Nez, la revue… de presse – #3 – Où l’on apprend qu’obésité et dépistage des maladies peuvent aussi n’être que des histoires de flair

Au menu de notre revue de presse, pourquoi l’odeur du goudron mouillé peut être relaxante, le mouvement #metoo vu par l’industrie du parfum, et la future ligne beauté de Hermès.

Vous qui lisez Nez le savez déjà, mais il est toujours bon de le rappeler : notre odorat a une influence considérable sur notre existence, odeurs et parfums exerçant sur nous leurs pouvoirs. Le Figaro s’intéresse ainsi aux odeurs pouvant favoriser la relaxation et le bien-être. Un effet connu depuis l’Antiquité. Le kyphi, un des plus célèbres parfums égyptiens, était déjà utilisé pour détendre, rappelle l’historienne et anthropologue Annick Le Guérer. Aujourd’hui, notre connaissance du cerveau valide le bien-fondé de cette pratique. « Les bonnes odeurs sont traitées par une zone – le cortex olfactif, en particulier l’amygdale – qui contient énormément de neurones qui traitent les émotions, explique Roland Salesse, ancien directeur du laboratoire de neurobiologie de l’olfaction à l’Inra. Quand on sent ces « bonnes odeurs », le circuit du plaisir, du bien-être, est activé ». De quoi expliquer pourquoi une odeur de tarte aux pommes ou de goudron mouillé, selon nos souvenirs olfactifs, ont le pouvoir de faire baisser la fréquence de notre respiration et la température de notre peau, signe de calme.

Comment les odeurs agissent sur le cerveau et nous procurent du plaisir, c’est précisément la sujet de thèse de Laura Chalençon – autrement dit « Mécanismes neuronaux responsables de la valeur hédonique des odeurs et ses altérations au cours du vieillissement ». La doctorante en neuroscience à l’université Lyon 1 participe au concours « Ma thèse en 180 secondes », et Lyon Capitale relaie sa vidéo de présentation, avec pour mot d’ordre : « Prenons du plaisir ! ». (Non sans opportunisme, rappelons que le thème du dossier central du numéro 6 de Nez était précisément consacré à l’influence des odeurs sur le corps et l’esprit.)

Laura Chalençon © Aurélien Idéale

Les odeurs ont le pouvoir de nous donner du plaisir, mais peut-être aussi… de nous faire grossir. Selon une étude récente réalisée par l’université de Berkeley, des souris soumises à un régime « fast food » avec un odorat normal voient leur poids doubler, alors que celui de leurs congénères privées d’odorat n’augmente que de 10%. Et quand les premières perdent à leur tour leurs capacités olfactives pour les besoins de la science, leurs poids diminue. L’odorat influerait non seulement sur l’appétit, mais aussi sur le métabolisme. L’anosmie, remède contre l’obésité ? Il faut rappeler que les troubles de l’olfaction sont aussi associés à des phénomènes d’anxiété voire de dépression.

Toujours dans le domaine de la médecine, les odeurs ont un autre pouvoir qui intéresse la recherche : celui de permettre le dépistage de certaines maladies, comme certains cancers. Des chercheurs de l’université de Manchester ont mis en évidence 17 molécules odorantes marqueuses de la maladie de Parkinson, d’après une étude parue dans la revue ACS Central Science. Pour ces travaux, ils ont collaboré avec Joy Milne, une Écossaise à l’odorat particulièrement développé, dont le mari est mort de la maladie de Parkinson, et qui a permis d’identifier l’odeur de la maladie dans un échantillon de patients. Une piste sérieuse pour développer une méthode de détection précoce, simple et rapide.

Dans le secteur du luxe, parfums et cosmétiques ont un autre pouvoir : celui de représenter d’importants relais de croissance. Hermès lancera en 2020 une ligne beauté incluant maquillage et soins en plus de la gamme parfums existante. En 2014, la division Parfums avait amorcé une diversification via le lancement de parfums pour la maison et d’une ligne de produits pour le bain, rappelle Fashion Network.

Un pouvoir que le parfum n’a pas, relève Fragrantica, ou pas encore, c’est celui de traduire le mouvement féministe né de #metoo. Du nouvel Interdit de Givenchy à Twist de Miu Miu, publicités et jus qui revendiquent sans cesse irrévérence et transgression se cantonnent à un conformisme qui confine au conservatisme. « Il semble que la lutte pour les droits des femmes soit plus un prétexte pour vendre un idéal féminin que pour servir une quelconque diversité », souligne Miguel Matos.

De diversité, il est en revanche de plus en plus question concernant les modes d’application du parfum, note Le Temps. Si depuis les années 80 et la disparition progressive des extraits de parfum, le spray est roi, les versions concentrées présentées sous forme de roll-on gagnent du terrain depuis deux ans. Petit format à petit prix et objet nomade, il colle à de nouveaux usages, selon le quotidien suisse.

Comte de Grasse

Autre grande tendance répondant à une nouvelle demande : celle des parfums naturels. « Bien conscientes que les filles sont de plus en plus réticentes à l’idée d’appliquer des matières inconnues sur la peau, les maisons de parfums sont nombreuses à jouer la carte du green » , nous dit Vogue. L’occasion d’évoquer notamment la ligne de colognes du Couvent des Minimes, qui a refondu son offre l’année dernière pour proposer des créations 100% vegan et composées à 98% d’ingrédients d’origine naturelle.

C’est peut-être l’amorce d’une future tendance : une distillerie, Comte de Grasse, s’est installée dans la capitale du parfum distinguée par l’Unesco, à l’emplacement d’une ancienne usine de parfums. Déjà commercialisé, son premier produit, le gin 44°N est créé à l’aide de techniques d’extraction traditionnelles de la parfumerie, combinées à des technologies de distillation modernes (distillation sous vide et utilisation d’ultrasons). Une démarche qu’on peut rapprocher de celle de la Distillerie de Paris, qui vient de lancer une gamme d’eaux de parfum travaillées à partir de coupes de distillation de rhum, de whisky ou de gin.

Et c’est ainsi que les mouillettes ne servent pas qu’à déguster les œufs !

Une réflexion sur « Nez, la revue… de presse – #3 – Où l’on apprend qu’obésité et dépistage des maladies peuvent aussi n’être que des histoires de flair »

  1. je suis homéopathe depuis 35 ans, médecin généraliste À 5 km à l est de Paris, Un petit jardin qui embaume c’est mon coin de paradis, d’autant plus que la science fondamentale vient de nous apprendre que nous avons des récepteurs olf actifs sur tous nos gros organes
    C’est une vraie voie d’action en dilution infinitésimale , En cinq ch
    nous sommes à la même dilution qu’un parfum de rose dans ce cas Une molécule pour 5 millions d’autres dans l’air que nous respirons,C’est la même Dilution, qui agit par voie sublinguale Rosa Canina

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