« J’accorde une grande importance à l’histoire et au concept car c’est là que la magie opère chez nos clients » – Quentin Blyau, propriétaire de Liquides Confidentiels à Namur

Nez est allée à la rencontre Quentin Blyau, créateur de la parfumerie Liquides confidentiels à Namur, qui nous fait le plaisir d’être l’un des distributeurs de notre revue !

Parce que nous ne serions pas grand chose sans toutes les parfumeries – et les librairies – qui distribuent notre revue, nous avons décidé de leur donner la parole et de reprendre une série entamée l’an dernier. Honneur à une nouvelle venue dans le PPB (comprendre Paysage parfumé belge !) : Liquides confidentiels qui a vu le jour il y a peu, dans la ville Namur, à l’instigation de Quentin Blyau. 

NEZ : Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Quentin Blyau : Depuis la prime enfance, les odeurs occupent une immense place dans mon coeur. Chaque lieu, maison, boutique, théâtre, église étaient secrètement analysés, afin d’en imprimer les effluves dans ma mémoire. Mais le véritable déclic fut, quand chez ma tante, j’ouvrai la porte d’une salle de bain et fus hypnotisé par une baignoire remplie de vieux flacons de parfum Guerlain, Chanel, Givenchy… Je me souviens encore des heures passées à les humer un par un. C’est alors qu’est née une véritable passion pour les découvertes olfactives, et surtout,  j’ai su que j’en ferais ma profession. C’est donc après mes études de psychologie que j’ai décidé d’allier mes deux passions (la psychologie et la haute parfumerie) et d’ouvrir Liquides Confidentiels.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

QB : Premièrement sa localisation! Je déplorais le cruel manque de parfumerie spécialisée en Wallonie (partie francophone du pays) par rapport à l’offre bruxelloise et flamande. C’est pour cela que j’ai décidé de m’installer à Namur. Ensuite, ce qui caractérise  également Liquides Confidentiels c’est le panel des marques ; nous avons voulu trouver un juste équilibre entre des maisons reconnues (Goutal Paris, Juliette has a Gun, Trudon, The Different Company, Etat libre d’Orange, Amouage…) et celles plus pointues que nous sommes les seuls à proposer en Belgique (Zoologist perfumes, Imaginary authors, Santi Burgas, Map of the Heart…). Cela nous permet de répondre aussi bien aux attentes des ”novices” qu’à celles de véritables passionnés à la recherche de nouvelles expériences.

Ce que je préfère, c’est quand un amoureux du parfum me dit qu’il n’avait jamais senti telle ou telle création, c’est toujours un plaisir partagé. De plus nous avons également notre site de vente en ligne qui permet de rechercher les parfums par notes et affinités, c’est un outil qui plait beaucoup. Au final je dirais que conseils, écoute, mise en avant des belles matières et créativité sont les maîtres mots de notre philosophie !

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

QB : Les marques que je propose dans ma boutique sont toutes des coups de coeur. En plus de la qualité du parfum, j’accorde une grande importance à l’histoire et au concept car c’est là que la magie opère chez nos clients. J’essaie également de prendre en compte les goûts de ma clientèle en trouvant le juste équilibre entre expérimental et classique. On reçoit également pas mal de demande des clients pour retrouver leur marque préférée en boutique…malheureusement c’est difficile de contenter tout le monde, mais on y travaille!

Un ou des coups de cœur cette année ?

QB : Mortel de Trudon qui est probablement l’un de mes parfum préféré de notre sélection. Une véritable décoction d’encens mystiques et d’épices qui me transcende à chaque fois ! Plus récemment je suis également tombé amoureux de Désert suave de Liquides imaginaires, un véritable oriental mélancolique! J’attends impatiemment de le recevoir en boutique.

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?

QB : Actuellement, je porte Musc Tonkin de Marc-Antoine Corticchiato (Parfum d’empire), que j’accompagne toujours d’une goutte de Rien (Etat libre d’Orange). Un cocktail détonant qui me protège du froid et me porte chance.

 .  

Informations pratiques

Liquides Confidentiels
12 rue Saint-Jean
5000 Namur
Belgique
Boutique ouverte du lundi au samedi, de 10h à 18h.
Tél. : 081/ 61 51 13
[email protected]

Retrouvez ici nos points de distribution en parfumeries, ainsi qu’une sélection de librairies.

Cinquième Sens ouvre le premier laboratoire de parfumerie partagé

Le centre de formation dédié au parfum Cinquième sens ouvre le premier laboratoire de parfumerie partagé, qui offre un libre accès à des centaines de matières premières, pour travailler son odorat ou composer, que l’on soit professionnel ou amateur.

 
En plus de son catalogue de formations olfactives dispensées depuis 1976, Cinquième sens ouvre le premier espace de travail et de laboratoire partagés, dédié au parfum, que le public vient de découvrir à l’occasion d’une journée portes ouvertes pendant les Rives de la beauté. 

Juliana, Andresa et Mariana échangent ainsi leurs impressions autour de mouillettes embaumant l’absolue de rose damascena, l’essence de vétiver ou le n°5 de Chanel. Les trois Brésiliennes sont étudiantes pour devenir parfumeuses à l’Isipca (Institut supérieur international du parfum, de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire) : « Il faut bien réviser en attendant la rentrée », s’amusent-elles.

L’offre de base donne accès à un espace de coworking traditionnel, avec wifi et café Nespresso, et la possibilité de consulter le site de l’Olfathèque (la base de données maison qui répertorie parfums, matières premières, familles olfactives et parfumeurs). Une deuxième formule permet en outre de sentir 450 matières premières de la parfumerie et 550 parfums du marché, et de feuilleter 250 livres dédiés au parfum. Quant à la formule la plus complète, elle permet de travailler dans le fameux laboratoire partagé. Six postes de pesée, avec 80 matières premières incontournables en solution à 5% dans l’éthanol sur chaque poste, dont les qualités naturelles proviennent de la société Accords et parfums (plus 320 supplémentaires en libre service sur un stock commun), et tout le matériel et la verrerie nécessaire. « On dirait vraiment le laboratoire de l’école », juge Célia, 22 ans, étudiante en master Arômes et parfums à Montpellier, qui a fait spécialement le voyage à Paris pour la journée. « En ce moment, j’ai accès à tout ce qu’il me faut, mais quand j’aurai terminé mon Master l’année prochaine, ce ne sera plus le cas. C’est donc un endroit qui pourrait m’être très utile. »

Beaucoup de visiteurs du jour veulent faire de la création de parfums leur métier sans avoir de laboratoire à disposition et s’enthousiasment devant cette perspective nouvelle. « C’est très compliqué de se constituer un labo : il y a la question de la conservation des matières, les quantités à gérer, les commandes à passer… », énumèrent Béatrice Egemar, romancière passionnée de parfum et Stéphanie, ancienne évaluatrice en parfumerie, qui viennent de terminer une formation de designer olfactif chez Cinquième sens. « Pour l’instant, je travaille chez moi, c’est très cher d’avoir tout le matériel, et je peux vous dire que parfois ça sent fort, c’est difficile », ajoute Carole, qui se reconvertit. « J’ai suivi une formation ici pour devenir parfumeur-créateur l’année dernière, et revenir dans ce nouveau cadre me paraît la suite logique pour pratiquer et avoir un suivi au long cours. »

Jennifer, elle, a accès à toutes les matières premières et à tout le matériel nécessaire pour formuler en tant qu’étudiante à l’Isipca, mais voit ce laboratoire partagé comme un espace de liberté : « A l’école, on ne crée que pour être notés par les profs, tout est cadré, scolaire. Il n’y a pas d’espace pour exprimer sa créativité de manière personnelle, ce qui sera possible ici. »

L’esprit collaboratif du coworking est-il vraiment adapté au monde du parfum, traditionnellement décrit comme cultivant le secret et l’individualisme ? « Au contraire, c’est génial, il faut démystifier ce travail du parfumeur dans sa tour d’ivoire », s’exclame Gérald Ghislain, fondateur de la marque Histoire de parfums. « La nouvelle génération est davantage dans le partage. Un lieu de rencontre, c’est la chance de pouvoir donner et demander des conseils », estime Célia, l’étudiante de Montpellier. « C’est compliqué d’être seul quand on crée », renchérit Carole. « Travailler ici, ça peut aussi permettre des rencontres enrichissantes, et peut-être faire naître des projets. » La jeune femme échange déjà ses coordonnées avec Gwenaëlle, qui travaille dans la propriété industrielle dans le secteur du luxe.

Mais nul besoin d’être parfumeur ou d’aspirer à l’être pour venir comparer jasmin Sambac et jasmin Grandiflorum ou même les marier dans une composition de son cru. L’espace est également ouvert aux particuliers passionnés, puisqu’« on peut apprendre le piano sans pour autant vouloir être pianiste », souligne Isabelle Ferrand. Si aucun diplôme n’est requis, il vous faudra néanmoins réussir un test d’aptitude à la manipulation en laboratoire avant de pouvoir jouer au petit chimiste et peser vos formules.

Cinquième sens
16 rue de Monttessuy
75007 Paris
www.cinquiemesens.com/coworking

Le Grand Livre du parfum : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le parfum !

Entièrement illustré, Le Grand Livre du parfum est un ouvrage ambitieux et exigeant, mais à la portée du plus grand nombre, des passionnés comme des simples curieux.

Le marché de la parfumerie pèse en France plusieurs milliards d’euros, et lance chaque année quelque 2 000 nouvelles références dans le monde.

Entre ses campagnes publicitaires à gros budget, ses égéries bankable, ses champs de fleurs – à Grasse, si possible – et ses parfumeurs-créateurs œuvrant mouillettes sous le nez et regard à l’horizon, le parfum semble avoir trouvé la recette pour nous faire rêver. Mais qui sait vraiment comment, où et par qui sont fabriqués les parfums ?

En dehors de communications souvent superficielles ou réductrices, l’industrie du parfum cultive depuis longtemps un goût certain pour le secret et un talent pour entretenir le mystère.

De quoi les parfums sont-ils composés ?
Qui sont les parfumeurs et comment travaillent-ils au quotidien ?
Que se passe-t-il entre la naissance de l’idée dans l’esprit d’un dirigeant, d’un chef de produit ou d’un créateur de mode, et la mise en rayon d’un nouveau flacon ?
Quelles différences existe-t-il entre une marque populaire distribuée à grande échelle et une maison confidentielle présente dans une poignée de boutiques ?
Une fois lancé, comment un parfum survit-il aux années ?

Pour la première fois, un livre – conçu par le collectif Nez – vous propose de répondre à toutes ces questions que vous n’aviez jamais osé poser. Découvrez l’histoire de la parfumerie au fil des siècles, suivez étape par étape la chaîne de conception et de fabrication d’un parfum et explorez les coulisses d’une industrie complexe, mais aussi en pleine mutation.

Entièrement illustré, Le Grand Livre du parfum est un ouvrage ambitieux et exigeant, mais à la portée du plus grand nombre, des passionnés comme des simples curieux. Le ton volontairement transparent et pédagogique combat les clichés, les idées reçues, et va à l’encontre des discours parfois intimidants ou nébuleux.

En vente sur www.legrandlivreduparfum.com

« SMELL-X, The Smell Translator » : les odeurs ont-elles une forme ? (French/English)

Les odeurs ont-elles une forme ? Do smells have shapes?

(see the English version after the French part)

Forum mêlant arts, sciences et festivités dans un esprit ludique et joyeux, le Figment Festival investissait il y a quelques semaines les immenses pelouses et les bâtisses abandonnées de Governors Island dans la baie de New York. Goûter des insectes, voyager dans la musique du cerveau, goûter des bonbons en se bouchant le nez, ou modeler des odeurs, voilà le genre d’expériences auxquelles les visiteurs ont notamment pu se confronter grâce au collectif Guerilla Science.

Si tout cela se déroulait dans l’ambiance colorée d’une kermesse d’école, le propos n’en était pas moins sérieux. Gérant la confiserie ? Des chercheuses du Monell Chemical Senses Center de Philadelphie, d’ordinaire plus occupées à tenter d’identifier le gène responsable de l’anosmie à la naissance qu’à distribuer des friandises sur un stand de foire. Et aux manettes du laboratoire de parfums ? Olivia Jezler, fondatrice de Future of Smell, et Ugo Charron, jeune parfumeur originaire de Sancerre travaillant désormais aux côtés de Christophe Laudamiel entre New York et Berlin.

Les odeurs ont-elles une forme ? C’est la question à laquelle l’expérience olfactive Smell-X tentait de répondre à travers une narration dystopique et un décor de science- fiction. Imaginez : dans un futur proche le sens de l’odorat a presque entièrement disparu. Seuls quelques individus possèdent encore la capacité de sentir. En quête d’une traduction visuelle et tactile des senteurs, des chercheurs invitent donc les derniers détenteurs d’un odorat à modeler des formes à partir d’odeurs. En pénétrant dans le laboratoire de Smell-X, les visiteurs étaient ainsi accueillis deux par deux par une laborantine (la comédienne Géraldine Dulex) les invitant à sentir un parfum avant de donner naissance à une forme en moins de 30 secondes.

Si l’objectif principal de Smell-X était de déterminer la manière dont le cerveau associe formes et odeurs, l’expérience lève aussi le voile sur l’anosmie et ses conséquences. Si l’on demande aux gens de quel sens ils se passeraient le plus volontiers, une grande majorité choisit l’odorat. Pourtant la perte de l’odorat peut avoir des conséquences importantes telles que la perte de l’appétit, de la libido, une tendance à la dépression ou encore une incapacité à détecter certains dangers comme un incendie, une fuite de gaz ou un aliment avarié. « L’objectif de Smell-X était d’utiliser les principes du design spéculatif pour créer un monde de fiction dans lequel les gens seraient amenés à réfléchir à l’importance des odeurs et des correspondances trans-modales, à travers une vraie participation » explique Olivia Jezler qui a fondé l’expérience sur son article publié en 2016 par le SCHI Lab de l’Université du Sussex.

Lors d’un premier essai auprès d’enfants, la chercheuse avait utilisé l’odeur du citron et de la vanille mais les résultats avaient été peu concluants : les enfants reconnaissaient les odeurs et tentaient de les illustrer littéralement en modelant des citrons ou des cônes de glace. Les parfums composés pour Smell-X étaient donc volontairement plus abstraits. « J’ai pensé la forme pointue en terme de verticalité en utilisant des matières premières agressives, droites, directes et montantes—limette aiguisée et citron de Sicile, baies roses et poivre Sichuan pour les épices froides, petit grain agressif et aldéhydes fusants. Pour la forme ronde, j’ai travaillé avec une sensualité confortable, horizontale avec des courbes et de la profondeur—muscs doux, lactones enrobantes, jus de coco, touches de vanille, pétales d’ionones aux facettes de violette. J’ai aussi essayé d’approcher les deux créations avec une idée de température : chaude pour la ronde, froide pour la pointue » explique Ugo Charron qui s’est inspiré d’une précédente étude réalisée par le Professeur Charles Spence du Crossmodal Lab de l’Université d’Oxford. Il avait alors été établi que les odeurs du citron et du poivre étaient associées à des formes angulaires, tandis que la framboise et la vanille étaient associées à des formes arrondies.

Cette fois les résultats de Smell-X sont sans équivoques, les formes modelées par les cobayes étant nettement distinctes en fonction des deux parfums: rondes, douces, plate et dense pour l’un, longues, verticales, pointues et aiguisées pour l’autre. Une participante aveugle notamment, a sans hésité modelé une forme verticale dotée de piquants pour illustrer l’odeur pointue, ce qui laisse présager de possibles applications auprès des malvoyants. Si les mécanismes exacts de ces correspondances restent encore à déterminer, « il est intéressant de noter que dans toutes les cultures, même indigènes, on retrouve les mêmes correspondances cross-modales. » commente Olivia Jezler.

A l’avenir, la chercheuse aimerait étendre l’expérience de Smell-X à d’autres sens dans l’idée de créer une base de données pour les chercheurs et les designers. Les résultats pourraient ainsi être utilisés pour élaborer des moyens de communication non-verbale fondés sur l’analogie et la synchronie des stimuli, allant de l’usage thérapeutique au design de produits en passant par la création d’environnements émotionnellement chargés où les odeurs et les formes se combineraient pour un effet optimal (réconfortant à l’hôpital ou dynamique sur un lieu de travail par exemple). Un vaste champ des possibles ouvert par la simple rencontre d’un nez et d’un peu de pâte à modeler !

Pour en savoir plus sur le travail d’Olivia Jezler : https://www.psfk.com/2018/06/interview-olivia-jezler-future-of-scent.html 

« SMELL-X, The Smell Translator » The shapes of smells (English part)

A few weeks ago the Figment Festival took over the vast lawns and abandoned buildings of Governors Island in the bay of New York with various art installations, performances and scientific activities. Tasting insects, traveling in the music of the brain, eating jelly beans without breathing or shaping smells, these are the kind of experiences that were offered by the Guerilla Science collective in the midst of this festive event. And if the whole thing looked like a colorful school fair, it was nonetheless all very serious. Working at the jelly beans stand? Researchers from the Monell Chemical Senses Center of Philadelphia, usually busier trying to identify the missing gene responsible for anosmia. Managing the smell laboratory? Olivia Jezler, founder of Future of Smell, and Ugo Charron, a young perfumer from Sancerre (France) now working with senior perfumer Christophe Laudamiel between New York and Berlin.

Do smells have shapes? This is what the Smell-X olfactory experiment was aimed to determine through dystopian storytelling and a science-fiction setting. Imagine: in a not-so-distant future, the sense of smell has almost entirely disappeared. Only a few individuals still retain the ability to smell. In their search for a visual and tactile translation of fragrances, scientists are inviting the lastsmellers to create shapes based on smells. While entering the Smell-X laboratory, visitors were greeted by the head of the lab (actress Géraldine Dulex) who encouraged them to smell a scent and then shape a ball of clay in less than 30 seconds.

If the main objective of the experiment was to study the way our brain matches shapes and smells, it also highlighted anosmia and its consequences. When asked which sense they would live without, most people decide they would give up smell. Yet losing the sense of smell can have very important implications such as loss of appetite and libido, a tendency to depression, and the incapacity to detect some dangers like a fire, a gas leak or rotten food. “The goal of Smell-X was to use principles of speculative design to create a fictional world where people would be asked to think about the importance of smell and learn about cross-modal correspondences, through participation” explains Olivia Jezler who based the experiment on her 2016 study for the SCHI Lab at the University of Sussex.

The first prototype of the experiment using the smells of lemon and vanilla with children was rather disappointing, Olivia recalls: “The kids were thinking very literally. When they smelled lemon they instantly recognized it and modeled a lemon, and when they smelled vanilla they made ice cream cones or flowers”. The two perfumes composed for Smell-X were therefore more abstract. “I imagined the pointy shape in
terms of verticality using straight, direct, aggressive raw materials—sharp lime and Sicilian lemon, pink and Sichuan peppers for cold spices, petitgrain and aldehydes. For the round shape I worked with a comfortable sensuality, horizontal, with curves and depth—soft musk, lactones, coconut juice, a dash of vanilla, and ionone petals with violet facets. I also tried to approach both creations with the idea of temperature: warm for the round, cold for the other” explains Ugo Charron, whose scent compositions were partly inspired by a previous study by Professor Charles Spence from the Crossmodal Lab at Oxford University who discovered that the smells of lemon and pepper were associated with angular shapes, while raspberry and vanilla were associated with rounded shapes.

This time the results of the Smell-X experiment proved more compelling. Visitors created remarkably distinct and abstract shapes for each scent: rounded, flat, soft, and dense for one, long, vertical, pointy, and dispersed with spikes for the other. Interestingly enough, even the blind person who did the experiment translated the “spiky” scent into a vertical tower with spikes on top, which might indicate promising applications for the visually impaired. “What’s fascinating, adds Olivia Jezler, is that across cultures, even in indigenous cultures, we can find the same cross-modal correspondences.

Looking ahead Olivia Jezler wishes to extend Smell-X to other senses in order to generate “a cross-sensory database that designers could use to design more immersive experiences”. The results could thus be used to elaborate means of non-verbal communication based on the analogy and synchrony of various stimuli, from product design to therapeutic uses, or even the creation of emotionally charged environments in which smells and shapes would be combined to ensure optimum effect (comforting in a hospital, dynamic in a work place, etc). That’s what happens when a curious nose meet a ball of clay!

To learn more about Olivia Jezler’s inspiring work : https://www.psfk.com/2018/06/interview-olivia-jezler- future-of-scent.html

Crédits photo: Timothy Woo

Mathilde Laurent : « Je voulais créer un parfum chimique avec une impression de parfum du XIXe siècle » (Auparfum)

S’il existe un parfumeur qui a exploré de manière approfondie et presque expérimentale la notion de naturel et de synthétique en parfumerie, c’est bien Mathilde Laurent. Avec L’Heure perdue, lancée en 2015 au sein de la collection « Les Heures de Cartier », elle a non seulement proposé une création unique et engagée, mais a surtout rendu un bel hommage à l’utilisation de la synthèse en parfumerie. Entretien.

S’il existe un parfumeur qui a exploré de manière approfondie et presque expérimentale la notion de naturel et de synthétique en parfumerie, c’est bien Mathilde Laurent. Avec L’Heure perdue, lancée en 2015 au sein de la collection « Les Heures de Cartier », elle a non seulement proposé une création unique et engagée, mais a surtout rendu un bel hommage à l’utilisation de la synthèse en parfumerie. Entretien.

La suite de l’entretien est à lire sur Auparfum

Le Grand Musée du parfum ferme ses portes

La nouvelle est tombée aujourd’hui : l’institution privée, dédiée au parfum depuis décembre 2016, ferme ses portes.

La nouvelle est tombée aujourd’hui : l’institution privée, dédiée au parfum depuis décembre 2016, ferme ses portes. Le communiqué, assez laconique, ne donne aucune information sur les raisons de cette fermeture, qui selon nos informations serait due à des difficultés financières provoquées par des dépassements de budget lors de la création du musée.

Selon les administrateurs du musée, l’exploitation elle-même se serait révélée positive et le musée aurait rencontré son public, aussi bien constitué de Parisiens que de touristes. Pour autant, l’institution, en déficit dès 2017, n’a pu surmonter son handicap “de naissance”.

Nous regrettons bien sûr cette fermeture, et espérons aussi et surtout qu’elle ne laissera pas le doute planer sur la nécessité – et la possibilité – de développer et faire prospérer des initiatives culturelles liées au parfum.

La newsletter du Grand Musée

Art and Olfaction Awards, les gagnants 2018

Samedi 21 avril dernier se tenait à Londres, dans le quartier de Notting Hill, la cérémonie de remise des prix de la cinquième édition des Art and Olfaction Awards, organisée par The Institute for Art and Olfaction.

 

Samedi 21 avril dernier se tenait à Londres, dans le quartier de Notting Hill, la cérémonie de remise des prix de la cinquième édition des Art and Olfaction Awards, organisée par The Institute for Art and Olfaction. Cette association fondée par Saskia Wilson Brown et basée à Los Angeles contribue au rayonnement de la parfumerie indépendante et artisanale (très développée aux États-Unis) et des pratiques artistiques autour de l’olfaction, à travers des ateliers, des conférences et des expositions.

Les Awards sont constitués de cinq remises de prix, dont trois récompensent des parfums (Indépendant, Artisan et Aftel – du nom de Mandy Aftel, parfumeur et fondatrice de la marque Aftelier et du musée Aftel Archive of Curious Scents, situé à Berkeley), un qui est attribué à un projet artistique (Sadakichi) et un dernier à une personne pour sa contribution à la culture olfactive.

Les marques envoient leurs soumissions à l’Institut, et deux premiers jurys sentent et sélectionnent des finalistes, qui seront ensuite évalués par un jury final. 

Les jurys sont composés de parfumeurs, journalistes, blogueurs, artistes de pays divers. Toute évaluation est effectuée en aveugle, uniquement accompagnée de petits textes d’intention, rédigés par les marques, qui peuvent aider à arbitrer leurs choix (un parfum qui par exemple ne colle pas du tout à l’intention sera-t-il moins bien jugé qu’un autre ? C’est aux juges d’en décider !). À noter : pour les catégories Artisan et Indépendant, deux gagnants ex aequo sont attribués chaque année.

Pour ceux d’entre vous qui connaissent les prix de l’ Olfactorama, créés quelques années avant les Art and Olfaction Awards (notamment par Juliette Faliu,  Patrice Revillard  et Alexis Toublanc, également rédacteurs pour Nez), vous y verrez quelques points communs : l’indépendance et les évaluations à l’aveugle… et quelques différences, puisque l’Olfactorama ne se limite pas à la niche – où aucune distinction n’est faite entre les “artisans” des indépendants – mais couvre aussi le marché dit mainstream/sélectif. De plus, c’est le jury des six fondateurs de l’Olfactorama qui réalise la première sélection, tandis que les Art and Olfaction Awards reçoivent des parfums soumis par les marques elles-mêmes.

Prix Artisan : remis aux marques fondées par le parfumeur, qui a conçu et créé le parfum lui-même.

Chienoir de Bedeaux, une maison anglaise fonde par Amanda Beadle.

Club Design, par The Zoo, une marque fondée par le parfumeur et artiste français Christophe Laudamiel, qui vit à New York.

Prix Indépendant : attribué à des marques qui font appel à un parfumeur externe.

L’Eau de Virginie, par Au Pays de la fleur d’Oranger, créée par Jean-Claude Gigodot avec la fondatrice Virginie Roux.

Nuit de Bakélite de Naomi Goodsir, composé par Isabelle Doyen, avec la créatrice et Renaud Coutaudier. Nuit de Bakélite a également été récompensé quelques jours auparavant à l’occasion des Fifi Awards.

Prix Aftel : pour les parfums « entièrement faits à la main » 

Le prix a été attribué au parfum Pays Dogon, créé par Isabelle Michaud qui a fondé la marque Mon Sillage, à Montréal et qui avait déjà été récompensée en 2015 pour son Eau de Céleri.

Le prix Sadakachi pour l’oeuvre olfactive a été remis à Oswaldo Macia, un Colombien vivant à Londres, qui a conçu Under the Horizon, avec un parfum créé par le parfumeur Ricardo Moya (IFF).

Pour sa contribution à la culture olfactive, l’artiste belge Peter de Cupere s’est vu remettre le prix associé.

Appel aux marques françaises indépendantes et artisanales qui nous lisez : les sélections des Art and Olfaction Awards se faisant uniquement sur les échantillons envoyés dans les délais prévus, il ne faut pas hésiter à participer pour représenter la France lors de ces Awards !

Crédit photo : Marina Chichi

“Nous voulons transmettre un certain esprit de liberté” – Mélanie Mugnier, organisatrice de la Galerie olfactive à Grasse

Rencontre avec Mélanie Mugnier, organisatrice d’un nouvel événement dédié au parfum de niche, à Grasse : la Galerie olfactive.

Née dans une famille d’entrepreneurs et de publicitaires, grassoise de cœur, Mélanie Mugnier, s’installe dans la ville des parfums en 2015 où elle crée l’agence d’événementiel Nicom. Depuis, elle valorise le patrimoine, la création artistique et l’économie locale. Du 7 au 9 juin, elle organise un nouvel événement dédié au parfum de niche à Grasse : la Galerie olfactive. Rencontre.

 

Vous avez acquis l’ancienne maison d’arrêt de Grasse, pourriez-vous nous parler de ce lieu ?

En 2017, avec mon compagnon Grégory Routier, nous avons racheté ce bâtiment du XIXe siècle, fermé en 1992 et encore totalement “dans son jus”. Le lieu appartenait à l’État, notre projet a été retenu car nous avons toujours mis la dynamique artistique au cœur de notre projet de réhabilitation. Nous y accueillons des évènements déclinés sous forme de galerie : Galeries éphémères en 2017, Galerie olfactive en 2018…

 

Qu’entendez-vous par “Galerie olfactive” ?

C’est un événement qui se déroulera du 7 au 9 juin prochain. La Galerie olfactive mettra à l’honneur les marques de parfums de niche, une quarantaine d’entre elles auront leur propre cellule au sein de la prison. Dans ces cellules de 9 m2, ces marques pourront faire découvrir et vendre leurs produits. On y retrouvera entre autres Amouroud, Autour du Parfum, Elixir Création, Isabelle Burdel parfumeur créateur, Jeroboam, Jovoy, Neela Vermeire, L’Orchestre parfum, Rania J, Ulrich Lang New York, Perfumery Club Russia…

A quelques mètres de la prison, en plein centre ville, le palais des congrès de Grasse accueillera des écoles et formateurs de parfums : ASFO Grasse, Cinquième sens, l’ESP (École supérieure du parfum), l’Isipca (Institut supérieur international du parfum et de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire), l’Université Côte d’Azur et certaines maisons de compositions et de matières premières de la région.

 

En quoi la Galerie olfactive sera-t-elle artistique ?

C’est un vrai parti pris. En plus de la présentation et de la découverte de parfums, nous avons souhaité voir les plantes réinvestir un lieu clos pendant des années et qui enfermait des gens. La partie centrale de la maison d’arrêt va être transformée en grande serre florale et olfactive, et l’ensemble de la structure va être végétalisée. Nous voulons transmettre un certain esprit de liberté trois jours durant.

 

 

Végétaliser une maison d’arrêt, c’est un vrai challenge. À qui avez-vous fait appel pour cette réalisation ?

Antonia Requena, fleuriste à Grasse et propriétaire de Fleurs d’azur s’occupe de la mise en œuvre artistique. Elle sera accompagnée par de jeunes en réinsertion d’un CAPA Jardinier Paysagiste du centre de formation continue de Grasse, l’AFC Asprocep. Nous nous procurerons les plantes auprès de La Pépinière des Aspres. Nous avons toutes les ressources nécessaires à Grasse et c’est la carte que nous souhaitons jouer.

 

A qui s’adresse cet événement ?

Le public est triple : le grand public est invité à découvrir les marques de niche mises à l’honneur et des parfums uniques, présélectionnés par notre conseillère artistique Véronique Wittling.

Les étudiants et lycéens de la région qui souhaitent en savoir davantage sur les opportunités de formation en parfumerie post-BAC. Les marques de niche qui ne sont pas originaires de la région et souhaitent entrer en relation avec un nouveau public. Elles pourront également rencontrer les sociétés de matières premières et les maisons de composition grassoises pour leurs futurs développements de parfum.

 

 

Après la Galerie olfactive, que va devenir ce lieu ?

Il y a un manque drastique de logements étudiants à Grasse or la mairie a encouragé l’implantation d’écoles de parfumerie. Foqual – le Master professionnel de Chimie de Nice – a une antenne ici, l’ESP va faire sa première rentrée en septembre prochain mais ils n’ont pas assez d’hébergements. Nous entreprendrons des travaux de transformation en septembre 2018 et proposerons une quarantaine de studios pour la rentrée scolaire 2019. Pendant les vacances scolaires d’été, le lieu accueillera des résidences d’artistes avec exposition à la clé… la Galerie va donc se décliner encore sous de nombreuses formes !

Informations pratiques

La Galerie olfactive
Du 7 au 9 juin, à Grasse

Programme sur www.nicom-international.com/galerie-olfactive

A noter : Nez sera présent lors de l’événement, pour présenter une sélection de parfums de niche. Tous nos livres seront bien sûr disponibles sur notre stand !

Photos : Eléonore de Bonneval

Esxence, 10 ans de parfumerie indépendante (Auparfum)

Chaque année depuis 10 ans, le salon Esxence accueille à Milan plusieurs centaines de marques de niche, rassemblées durant quatre jours pour présenter leurs nouveautés. Distributeurs, propriétaires de boutiques, journalistes venus de tous les pays, et même le public milanais pendant deux jours, circulent dans ce vaste espace clos, saturé d’effluves, de talons aiguilles et de décors à dominante noir & doré, qui ressemble à la plus grande boutique de niche du monde.

La suite sur Auparfum.com

Esxence, pléthore de parfums rares !

Zoom sur le salon Esxence qui ouvre ses portes jeudi 5 avril. Entretien avec Silvio Levi (Esxence) et points de vue d’Anne-Cécile Pouant (Osmothèque), Luc Gabriel (The Different Company), Cécile Zarokian (Parfumeur indépendant).

La niche, la parfumerie artistique, la haute parfumerie, la parfumerie d’auteur, la parfumerie rare ou confidentielle… les qualificatifs varient, chacun a sa chapelle. Mais une chose est certaine, le phénomène de cette parfumerie (alternative ?) ne cesse de se développer et de faire les beaux jours du salon Esxence, initié il y a 10 ans par Silvio Levi (aussi propriétaire de la marque Cale fragranze d’autore et associé au sein de la parfumerie parisienne Nose). Pour y voir plus clair, nous lui avons posé quelques questions, ainsi qu’à quelques participants au salon… en attendant, nous-mêmes, d’y poser valises, magazines et livres !

Pourquoi avoir créé ce salon ?

Après le succès du salon Pitti Fragranze que j’ai fondé en 2003 [NDLR : Pitti Fragranze est un salon de parfums de niche organisé chaque année à Florence, en septembre], j’ai été le cofondateur de Masterpieces (2005-2008) à Bologne au sein du Cosmoprof [NDLR : salon international consacré à la beauté et qui se tient chaque année à Bologne] où nous – les distributeurs italiens comme Calé, Intertrade, Beautysan, Lorenzo Villoresi et quelques autres – pouvions donner l’impression que les marques elles-mêmes exposaient. Nous y avons organisé une sorte de lounge auquel seuls les visiteurs ayant reçu une invitation pouvaient se rendre.

Notre idée était de faire progressivement disparaître les distributeurs italiens au profit des marques elles-mêmes et des responsables export afin de ne pas faire un “Fraganze bis”. Il s’agissait aussi d’offrir au marché de la parfumerie artistique une plate-forme commerciale permettant aux opérateurs de se rencontrer, de créer des alliances et, ensemble, de promouvoir la culture du parfum.

En raison d’un manque de soutien de la part de la foire de Bologna et face la réticence des distributeurs nationaux devant leur mise à l’écart, j’ai annoncé au P-DG de Cosmoprof que j’abandonnais ce projet… et moins de 30 jours plus tard, nous créions Esxence à Milan. Nous étions en 2009.

Nous avons choisi Milan à cause des interconnexions aériennes, pour son infrastructure et la couverture médiatique qui rendaient l’accès aux visiteurs du monde entier beaucoup plus facile et plus “rentable”. Les petites marques encore à la recherche d’un réseau distribution auraient alors beaucoup plus de facilités et d’opportunités pour identifier de nouveaux partenaires.

Selon vous, quel est le plus grand accomplissement d’Esxence?

Sans aucun doute le sentiment d’appartenance entre les marques et les opérateurs, la prise de conscience d’une véritable communauté autour de la parfumerie artistique et de la réalité du business qu’elle engendre mondialement.

En outre, Esxence a donné la possibilité de mettre en relation directe les propriétaires de marque, les responsables export et les détaillants qui jusque-là n’avaient jamais eu l’occasion de se rencontrer et d’apprendre à se connaître. Cette proximité a beaucoup apporté dans la capacité des uns et des autres à identifier les partenaires les plus pertinents.

Notre salon a aussi donné la possibilité aux marques de n’avoir à prendre en charge qu’un seul salon par an tandis que leurs distributeurs italiens pouvaient eux s’occuper de la distribution au niveau local lors de Pitti Fragranze.

Esxence est désormais au cœur  des stratégies de marketing et de communication de l’ensemble de l’industrie du parfum. Chaque année, nous y offrons une plate-forme d’information, de débat, d’études qui réunit les acteurs et les influenceurs majeurs de notre industrie.

Quelles sont vos ambitions pour les dix prochaines années?

L’objectif principal d’Esxence-The Scent of Excellence- est de permettre à notre secteur de conquérir 1,5% du marché cosmétique dans le monde. Cela implique d’aider au développement d’un réseau de distribution qui ne représente pas plus de 5% des parfumeries dans chaque pays et qui devrait en compter près de 1 000 dans le monde. Il s’agit de permettre aux marques d’augmenter leur production à 10 000 pièces par référence produit tout en réduisant les coûts de production – sans limiter la qualité des matières premières et de la fabrication – et en maintenant une distribution strictement sélective.

Cet objectif est encore loin d’être accompli. Il est sûr que ce secteur ne peut que grandir pour la simple raison qu’il est corrélé à la croissance de la consommation de produits cosmétiques. En effet, cette augmentation exponentielle entraîne une plus forte demande, avec des répercussions positives sur l’industrie de la parfumerie artistique. Etant un marché de niche, cette parfumerie ressentira d’autant plus fortement une augmentation même faible du nombre de ses consommateurs.

Le départ progressif d’Esxence des moyennes et grandes marques de la parfumerie artistique n’est pas une limite per se et a une explication logique. D’une part, en s’exposant dans les allées du salon, les marques ayant un réseau de distribution solide et établi risquent d’être démarchées par des nouveaux détaillants qui ne les intéressent pas. Et si tel est le cas, elles préfèrent de toute façon rester discrètes !

D’un autre côté, tous les responsables des marques participent à Esxence en louant des appartements ou des suites pour leurs rendez-vous car tous les acheteurs et distributeurs viennent à Milan.

Notre prochain développement ? Un salon réservé aux marques approuvées par le comité technique, en tant que “Big Brand” et qui ne souhaitent pas exposer dans les travées du salon. Un espace auquel seules les personnes invitées pourront accéder.

Nous souhaitons aussi développer la présence sur Internet d’Esxence tout au long de l’année, avec des offres de services, des études, des bases de données, une bibliothèque en ligne, des vidéos d’ateliers et des webinaires [NDLR : séminaires disponibles sur Internet] contribuerait au développement d’une sorte de «Ministre de la Culture Olfactive». Il coordonnera et promouvra tous les événements : ateliers, écoles, musées ainsi que la coopération avec d’autres arts dédiés à la culture olfactive.

 

Plus d’informations :

Esxence – The Scent of Excellence
Milan – du 5 au 8 avril
Journées grand public : 7&8 avril


Ils participent à Esxence

Anne-Cécile Pouant, chargée de mission à l’Osmothèque, le Conservatoire international des parfums

“L’Osmothèque est présente tous les ans sur invitation des organisateurs d’Esxence pour présenter une sélection de parfums disparus de ses collections, ainsi que pour donner une conférence olfactive.

L’année dernière, nous avions présenté une conférence sur la parfumerie des années 70, l’année d’avant sur des Portraits de femmes parfumeurs, et encore avant une sur les beaux cuirs… Cette année, nous proposons la conférence hommage au Chypre de Coty avec un extrait de 100 ans de chypres en parfumerie que nous avions donnée en décembre à Paris. Ce sont toujours des osmothécaires (parfumeurs), qui connaissent bien la collection,  qui assurent ces conférences.

Comme vous avez pu le constater à Turin [NDLR : Lors du nouveau festival autour de l’olfaction lancé en février dernier par l’association Per Fumum, cofondée par Roberto Drago, par ailleurs distributeur de Nez italien], les Italiens sont un public très amateur de parfums, et très sensible au patrimoine, sous toutes ses formes. C’est culturel. Il est donc logique qu’il se passionne pour celui de la parfumerie !

L’Osmothèque n’ayant pas d’antenne en Italie, Esxence est l’occasion de faire venir l’Osmothèque pour la rendre accessible aux différents publics italiens (professionnels les premiers jours, mais aussi journalistes, bloggeurs, amateurs très éclairés et grand public le week end…) afin de présenter ce conservatoire unique au monde, et ses collections de parfums disparus, dont certains sont repesés sur formules d’origine, donc frais comme au premier jour de leur lancement… et que l’on ne sent nulle part ailleurs dans cet état de fraîcheur !

Pour nous, c’est également l’occasion de croiser un certain nombre de marques et de leur présenter l’Osmothèque, afin de les sensibiliser notamment au développement de la collection  partie « contemporaine », et de les inciter à l’enrichir avec leurs lancements. Pour soutenir notre action, nous évoquons également la nécessité pour toutes les marques de parfumerie de défendre la préservation et la transmission de leur patrimoine… en soutenant financièrement l’Osmothèque via l’adhésion à la Société des Amis de l’Osmothèque !

Comme vous le voyez, le programme est chargé pour nous à Esxence ! Et ce salon de grande qualité (organisation, programmation, exposants…) est tous les ans une formidable vitrine pour notre institution !”


Cécile Zarokian, parfumeur indépendant

Je vais à Esxence pour soutenir les lancements de mes clients, qui choisissent souvent de présenter leurs nouveautés à l’occasion de ce salon. Cela me permet de revoir beaucoup de marques, différents partenaires et journalistes réunis à Milan pendant 4 jours. Sans oublier la soirée à thème tant attendue, qui clôture Esxence dans une bonne ambiance festive !”

 


Luc Gabriel, directeur des marques The Different Company et Wide Society

“Esxence offre un focus sur la parfumerie alternative ou artistique : le large panel de marques permet une bonne vision de l’évolution du marché et attire les acheteurs du monde entier et de tous types (parfumeries, concept stores, department stores, réseaux). C’est pour nous cette année aussi l’opportunité de lancer notre deuxième marque  (Wide Society-Le Parfum en Liberté)  dans un contexte ad hoc et qualitatif.”