Le pouvoir des odeurs, par Annick Le Guérer et Jean-Charles Sommerard

Une conférence organisée avec Jean-Charles Sommerard et Annick Le Guérer, anthropologue et historienne spécialiste du parfum et des odeurs, sur l’utilisation contemporaine des parfums qui peuvent avoir des finalités thérapeutiques.

Le Domaine de la Roche-Jagu, site culturel et paysager, reconnu pour son patrimoine historique et naturel, a initié un partenariat avec Jean-Charles Sommerard, bâtisseur d’arômes, artiste de la parfumerie française et créateur chez Sevessence. De cette rencontre émane le parfum d’ambiance « Glaz de La Roche-Jagu » en vente à la boutique du Domaine.

Afin d’évoquer cette collaboration et d’en savoir plus sur « le pouvoir des odeurs », une conférence est organisée avec Jean-Charles Sommerard et Annick Le Guérer, anthropologue et historienne spécialiste du parfum et des odeurs ; sur l’utilisation contemporaine des parfums qui peuvent avoir des finalités thérapeutiques.

Le pouvoir des odeurs : protéger et guérir.

Les bonnes odeurs des plantes aromatiques ont été chargées pendant des siècles de combattre les maladies. Aujourd’hui, elles entrent à nouveau dans les hôpitaux et des parfumeurs attentifs à la santé proposent des parfums. Une odeur, un parfum, des liens étroits que l’odorat entretient avec les zones du cerveau liées à l’affectivité et à la mémoire, sont à même de faire ressurgir en nous des émotions.

Réservation obligatoire au 02 96 95 62 35 (jauge limitée)
Plein tarif : 5 € / pers. Tarif réduit : 3 € / pers.

Les réservations non retirées ne sont plus garanties 15 minutes avant le début annoncé de la
manifestation.

Les parfums et la toilette au temps de madame de Maintenon, par Annick Le Guérer

Une profusion de fragrances imprègne littéralement la haute société française du XVIIe siècle.

Cette imprégnation touche aussi bien les pratiques d’hygiène publique que la toilette et la beauté au sens le plus large du terme. Elle va de la désinfection des maisons, au lavage du corps et au parfumage des vêtements, du chapeau jusqu’aux chaussures, en passant par les chemises, les pourpoints et tous les accessoires de l’élégance : perruques, mouchoirs, objets de toilette, éventails, bijoux.

Une profusion de fragrances imprègne littéralement la haute société française du XVIIe siècle.

Cette imprégnation touche aussi bien les pratiques d’hygiène publique que la toilette et la beauté au sens le plus large du terme. Elle va de la désinfection des maisons, au lavage du corps et au parfumage des vêtements, du chapeau jusqu’aux chaussures, en passant par les chemises, les pourpoints et tous les accessoires de l’élégance : perruques, mouchoirs, objets de toilette, éventails, bijoux.

À un parfumage de surface, d’élégance et de représentation sociale vient s’ajouter un parfumage prophylactique et thérapeutique des profondeurs.

C’est à ce double titre que madame de Maintenon prescrira un usage régulier du parfum à ses petites pensionnaires de Saint-Cyr. Le parfum est omniprésent à cette époque, au point qu’au XVIIIe siècle, on parlera dans toute l’Europe de Versailles comme de « La Cour parfumée ».

Des parfums de l’époque, reconstitués par le parfumeur Dominique Ropion d’IFF, d’après des recettes originales, seront présentés pour l’occasion !

Nez, la revue… de presse – #3 – Où l’on apprend qu’obésité et dépistage des maladies peuvent aussi n’être que des histoires de flair

Au menu de notre revue de presse, pourquoi l’odeur du goudron mouillé peut être relaxante, le mouvement #metoo vu par l’industrie du parfum, et la future ligne beauté de Hermès.

Vous qui lisez Nez le savez déjà, mais il est toujours bon de le rappeler : notre odorat a une influence considérable sur notre existence, odeurs et parfums exerçant sur nous leurs pouvoirs. Le Figaro s’intéresse ainsi aux odeurs pouvant favoriser la relaxation et le bien-être. Un effet connu depuis l’Antiquité. Le kyphi, un des plus célèbres parfums égyptiens, était déjà utilisé pour détendre, rappelle l’historienne et anthropologue Annick Le Guérer. Aujourd’hui, notre connaissance du cerveau valide le bien-fondé de cette pratique. « Les bonnes odeurs sont traitées par une zone – le cortex olfactif, en particulier l’amygdale – qui contient énormément de neurones qui traitent les émotions, explique Roland Salesse, ancien directeur du laboratoire de neurobiologie de l’olfaction à l’Inra. Quand on sent ces « bonnes odeurs », le circuit du plaisir, du bien-être, est activé ». De quoi expliquer pourquoi une odeur de tarte aux pommes ou de goudron mouillé, selon nos souvenirs olfactifs, ont le pouvoir de faire baisser la fréquence de notre respiration et la température de notre peau, signe de calme.

Comment les odeurs agissent sur le cerveau et nous procurent du plaisir, c’est précisément la sujet de thèse de Laura Chalençon – autrement dit « Mécanismes neuronaux responsables de la valeur hédonique des odeurs et ses altérations au cours du vieillissement ». La doctorante en neuroscience à l’université Lyon 1 participe au concours « Ma thèse en 180 secondes », et Lyon Capitale relaie sa vidéo de présentation, avec pour mot d’ordre : « Prenons du plaisir ! ». (Non sans opportunisme, rappelons que le thème du dossier central du numéro 6 de Nez était précisément consacré à l’influence des odeurs sur le corps et l’esprit.)

Laura Chalençon © Aurélien Idéale

Les odeurs ont le pouvoir de nous donner du plaisir, mais peut-être aussi… de nous faire grossir. Selon une étude récente réalisée par l’université de Berkeley, des souris soumises à un régime « fast food » avec un odorat normal voient leur poids doubler, alors que celui de leurs congénères privées d’odorat n’augmente que de 10%. Et quand les premières perdent à leur tour leurs capacités olfactives pour les besoins de la science, leurs poids diminue. L’odorat influerait non seulement sur l’appétit, mais aussi sur le métabolisme. L’anosmie, remède contre l’obésité ? Il faut rappeler que les troubles de l’olfaction sont aussi associés à des phénomènes d’anxiété voire de dépression.

Toujours dans le domaine de la médecine, les odeurs ont un autre pouvoir qui intéresse la recherche : celui de permettre le dépistage de certaines maladies, comme certains cancers. Des chercheurs de l’université de Manchester ont mis en évidence 17 molécules odorantes marqueuses de la maladie de Parkinson, d’après une étude parue dans la revue ACS Central Science. Pour ces travaux, ils ont collaboré avec Joy Milne, une Écossaise à l’odorat particulièrement développé, dont le mari est mort de la maladie de Parkinson, et qui a permis d’identifier l’odeur de la maladie dans un échantillon de patients. Une piste sérieuse pour développer une méthode de détection précoce, simple et rapide.

Dans le secteur du luxe, parfums et cosmétiques ont un autre pouvoir : celui de représenter d’importants relais de croissance. Hermès lancera en 2020 une ligne beauté incluant maquillage et soins en plus de la gamme parfums existante. En 2014, la division Parfums avait amorcé une diversification via le lancement de parfums pour la maison et d’une ligne de produits pour le bain, rappelle Fashion Network.

Un pouvoir que le parfum n’a pas, relève Fragrantica, ou pas encore, c’est celui de traduire le mouvement féministe né de #metoo. Du nouvel Interdit de Givenchy à Twist de Miu Miu, publicités et jus qui revendiquent sans cesse irrévérence et transgression se cantonnent à un conformisme qui confine au conservatisme. « Il semble que la lutte pour les droits des femmes soit plus un prétexte pour vendre un idéal féminin que pour servir une quelconque diversité », souligne Miguel Matos.

De diversité, il est en revanche de plus en plus question concernant les modes d’application du parfum, note Le Temps. Si depuis les années 80 et la disparition progressive des extraits de parfum, le spray est roi, les versions concentrées présentées sous forme de roll-on gagnent du terrain depuis deux ans. Petit format à petit prix et objet nomade, il colle à de nouveaux usages, selon le quotidien suisse.

Comte de Grasse

Autre grande tendance répondant à une nouvelle demande : celle des parfums naturels. « Bien conscientes que les filles sont de plus en plus réticentes à l’idée d’appliquer des matières inconnues sur la peau, les maisons de parfums sont nombreuses à jouer la carte du green » , nous dit Vogue. L’occasion d’évoquer notamment la ligne de colognes du Couvent des Minimes, qui a refondu son offre l’année dernière pour proposer des créations 100% vegan et composées à 98% d’ingrédients d’origine naturelle.

C’est peut-être l’amorce d’une future tendance : une distillerie, Comte de Grasse, s’est installée dans la capitale du parfum distinguée par l’Unesco, à l’emplacement d’une ancienne usine de parfums. Déjà commercialisé, son premier produit, le gin 44°N est créé à l’aide de techniques d’extraction traditionnelles de la parfumerie, combinées à des technologies de distillation modernes (distillation sous vide et utilisation d’ultrasons). Une démarche qu’on peut rapprocher de celle de la Distillerie de Paris, qui vient de lancer une gamme d’eaux de parfum travaillées à partir de coupes de distillation de rhum, de whisky ou de gin.

Et c’est ainsi que les mouillettes ne servent pas qu’à déguster les œufs !

Jardins des cloîtres, Jardins des princes… Quand le parfum portait remède

Cette exposition propose de découvrir les parfums thérapeutiques du Moyen Âge au XVIIIe siècle, reconstitués à l’occasion par Daniela Andrier et Dominique Ropion.

Dès le Moyen Âge, les jardins des cloîtres et les jardins des princes accueillent les plantes nécessaires à l’élaboration des remèdes et des compositions odorantes qui constituent jusqu’au XIXe siècle l’essentiel de la pharmacopée.

L’histoire des jardins est aussi celle des plantes et des remèdes au cœur de la pharmacopée antonine. Ainsi, en l’abbaye de Saint-Antoine, les jardins sont une ressource essentielle pour l’élaboration de remèdes.

Ce parcours propose de découvrir de manière ludique les parfums thérapeutiques du Moyen Âge au XVIIIe siècle. Les dix-sept fragrances recréées par Daniela Andrier (Givaudan) et Dominique Ropion (IFF) permettent, en trois espaces dédiés, de remonter le fil d’une histoire universelle.

Commissaire de l’exposition : Annick Le Guérer, docteur en anthropologie, spécialiste du parfum.

L’olfaction, un sens mal aimé – Week-end Théma “Mémoire et oubli”

Week-end Théma “Mémoire et oubli”
Conférence / Auditorium Thomas Jefferson
Entrée libre dans la limite des places disponibles

Dans le cadre de la Semaine de la Mémoire, action phare menée par l’Observatoire B2V des Mémoires, La Cité du Vin propose un week-end sur le thème de la mémoire et de l’oubli.

L’olfaction est un sens qui a mauvaise réputation. Souvent considéré comme sous-développé, notre nez est pourtant un organe important de notre corps qui peut réveiller des souvenirs ou permettre de reconnaître quelqu’un. Après une longue dévalorisation philosophique, morale, psychanalytique, l’odorat commence à investir de nouvelles places ou à réinvestir celles dont il avait été exclu. Notre époque qui accorde une grande attention au sensoriel et à l’émotion porte un vif intérêt à un sens relégué naguère au rang de parent pauvre.

Avec :

Annick Le Guérer, anthropologue, philosophe, historienne de l’odorat, de l’odeur et du parfum, LIMSIC – Université de Bourgogne
Roland Salesse, ingénieur agronome et chercheur en neurobiologie olfactive à l’INRA

La conférence sera suivie d’une séance de dédicaces à La Boutique de La Cité du Vin de 12h30 à 13h00.

« Faut-il sentir bon pour séduire ?» de Roland Salesse, éditions QUAE, prix : 23,50 €

“Mauvaises ou plaisantes, les odeurs nous renseignent en permanence sur notre environnement ; elles influencent nos comportements, nous émeuvent ou nous rappellent des souvenirs. Une visite guidée, ludique et pédagogique, de notre sens olfactif.”

« Les pouvoirs de l’odeur » de Annick Le Guérer, éditions Odile Jacob, prix : 24,90 €

“Quoi de plus mystérieux qu’une odeur, capable aussi bien d’attirer et de séduire que de provoquer d’irrésistibles réactions de dégout et de rejet !”

Conférence : Parfums de collection, collection de parfums, par Annick Le Guerer

Conférence donnée pour les Journées européennes du patrimoine, au musée Saint-Antoine l’Abbaye. Par Annick Le Guérer, docteur en anthropologie, et Martine Uzan, responsable de la collection Givaudan.

Conférence donnée à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, au musée Saint-Antoine l’Abbaye. Par Annick Le Guérer, docteur en anthropologie, spécialiste des parfums, et Martine Uzan, responsable de la collection Givaudan. Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.