attuale invece, ovvero al tempo della mia Biblioteca Olfattiva non posso non menzionare: Chypre Palatine di MDCI, Isvaraya di Indult, Mandala di Masque Milano, Bois d’Ascèse di Naomi Goodsir Parfums.

Cosa Le ha fatto scegliere di vendere Nez nel Suo negozio?

Devo dire che l’aspetto della rivista mi ha immediatamente sedotto. Avendo studiato graphic design non potevo non notarla! Ma ciò che davvero apprezzo di questo contributo editoriale è la libertà e la professionalità, e l’ampiezza con cui viene trattato un tema così complesso come quello dell’olfatto. Penso sia uno strumento indispensabile per chi voglia, in modo indipendente e personale, avere un punto di vista stimolante ed aggiornato per lavorare in questo settore. Ed anche per chi, da vero appassionato, voglia approfondire e mettere alla prova la sua conoscenza nell’ambito dell’olfatto.

 

Come hanno reagito i vostri clienti?

La più autentica curiosità ed entusiasmo, nell’avere finalmente tra le mani uno strumento che funge da passepartout tanto per la profumeria quanto per l’universo dell’olfatto.


« J’accorde une grande importance à l’histoire et au concept car c’est là que la magie opère chez nos clients » – Quentin Blyau, propriétaire de Liquides Confidentiels à Namur

Nez est allée à la rencontre Quentin Blyau, créateur de la parfumerie Liquides confidentiels à Namur, qui nous fait le plaisir d’être l’un des distributeurs de notre revue !

Parce que nous ne serions pas grand chose sans toutes les parfumeries – et les librairies – qui distribuent notre revue, nous avons décidé de leur donner la parole et de reprendre une série entamée l’an dernier. Honneur à une nouvelle venue dans le PPB (comprendre Paysage parfumé belge !) : Liquides confidentiels qui a vu le jour il y a peu, dans la ville Namur, à l’instigation de Quentin Blyau. 

NEZ : Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Quentin Blyau : Depuis la prime enfance, les odeurs occupent une immense place dans mon coeur. Chaque lieu, maison, boutique, théâtre, église étaient secrètement analysés, afin d’en imprimer les effluves dans ma mémoire. Mais le véritable déclic fut, quand chez ma tante, j’ouvrai la porte d’une salle de bain et fus hypnotisé par une baignoire remplie de vieux flacons de parfum Guerlain, Chanel, Givenchy… Je me souviens encore des heures passées à les humer un par un. C’est alors qu’est née une véritable passion pour les découvertes olfactives, et surtout,  j’ai su que j’en ferais ma profession. C’est donc après mes études de psychologie que j’ai décidé d’allier mes deux passions (la psychologie et la haute parfumerie) et d’ouvrir Liquides Confidentiels.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

QB : Premièrement sa localisation! Je déplorais le cruel manque de parfumerie spécialisée en Wallonie (partie francophone du pays) par rapport à l’offre bruxelloise et flamande. C’est pour cela que j’ai décidé de m’installer à Namur. Ensuite, ce qui caractérise  également Liquides Confidentiels c’est le panel des marques ; nous avons voulu trouver un juste équilibre entre des maisons reconnues (Goutal Paris, Juliette has a Gun, Trudon, The Different Company, Etat libre d’Orange, Amouage…) et celles plus pointues que nous sommes les seuls à proposer en Belgique (Zoologist perfumes, Imaginary authors, Santi Burgas, Map of the Heart…). Cela nous permet de répondre aussi bien aux attentes des ”novices” qu’à celles de véritables passionnés à la recherche de nouvelles expériences.

Ce que je préfère, c’est quand un amoureux du parfum me dit qu’il n’avait jamais senti telle ou telle création, c’est toujours un plaisir partagé. De plus nous avons également notre site de vente en ligne qui permet de rechercher les parfums par notes et affinités, c’est un outil qui plait beaucoup. Au final je dirais que conseils, écoute, mise en avant des belles matières et créativité sont les maîtres mots de notre philosophie !

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

QB : Les marques que je propose dans ma boutique sont toutes des coups de coeur. En plus de la qualité du parfum, j’accorde une grande importance à l’histoire et au concept car c’est là que la magie opère chez nos clients. J’essaie également de prendre en compte les goûts de ma clientèle en trouvant le juste équilibre entre expérimental et classique. On reçoit également pas mal de demande des clients pour retrouver leur marque préférée en boutique…malheureusement c’est difficile de contenter tout le monde, mais on y travaille!

Un ou des coups de cœur cette année ?

QB : Mortel de Trudon qui est probablement l’un de mes parfum préféré de notre sélection. Une véritable décoction d’encens mystiques et d’épices qui me transcende à chaque fois ! Plus récemment je suis également tombé amoureux de Désert suave de Liquides imaginaires, un véritable oriental mélancolique! J’attends impatiemment de le recevoir en boutique.

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?

QB : Actuellement, je porte Musc Tonkin de Marc-Antoine Corticchiato (Parfum d’empire), que j’accompagne toujours d’une goutte de Rien (Etat libre d’Orange). Un cocktail détonant qui me protège du froid et me porte chance.

 .  

Informations pratiques

Liquides Confidentiels
12 rue Saint-Jean
5000 Namur
Belgique
Boutique ouverte du lundi au samedi, de 10h à 18h.
Tél. : 081/ 61 51 13
[email protected]

Retrouvez ici nos points de distribution en parfumeries, ainsi qu’une sélection de librairies.

Franco Wright (Lucky Scent) : “Je peux porter jusqu’à cinq parfums”

(Article in French and English)
Nez donne la parole aux parfumeries qui distribuent la version anglaise de notre revue. Deuxième étape de notre tour du monde : Lucky Scent à Los Angeles, USA.

(see the English version after the French part)

Cet entretien prolonge notre tour du monde des parfumeries de niche qui nous font le plaisir de distribuer la version anglaise (et parfois aussi française) de Nez. Pour cette deuxième étape, nous vous proposons une virée californienne, à Los Angeles, pour découvrir Lucky Scent en compagnie de Franco Wright. 

Comment êtes vous-entrés dans le monde du parfum?

C’était un peu par accident; mon associé Adam et moi avions lancé une agence de design en 1999, dans laquelle nous faisions principalement du web design et de la publicité. Étant donné que nous créions déjà des sites internet pour de nombreux clients, nous avons eu l’idée de créer notre propre site de e-commerce spécialisé dans le luxe. Au départ, j’ai suggéré un site avec exclusivement des sacs à main, des chaussures et des parfums… Mais Adam m’a ramené à la réalité, et nous avons décidé de nous consacrer aux parfums. L’une de nos inspirations a été l’Eau de Cologne Comme Des Garçons qui était justement introuvable sur le net, et nous avons commencé à partir de là. Notre tout premier client était notre livreur FedEx !

Quelles sont, selon vous, les spécificités de votre boutique?

Notre objectif était de créer une boutique de parfums à la fois accueillante et passionnante, un lieu où l’on voudrait flâner, découvrir les parfums et discuter. Nous avons finalement réussi à créer une joyeuse communauté, dans un lieu où l’on ne pousse pas à l’achat.

Comment sélectionnez-vous les marques que vous vendez dans votre boutique ?

C’est toujours une question compliquée, il n’y a pas de réponse facile ! Chaque marque que nous choisissons doit généralement respecter une multitude de critères. Chaque année, on assiste à la création de nombreuses marques, ce qui rend le choix d’autant plus difficile.

Avez-vous eu un ou plusieurs coup(s) de coeur cette année ?

MEM de Bogue Profumo est spectaculaire, et Nuit de Bakélite est une interprétation révolutionnaire de la tubéreuse.
J’ai également un faible pour toutes les créations de Comme Des Garçons, donc avoir leurs rééditions en magasin est une joie.

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?

Je suis entouré de parfums toute la journée, je sens et essaye des dizaines de parfums qu’on nous propose; donc j’ai tendance à porter ce que j’ai en face de moi sur le moment, parfois

Je peux porter jusqu’à cinq parfums. En revanche, le soir et le week-end, j’ai besoin d’une pause et c’est à ces moments là qu’opère le charme de Molecule 01 d’Excentric Molecules.

Qu’est-ce qui vous a convaincus de distribuer la revue “Nez”?

Tout d’abord, le design de la revue est magnifique : les illustrations, la typographie… C’est ce qui m’a attiré dans un premier temps, mais le contenu s’est avéré être passionnant ; je dis donc bravo à la rédaction de Nez pour ce travail incroyable !

Comment vos clients y réagissent-ils?

Nous avons rapidement écoulé notre première commande, sans même annoncer officiellement que nous distribuions Nez. Je dirais donc  que les clients sont très enthousiastes !

Franco Wright and Adam Eastwood, founders of Lucky Scent

English version

Franco Wright (Lucky Scent) : “I tend to wear what’s in front of me at that moment; sometimes it can be as many as 5 different fragrances”

This interview continues our world tour of the niche perfumeries that honored us by becoming retailers of our magazine. For our third stop, we invite you to a Californian trip, to Los Angeles, to discover Lucky Scent with Franco Wright.

How did you get into the world of perfume?

It was a bit of an accident— both Adam (by business partner) and I had started a design agency back in 1999— mostly doing web design and advertising. So this idea came about doing an luxury site “on the side” and since we were building sites for so many clients— why not try our hand at e-commerce? Initially I suggested a site focusing solely on handbags, shoes and perfumes…  but Adam brought me down to reality and we settled on fragrances… and interestingly enough one of the inspirations was a CDG eau de cologne that we couldn’t find online…. so it went on from there. Our very first customer was our Fedex delivery driver!

According to you, what are the specificities of your shop?

Our goal was to create a fragrance boutique both thrilling and inviting; a place you’d want to hang out and explore perfumes and enjoy conversation;  in turn we’ve created a really fun community in a setting free from pushy sales tactics.

How do you choose the brands that you sell in your shop?

That’s always a hard question, there is no easy answer! Every brand we choose usually has to meet a multitude of criteria before we bring it in. Each year the market is getting more saturated so the curation process is becoming much more challenging.

Have you had any crushes this year?

Bogue’s MEM is spectacular.  Naomi Goodsir’s Nuit de Bakélite is a groundbreaking take on tuberose. And I have a soft heart for all things comme des garçons, so having their re-releases back in stock is a real joy.

What perfume do you wear today?

Being around fragrance all day long… smelling and testing dozens of submissions, I tend to wear what’s in front of me at that moment; sometimes it can be as many as 5 different fragrances.  But at night and on weekends… I need a break and that’s where Molecule 01 works its charm.

What made you choose to sell “Nez” in your shop?

First, the magazine is beautifully designed…. the illustrations, typefaces… that’s what drew me in; but the content turned out to be the real treat; so I say bravo to the Nez team for incredible work!

How do your customers react to it?

We’ve quickly sold out of our first order – without formally announcing Nez.  So I’d say… it’s going GREAT!

Tracy Tsefalas, André Gooren (Fumerie Parfumerie) : “Nous recherchons des créations inspirées qui mettent l’accent sur la qualité et le savoir-faire.”

(Article in French and English)
Nez donne la parole aux parfumeries qui distribuent la version anglaise de notre revue. Première étape de notre tour du monde : Fumerie Parfumerie à Portland, USA.

(see the English version after the French part)

Cet entretien initie notre tour du monde parfumeries de niche qui nous font le plaisir de distribuer la version anglaise (et parfois aussi française) de Nez. Pour cette première halte, nous vous proposons un petit tour outre-Atlantique, à Portland (Oregon), à deux pas de la frontière canadienne, pour découvrir Fumerie Parfumerie en compagnie de Tracy Tsefalas et d’André Gooren.

 

Fumerie Parfumerie – ©Katherine Butler

 

Comment êtes-vous entrés dans le monde du parfum ?

Tracy :

Mes premières expériences avec le parfum étaient de simples essais de mélanges d’huiles essentielles, lorsque j’étais adolescente. Mon premier grand pas dans le monde du parfum a seulement eu lieu après mon mariage. La famille de mon mari possédait une boutique de parfums spécialisée dans les maisons classiques telles que Guerlain ou Caron. J’ai commencé à travailler avec mon beau-père, un homme adorable, passionné par le parfum. J’étais ravie d’avoir l’opportunité de passer plus de temps avec lui. Sa passion et son enthousiasme ont fini par me faire découvrir un tout nouvel univers, et au fur et à mesure que je travaillais avec le parfum, j’enrichissais mes connaissances. La découverte d’Habanita de Molinard a été un moment crucial pour moi. Cette découverte a changé mon rapport au parfum, qui s’est muté en véritable passion. Je me suis éprise du parfum et ne l’ai plus jamais quitté.

 

André :

Je suis tombé la tête la première dans le monde du parfum après avoir essayé de racheter un flacon que l’on m’avait offert. Après qu’un employé mal informé d’un grand magasin m’a dit que le parfum n’était plus commercialisé, je me suis lancé dans une recherche acharnée qui a fini par me mener à des forums de passionnés de parfums, qui m’ont fait découvrir un tout nouveau monde. J’ai commencé à collectionner les parfums et à faire des échantillons de tout ce que ce que je pouvais trouver. Cependant, ma vraie passion s’est avérée l’histoire et la généalogie du parfum. J’ai passé les années suivantes à échantillonner des milliers de parfums vintage et à construire ma mémoire olfactive. J’ai finalement eu la chance de trouver un poste dans une petite boutique de parfums, où j’ai rencontré Tracy et les autres.

Tracy Tsefalas – Fumerie Parfumerie

 

Quelles sont, selon vous, les particularités de votre boutique ?

Tracy :

Nous avons créé un espace accueillant et chaleureux qui a l’esthétique d’une parfumerie européenne. Les bois nobles, les couleurs sombres… Notre intention n’était pas d’être simplement un distributeur de parfums, nous voulions offrir plus à nos clients, et faire de Fumerie un endroit dans lequel les passionnés de parfum pourraient se réunir. Ainsi, nous accueillons chaque mois des évènements qui vont de la simple découverte de nouveautés, à des rencontres avec les parfumeurs. Nous donnons également à nos clients accès à des matières premières et à des livres sur le parfum. Bien sûr Fumerie ne serait pas Fumerie sans ses experts en parfum. André et moi sommes toujours heureux de donner un coup de main, que ce soit en offrant nos recommandations ou en aidant quelqu’un à trouver un parfum spécifique. Notre expérience et nos connaissances font la particularité de Fumerie.

 

Comment faites-vous la sélection des marques que vous vendez dans votre boutique ?

Tracy :

Il est devenu évident au cours de ces dernières années que l’on trouvait une démarche artistique surtout dans les petites collections indépendantes, et ce sont ces dernières qui ont attiré notre attention. Au départ, nous avons contacté plus de quarante maisons que nous trouvions intéressantes, et leur avons demandé des échantillons afin de pouvoir explorer leurs créations en profondeur.
Nous recherchons des créations inspirées qui mettent l’accent sur la qualité et le savoir-faire.

 

Avez-vous eu un ou plusieurs​ coups de coeur cette année ?

Tracy :

Patchouly – Profumum Roma

Bornéo 1834 – Serge Lutens vintage

Bal à Versailles – Jean Desprez vintage

Baraonda – Nasomatto

Anubis – Papillon

 

André :

New Sibet – Slumberhouse

Folie à Plusieurs – Duke of Burgundy

J’ai Osé – vintage extrait

Cuir Cannage – Dior

Voulez-vous – d’Orsay extrait vintage

 

 

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?

André :

Diorella – Dior vintage eau de toilette et Mystère – Rochas vintage eau de toilette

Tracy :

New York – Nicolaï vintage eau de toilette

 

Qu’est-ce qui vous a convaincus de distribuer la revue “Nez”?

André :

Notre amie Angela Sanders avait reçu un exemplaire des deux premiers numéros de Nez après avoir écrit un article dans le troisième (NDLR : Le portrait de la marque Arquiste). Elles nous les a amenés et nous avons immédiatement accroché. J’ai passé des heures à lire ce que je pouvais en français et à traduire le reste avec Google Traduction. Pendant des années, Tracy et moi avons été à la recherche d’un magazine sur le parfum, et Nez est exactement ce que nous recherchions, même plus. Les articles sont magnifiquement écrits, ils sont surprenants et poussent à la réflexion. Un des aspect non négligeable de cette revue est qu’elle s’attaque à de grands thèmes; par exemple, le dossier spécial du dernier numéro s’appelle “Le sexe des odeurs” et aborde “le genre, la séduction, et l’attirance olfactive à travers l’histoire, le marketing, anthropologie, la sociologie, et la biologie”. Le fait de parler du parfum comme de quelque chose qui est digne de réflexion, et non comme d’un simple accessoire de beauté, nous a profondément touchés. Après tout, Fumerie a été fondé sur les mêmes principes.

Que pensent vos clients de Nez ?

La réaction à Nez a été phénoménale. Nous avons épuisé les stocks de notre première commande en quelques jours et la demande des clients ne diminue pas. Chaque client qui tombe sur le modèle d’exposition en boutique finit par prendre son propre exemplaire. Il y en a vraiment pour tous les goûts dans Nez : des articles informatifs aux splendides illustrations en passant par les éditoriaux.

 

English Version

Tracy Tsefalas, André Gooren (Fumerie Parfumerie) :  “We look for inspired creations that focus on quality and skill.”

This interview launches our world tour of the niche perfumeries that honored us by becoming retailers of our magazine. For this first stop, we invite you to cross the Atlantic (remember, we are in France!), to Portland (Oregon), near the Canadian border, to discover Fumerie Parfumerie with Tracy Tsefalas and André Gooren.

 

How did you get into the world of perfume?

Tracy:

My early experiences with fragrance did not extend beyond experimenting with a few essential oil combinations as a teenager. My first real à foray into fragrance did not occur until after I was married. My husband’s family owned a perfume shop that specialized in classic houses such as Guerlain and Caron. I began working alongside my father-in-law, whose passion for perfumery was matched only by his kindness. I was thrilled to have the opportunity to spend more time with him. His passion and excitement eventually opened my eyes to an entirely new world and as I spent more time working with fragrance, my own knowledge began to blossom. The discovery of Habanita by Molinard was a pivotal moment for me. It was the point at which my relationship with fragrance grew into a full-blown passion. I was hooked and I have been working in the fragrance industry ever since.

André:

I tumbled headfirst into the world of perfume after attempting to replace a bottle of perfume that I had received as a gift. After being told by an ill-informed department store clerk that the fragrance was discontinued, I embarked on a journey that ultimately led me to online fragrance forums and opened up a whole new world for me. I began collecting fragrances and voraciously sampling anything I could get my hands on. However, my real passion ended up being fragrance history and genealogy. I spent the next several years sampling thousands of vintage fragrances and building my olfactory memory. I was eventually fortunate enough to find a job at a local fragrance boutique where I met Tracy and the rest, as they say, is history.

 

According to you, what are the specificities of your shop?

Tracy:

We created a welcoming, cozy space that has the aesthetic of a European parfumerie. The rich woods, dark colors and Our intention was never to be simply a retail store—we always wanted to offer more and to make Fumerie a place where fragrance enthusiasts could gather. To that end we host monthly events ranging from fragrance swaps to meet and greets with perfumers. We also offer our customers access to a library of aroma chemicals and books about fragrance. Of course, Fumerie wouldn’t be Fumerie without fragrance experts—André and me are always happy to lend a hand whether that means offering our recommendations or helping someone find a specific fragrance. Our experience and knowledge make Fumerie what it is.

 

How do you choose the brands that you sell in your shop?

Tracy:

It became very evident in the last number of years that the artistry was in these small independent fragrance lines and those are the lines that drew our attention. When we were first getting started we contacted over forty houses that we found of interest and asked for samples in order to further explore these scents. We look for inspired creations that focus on quality and skill.

 

Have you had any crushes this year?

Tracy:

Patchouly – Profumum Roma

Bornéo 1834 – Serge Lutens vintage

Bal à Versailles – Jean Desprez vintage

Baraonda – Nasomatto

Anubis – Papillon

 

André:

New Sibet – Slumberhouse

Folie à Plusieurs – Duke of Burgundy

J’ai Osé – vintage extrait

Cuir Cannage – Dior

Voulez-vous – Parfum d’Orsay extrait vintage

 

What perfume do you wear today?

Tracy:

New York – Nicolaï vintage eau de toilette

 

André:

Diorella – Dior vintage eau de toilette et Mystère – Rochas vintage eau de toilette

 

What made you choose to sell “Nez” in your shop?

André:
Our good friend Angela Sanders received copies of the first and second editions of Nez after contributing an article for publication in the third edition (Angela wrote the portrait of the brand Arquiste). She brought them in and we were immediately smitten. I spent hours reading what I could of the French and translating the rest with Google translate. For years, both Tracy and I have been on the lookout for a fragrance magazine and Nez is everything we were looking for and more. The articles are beautifully written, thought-provoking and surprising. Perhaps most importantly, Nez tackles big topics; for instance, the special feature in the most recent issue is called The Sex of Scent and tackles “gender, seduction and olfactory attraction through the prism of history, marketing, anthropology, sociology, and biology.” The decision to present fragrance as more than a beauty accessory—as something worthy of intelligent discussion—spoke to us on a visceral level. After all, Fumerie was founded on the same principles.

 

How do your customers react to Nez?

The reaction to Nez has been phenomenal. We sold out of our initial order in a few days and customer demand hasn’t shown any sign of slowing. Everyone who thumbs through the in-store copy ends up taking their own copy home. There really is something for everyone in Nez: from the informative reviews to the gorgeous infographics to the in-depth special features.

Fumerie Parfumerie

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Anne Péricard, (parfumerie Qu’importe le flacon à Montpellier) : “J’ai suivi ma passion d’enfant”

Anne Péricard, créatrice de la boutique Qu’importe le flacon à Montpellier nous emmène dans son univers et nous présente quelques coups de coeur.

Dans la lignée de nos entretiens de l’été consacrés aux parfumeries qui distribuent la revue Nez, nous vous proposons de découvrir la parfumerie Qu’importe le flacon située à Montpellier. Anne Péricard, sa créatrice, nous ouvre ses portes et nous donne ses coups de cœur de l’année ! 

2016-11-26

 

Comment êtes vous arrivée dans le monde du parfum? 

Difficile à dire, j’y suis depuis toujours, finalement. Je ne suis pas d’une famille de parfumeurs, loin de là, mes parents étaient kiné et infirmière, mais j’ai toujours été fascinée par cet univers. Comme beaucoup de gens j’imagine, mais moi, j’ai suivi ma passion d’enfant.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?
Le conseil et l’écoute, mais surtout la simplicité, il ne faut pas se prendre au sérieux quand même… Et la petite taille, j’ai 20m² et je ne veux pas plus…

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?
Il faut que ce soit innovant, pas une énième resucée de ce qui existe déjà, et ça c’est plus compliqué. Je ne serais pas contre prendre d’autres marques, mais ce que je sens me rappelle toujours ceci ou cela… à bon entendeur !

Un ou des coups de cœur cette année ?
Limanakia, de Parfumerie Générale ! Puissance, odeur marine sans tomber dans la calone, du volume, mais fond très boisé aussi. Étonnant, solaire d’une certaine façon !

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?
Musc tonkin de Parfum d’Empire, j’ai du mal à m’en défaire ! 🙂 

 

Serge Laugier (parfumerie Le Paravent à Lyon) : “J’ai imaginé cette adresse cossue et relaxante dédiée aux voyages olfactifs.”

Serge Laugier, le créateur de la parfumerie Le Paravent à Lyon, nous emmène dans un beau voyage olfactif et nous parle de sa passion et de ses coups de cœur.

serge LaugierPour ce septième rendez-vous de notre série de l’été consacrée aux parfumeries qui distribuent notre revue, nous vous proposons de découvrir la parfumerie Le Paravent à Lyon. Serge Laugier, son créateur, nous emmène dans un beau voyage olfactif et nous parle de sa passion et de ses coups de cœur.  

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Les parfums et les arômes ont tenu une place importante dans mon enfance et mon adolescence. Mon père a longtemps travaillé pour une grande maison viticole de la vallée du Rhône, et j’ai moi-même suivi une formation hôtelière m’offrant l’accès aux restaurants et hôtels les plus prestigieux. Mes meilleurs souvenirs de cette époque sont presque tous rattachés aux parfums et aux saveurs. Puis, après une belle carrière de directeur commercial, j’ai décidé en 2011 d’ouvrir ma boutique de décoration à Lyon. J’ai ainsi découvert la manufacture Cire Trudon et ses merveilleuses bougies parfumées. Le coup de foudre fut immédiat et le succès aussi ! Comme une évidence, j’ai ensuite orienté mon activité sur la parfumerie alternative et c’est une merveilleuse histoire qui se poursuit !

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

Niché au cœur de la presqu’ile dans le quartier des galeries d’Art, j’ai imaginé cette adresse cossue et relaxante dédiée aux voyages olfactifs. Le Paravent propose des marques qualitatives et presque toutes françaises. Le plaisir de recevoir des visiteurs « passionnés des parfums » m’offre souvent de merveilleuse rencontres, de belles émotions ! Récemment, un site de vente en ligne en lien avec les réseaux sociaux vient d’être lancé, c’est un prodigieux outil pour créer des liens et garder le contact avec nos clients !

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

La sélection est l’aboutissement d’une passionnante réflexion d’équipe. C’est un peu comme lorsque l’on tombe amoureux ! Il y a d’abord le coup de cœur lors de la découverte de la gamme des parfums, puis de la démarche et de l’histoire que véhicule la marque. Le feeling avec les créateurs, les nez et les équipes commerciales est aussi très important. Puis s’ajoute une réflexion moins émotionnelle et plus stratégique : que va apporter cette nouvelle marque à notre clientèle ? En quoi est-elle unique (et donc précieuse) ? Comment la présenter au mieux dans la boutique ? Mon but est de proposer une sélection aussi riche que possible dans laquelle chaque client pourra se reconnaître.

Un ou des coups de cœur cette année ?

La Cologne nocturne de la belle maison Le Galion m’a ébloui par sa mystérieuse élégance ! Une eau de parfum hespéridée aux notes boisées et aromatiques absolument addictive ! Mais je retiens aussi L’Île Pourpre, la dernière création de Liquides imaginaires. Un parfum d’une belle complexité, admirablement équilibré, qui évoque si bien les notes fruitées et les épices boisées d’une île fabuleuse…

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, je porte 1270 de Frapin qui me fait retrouver la période olfactive de mon adolescence ! Une pure merveille avec ses arômes d’oranges confites, de miel et de fleurs de vigne, réchauffées par l’immortelle, une vraie dégustation olfactive ! Une création absolument enivrante. Mais je porte souvent Année Folles de La Parfumerie Moderne. Tellement chic et pourtant loin d’être classique avec ses accords subtils de patchouli, de lavande et de géranium… une réussite totale imaginée par Marc-Antoine Corticchiato !

Propos recueillis par mail le 14 août 2016

Vous pouvez également relire les entretiens Auparfum parus pendant l’été 2015 avec Jovoy, Sens UniqueLiquides, Haramens et Marie-Antoinette

Franck et Hugo (parfumerie Oriza L. Legrand Parfums, à Paris) : “Notre magasin est une machine sensorielle à remonter le temps !”

Notre série estivale d’entretiens avec les parfumeries de niche dépositaires de Nez se poursuit avec cette fois la marque Oriza L. Legrand. Franck et Hugo ont bien voulu répondre à nos quelques questions… tout en facétie !

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Franck : J’étais passionné par les créateurs de parfum et les petites maisons confidentielles. Mes recherches historiques à l’aide des archives de la Maison Oriza L. Legrand m’ont permis de mieux appréhender l’univers de la parfumerie. J’espérais qu’un jour ma passion puisse se muer en une participation active…

Hugo : Formé voilà 20 ans (!) à «  L’école » de l’Artisan Parfumeur pendant mes études commerciales en alternance, mon intérêt pour le parfum, « le beau » en général et l’Histoire en particulier, s’est aiguisé au fil de mes expériences professionnelles dans de grandes et petites structures. Après toutes ses années d’apprentissage, la Maison Oriza L. Legrand réunit tous mes centres d’intérêt : le parfum, l’art et l’histoire.

 

Oriza L. Legrand

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

Un bond en arrière de 100 ans, visuellement et olfactivement, avec cette caractéristique que nos parfums anciens sont d’une modernité incroyable. Les clients sont à l’unanimité transportés à La Belle Epoque ou dans les Années Folles dès qu’ils franchissent le pas de la porte. Notre magasin est une machine sensorielle à remonter le temps! Le calme y règne au cœur de l’un des quartiers les plus dynamiques de la capitale. Ici point de luxe tapageur et de lignes épurées… Nous avons pris le parti de l’échoppe accessible et du mobilier chaleureux, en associant l’ Art-déco à l’ Art-Nouveau avec cette touche rococo typiquement Belle Epoque.

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

Seule notre Maison de Parfums est représentée dans notre magasin mis à part quelques accessoires complémentaires au parfum et qui se parfument : écharpes tricotées-main dans les Cévennes, faux-cols, manchettes, nœuds papillon parisiens et mouchoirs lyonnais… Tous les accessoires sélectionnés ou conçus pour nous sont fabriqués artisanalement en France avec cette éthique qui caractérise la Maison Oriza L. Legrand. Les artisans, les matières, la qualité et l’intemporalité les caractérisent. [N.D.L.R. : Eh bien sûr, Nez est également dans la boutique !]

Un ou des coups de coeur cette année ?

 Doux Songe de Gueldy… Ah ? Non nous ne sommes pas en 1911 ??? … Alors un  Oriza L. Legrand  quelle que soit la création!

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? 

FranckVilla Lympia, qui évoque le sable chaud et les embruns… Idéal pour seul vêtement en cette période.

Hugo : Cuir de L’Aigle Russe qui est mien parce que si éloigné de tous les Cuirs de la parfumerie: aromatique, fleuri et si évocateur de la Russie des Tzars!

Propos recueillis par mail le 27 juillet 2016

Vous pouvez également relire les entretiens Auparfum parus pendant l’été 2015 avec Jovoy, Sens Unique, LiquidesHaramens et Marie-Antoinette

Charlotte Châtelet (parfumerie La Maison du Parfum à Rennes) : “Aimer le parfum, c’est aimer la vie !”

Charlotte Chatelet, de la Maison du Parfums à Rennes, qui deviendra en octobre la Maison Orso, nous fait partager sa passion pour le parfum et ses récents coups de cœur.

Nous pouLa maison du parfumrsuivons notre série de l’été des parfumeries qui nous font le plaisir de distribuer notre revue. Pour ce cinquième rendez-vous, après la côte basque, retour en Bretagne avec Charlotte Châtelet, de la Maison du Parfums à Rennes, qui deviendra en octobre la Maison Orso. Elle nous fait partager sa passion pour le parfum et ses récents coups de cœur.

Comment êtes-vous arrivée dans le monde du parfum ?

Toute petite c’est ma grand mère maternelle qui me gardait, elle était passionnée par les parfums et en était une grande consommatrice, de ce fait je l’accompagnais très souvent en parfumerie (à l’époque traditionnelle) et chez Patchouli lorsqu’elle faisait ses achats (Arpège, Poison, Byzance ou Balahé entre autres), mon premier parfum était Sculpture de Nikos.

Ma maman collectionne les flacons et poudriers anciens qu’elle déniche dans les brocantes, donc j’ai toujours vu à la maison des parfums de toutes sortes (l’odeur des fonds de flacons anciens : un régal !)

J’ai toujours été fascinée par cet univers, par le langage olfactif, les émotions qui en émanent alors que nous sommes sur du non palpable, comme je le répète souvent à mes clients. Je suis passionnée par les odeurs, c’est fou la bibliothèque olfactive que l’on peut enregistrer dans notre mémoire ! Je pense qu’aimer le parfum, c’est aimer la vie et être épicurien. Après des études professionnelles en communication, j’ai fait une formation en Parfumerie Cosmétique à Rennes car l’envie était trop forte, et je suis rentrée chez Estée Lauder, quelques années plus tard j’ai ouvert ma boutique.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

J’essaye de proposer un luxe décontracté, d’aborder le sujet avec professionnalisme et simplicité. Pour moi le parfum est relié à pleins d’univers : la mode, le design, la musique, la gastronomie… on peut donc avoir des sujets d’échanges incroyables avec les gens à partir d’une fragrance. Je dirais que c’est un mini marché cette boutique ! Le problème c’est que j’aime tellement de choses qu’il n’y a plus de place !

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

À vrai dire, le choix ne se fait jamais seul, Lila ma sœur qui travaille avec moi depuis peu est passionnée par les accords poivrés, cuirés, et moi par les colognes. Nous faisons participer également Monsieur M. ma moitié, ou Stéphane mon meilleur ami qui est un grand perfumista. Lorsque nous choisissons une nouvelle maison nous nous demandons : à qui allons nous la proposer, comment en parler, l’histoire et la démarche de la maison…

Également lorsque je voyage je vais dans toutes les parfumeries, boutiques, concepts stores à la rencontre de mes confrères afin d’échanger sur le sujet et découvrir de nouvelles marques.

Un ou des coups de cœur cette année ?

Plusieurs !

Pour Lila :

Monsieur. de Bruno Jovanovic aux éditions Frédéric Malle, un patchouli un peu terreux et sirupeux à la fois !

Murmure des Dieux d’une nuit à Bali qui aurait presque l’odeur de la mine de crayon. C’est un parfum exceptionnellement charnel sur la peau.

Pour moi :

Il n’est pas nouveau mais je reste admirative d’Imperial Tea chez By Kilian par Calice Becker, on a l’impression de déguster une tasse de thé au jasmin avec ce petit fond amer ! Absolument incroyable

Et Shameless Seducer de Malbrum (une maison qui va venir prochainement à la boutique), un accord musc-iris-mimosa. Curieux et génial !

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? 

Il faut savoir que la semaine je me parfume peu, voire pas du tout, j’aime bien être neutre, olfactivement parlant,  à la boutique afin d’être entièrement disponible pour la personne que j’accompagne dans sa quête du graal olfactif. Voici mes 5 amours : Colonia Assoluta d’Acqua Di Parma, Zagara de Santa Maria Novella, Escale à Portofino de Dior,  le N°22 de Chanel et White patchouli de Tom Ford.  Aujourd’hui c’est Zagara une cologne qui magnifie la fleur d’oranger.

 

Propos recueillis par mail le 28 juillet 2016

Vous pouvez également relire les entretiens Auparfum parus pendant l’été 2015 avec Jovoy, Sens Unique,Liquides, Haramens et Marie-Antoinette

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Paul-Henri Franzone (la parfumerie Autrement à Bayonne) : ” Notre mission ? Trouver votre propre parfum, qui correspond à votre personnalité, à votre peau, à vos envies…”

Paul-Henri Franzone, de la Parfumerie Autrement à Bayonne, a en effet bien voulu répondre à nos questions estivales. Parfumerie hybride, elle propose aussi bien des parfums de niche que mainstream. Et bien sûr, vous y trouverez également Nez !

Quelques jours après avoir publié les réponses malouines d’Alan Malgorn, nous nous tournons vers un littoral plus méridional, le Pays Basque. Paul-Henri Franzone, de la Parfumerie Autrement à Bayonne, a en effet bien voulu répondre à nos questions estivales. Parfumerie hybride, la Parfumerie Autrement propose aussi bien des parfums de niche que mainstream. Et bien sûr, vous y trouverez également Nez !

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Je suis tombé dans le monde du parfum bébé. J’ai d’ailleurs cassé beaucoup de miniatures puisque mon père les collectionnait et j’avais interdiction de les toucher, vous savez tous ce qui est interdit… En effet mon papa est pharmacien et parfumeur et tout naturellement mes études supérieures se sont passées dans l’univers de la parfumerie de luxe.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

La caractéristique principale de notre parfumerie est l’humain, mes collaboratrices sont expertes dans la parfumerie de niche, le maquillage et le soin. Elles sont formées le plus souvent possible, notre boutique en elle-même est un mélange de parfumerie traditionnelle avec des marques comme Chanel, Guerlain, Sisley, Hermès et de parfums dits de niche moins distribués : Editions de Parfums Frédéric Malle, Houbigant, Orto Parisi, Jean Desprez, Tom Ford, Nasomatto, Lubin, Etat Libre d’Orange, Annick Goutal, Acqua Di Parma…

Notre mission est de trouver votre propre parfum, qui correspond à votre personnalité, à votre peau, à vos envies du moment, bref un vrai moment de partage…

Parfumerie Autrement - Bayonne

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

Nous choisissons nos marques en fonction de leurs originalités, leurs tenues et de la personnalité de leurs créateurs. Nous allons à Milan, à Florence [N.D.L.R. : respectivement les salons Esxence et Pitti Fragranze], à Paris dans les salons appropriés pour nous tenir constamment à la page.

Un ou des coups de cœur cette année ?

Mon coup de cœur de l’année il y en a plusieurs !

S’il fait très chaud  je porte plutôt Eau de rhubarbe écarlate d’Hermès, à la fois amer et désaltérant il est pour moi la plus belle fragrance de l’été. Je porte aujourd’hui Quercia d’Acqua Di Parma magnifique invitation au voyage rempli de caractère…

L’hiver je peux mélanger Cologne bigarade de Frédéric Malle  et Habit rouge Dress Code de Guerlain. La première remplie d’agrumes et de fraicheur et la seconde plus enveloppante et chaude, un mélange subtil et plein de force pour les journées parfois pluvieuses en pays basque…

Propos recueillis par mail le 24 juillet 2016

Vous pouvez également relire les entretiens Auparfum parus pendant l’été 2015 avec Jovoy, Sens Unique, Liquides, Haramens et Marie-Antoinette

Alan Malgorn (parfumerie Charriou à Saint-Malo) : “Mon grand plaisir… passer mes journées à sentir, découvrir de nouvelles marques, de nouvelles créations”.

Nez a interrogé l’inénarrable Alan Malgorn, de la parfumerie Charriou à Saint-Malo. Il nous raconte sa passion pour le parfum et ses récents coups de coeur.

Parfumerie CharriouPour ce troisième rendez-vous estival avec ces parfumeries qui font vivre le parfum (et incidemment, distribuent notre revue), Nez a interrogé l’inénarrable Alan Malgorn, de la parfumerie Charriou à Saint-Malo. Il nous raconte sa passion pour le parfum et ses récents coups de coeur.

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

J’ai toujours été passionné par le milieu de la parfumerie, bercé par les parfums de ma mère (First, Arpège, Dune….). Je collectionnais les publicités de magazines, les miniatures. A l’âge de choisir mon orientation professionnelle j’ai d’abord voulu me tourner vers le métier de nez mais malheureusement à l’époque une mauvaise orientation et surtout un niveau faible en physique chimie ont eu raison de mon rêve.

Je me suis donc lancé, j’avoue un peu à contre-cœur dans le commerce mais avec un peu de chance et de culot (un garçon en parfumerie était plutôt rare à l’époque). J’ai commencé en parfumerie à l’âge de 15 ans d’abord en stage et ma patronne me faisant confiance me fit monter les grades au fur et à mesure de mes études pour finir responsable de boutique. Cette année cela fait 22 ans que j’ai commencé dans le secteur.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

Tout d’abord une équipe fidèle et soudée, un esprit familiale dans l’accueil et le conseil ainsi qu’une sélection équilibrée entre parfumerie mainstream et parfumerie de créateurs.

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

En premier lieu, par la découverte de marques, de créations au gré de mes escapades parfumées et recherches tous azimuts. Je sens les créations et si la marque me touche par son discours, par ses pépites olfactives alors je fais découvrir mes recherches au reste de l’équipe.

Si la majorité de mes drôles de dames adhèrent à l’univers olfactif alors nous débutons le partenariat.

Un ou des coups de cœur cette année ?

J’ai eu en effet quelques coups de cœur tout en sachant qu’il y a un nombre assez considérable de parfums que je n’ai pas pu découvrir. Mon grand plaisir : passer mes journées à sentir, découvrir de nouvelles marques, de nouvelles créations.

  • Murmure des dieux de Une nuit a Bali et sa remarquable retranscription des offrandes balinaises en parfum. Un réel parfum de voyage.
  • Chypre 21 de James Heele, un Chypre moderne et totalement androgyne.
  • Tabac tabou de Parfum d’Empire et son sublime travail sur le Tabac.
  • Infusion mimosa de Prada, un parfum doux et solaire. Je l’avoue, j’affectionne particulièrement le travail du nez maison, Daniela Andrier.
  • Close up la prochaine création d’Olfactive Studio avec son ambre addictif.

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? 

Je change tous les jours. Aujourd’hui je porte Lavande Velours  de n-cigale avec Anice d’Etro. Je suis dans ma phase de superposition de parfums. J’aime la facette savon de Marveille lavandé de N-cigale et la note anisée du parfum de chez Etro.

Propos recueillis par mail le 23 juillet 2016

Vous pouvez également relire les entretiens Auparfum parus pendant l’été 2015 avec Jovoy, Sens Unique, Liquides, Haramens et Marie-Antoinette