Virginie Roux : « La Place veut donner du sens au parfum »

Rencontre avec Virginie Roux, créatrice d’un espace culturel dédié au parfum : La Place.

S’offrir un flacon d’une marque tellement niche qu’on ne la trouve nulle part ailleurs en France, assister à la performance d’une danseuse inspirée par des parfums, écouter une conférence sur les femmes parfumeurs, participer à une séance de méditation olfactive… Autant de possibilités offertes par La Place. Niché depuis septembre dans une rue discrète du quartier Montorgueil à Paris, cet espace hybride entre parfumerie, galerie d’art et espace de conférences a été imaginé par Emmanuel Pierre, architecte et designer, et Virginie Roux, fondatrice de la marque Au pays de la fleur d’oranger. Elle a répondu aux questions de Nez.

La Place, Art et parfum

Comment définissez-vous La Place ?

C’est une sorte d’incubateur pour des créatifs talentueux, mais aussi une galerie d’art, un think tank, un centre culturel et artistique… Notre concept est évolutif, comme une installation ! L’idée qui nous a guidés, c’est que l’union fait la force. Après avoir fondé ma propre maison, Au pays de la fleur d’oranger, je rencontrais beaucoup de petites marques sur des salons qui me disaient « J’aimerais avoir une boutique à Paris, mais c’est impossible ». Nous avons tous les mêmes problèmes de communication et de finance. Il faut donc mutualiser. J’ai décidé de créer ce lieu avec Emmanuel en se distinguant de ce qui existe déjà : nous ne sommes pas une simple parfumerie, mais nous voulons donner du sens au parfum. En le confrontant à divers arts (sculpture, peinture, photo, mais aussi danse, musique, poésie), et en organisant des événements autour de la culture olfactive, des conférences, des ateliers, des expositions, des vernissages… Cela fait de La Place un lieu de rencontre, un lieu pour être visible, pour s’exprimer, pour recevoir sa clientèle. De ces rencontres, il y a des projets communs qui naîtront. Nous essayons d’être une référence, « the place to be ». Notre concept hybride intrigue beaucoup de grandes marques qui viennent voir ce que nous proposons.

Quels sont les prochains événements à venir ?

Nos expositions durent à peu près un mois : après les œuvres de la sculptrice Cristina Marquès et du peintre Ray Renaudin consacrées à la vibration, nous accueillons à partir du 3 mars la photographe Anna Shumanskaia, qui a travaillé sur la nudité au féminin. L’exposition donnera lieu à des performances les 8, 16 et 21 mars.

Côté olfactif, dès le 6 mars, Eléonore de Staël, parfumeur qui avait remporté le premier concours Corpo 35 et qui travaille en 100% naturel, nous proposera une approche ludique sur le thème du voyage intérieur. Quelle résonance peut avoir le parfum dans notre quotidien ? Il y aura douze matières premières à découvrir, associées à certaines vertus (l’ancrage pour le vétiver, la joie pour l’ylang ylang…) et quatre créations d’Eléonore élaborées entre autres avec ces matières. Le jeu sera de retrouver quel parfum correspond à quelle vertu. Le 12 mars, sa mère, qui est professeur de yoga, animera une séance de méditation olfactive pour préparer le corps à recevoir le parfum.

Puis en mai nous avons prévu une exposition avec des œuvres de sept artistes dédiées à la fleur et au parfum, et une autre sur la Provence, ce qui permettra de parler de Grasse et du classement des savoir-faire liés aux parfums au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Et concernant les conférences ?

Nous recevrons à nouveau l’historienne Annick le Guérer, qui nous parlera des épices dans le parfum le 7 mars à 18h, et des routes de l’encens le 9 avril à 18h. Eléonore donnera pour compléter son exposition une conférence sur le parfum au naturel 9 mars à 18h. Jérôme Dinand nous apprendra tout sur l’Asie et l’art du flacon le 26 mars à 18h. Je précise que toutes nos conférences sont gratuites.

Comment êtes-vous arrivée dans le monde du parfum ?

Il a fallu tout un cheminement, parce que je suis juriste à la base ! D’ailleurs aujourd’hui je continue à conseiller des start up dans des domaines hors parfum, notamment tournées vers l’Afrique.

Mais ma famille était productrice de fleur d’oranger et de rose en pays grassois, et j’ai créé ma marque Au pays de la fleur d’oranger il y a vingt ans. Quand j’ai commencé, on me regardait avec de grands yeux : la tendance à l’époque était plutôt à la rose, et on parlait très peu de fleur d’oranger. Surtout, dans l’imaginaire de la plupart des gens, la Côte d’Azur, ça reste la lavande. Alors qu’elle pousse bien plus haut… Le pays de Grasse, ce sont plutôt les agrumes, le jasmin, la rose, le mimosa, l’oranger. Je voulais amener les gens dans ce terroir. Au début je faisais des cosmétiques, de l’alimentaire, puis j’ai lancé mes propres créations avec des parfumeurs, en gardant cette idée de mise en valeur d’un terroir, puis en menant une réflexion sur la filiation, à travers l’Eau de Madeleine, hommage à ma grand-mère, ou L’Eau de Gina, ma mère d’origine italienne. La thématique du droits des femmes et de leur liberté est aussi une constante, avec l’Eau de Virginie lien vers AOA 2018, une tubéreuse contrastant avec un mimosa très animal, Liberté Bohème, Poudre de Liberté… On retrouve finalement la juriste.


La Place
9 rue Française
75002 Paris

Du mardi au samedi 13h15-20h15, le dimanche 14-18h

La liste des marques à retrouver à La Place : Au Pays de la fleur d’oranger, July of St Barth, Absolument parfumeur, Maison Micallef, Paul Emilien, Rose et Marius, Hersip, Rosendo Mateu, Promenade à Auvers, Coquillete Paris, Affinessence, Pont des arts, Elementals, Scentys, State of Mind, Le Jardin retrouvé, Eutopie.

Et les publications de Nez éditions bien sûr !

Pour sa renaissance, le Prix François Coty récompense Emilie Coppermann (Symrise)

Emilie Coppermann (Symrise) a été désignée lauréate de la nouvelle édition du Prix François Coty.


Le 3 décembre dernier se tenait au château d’Artigny (Montbazon, Indre-et-Loire), la cérémonie de remise du prix François Coty 2018 à laquelle nous avons pu assister. Ce château du Val-de-Loire, de style néoclassique, qui abrite désormais un hôtel 5 étoiles, a été construit par François Coty entre 1919 et 1928, et constituait l’un des principaux lieux de vie de l’industriel corse. Emilie Coppermann (Symrise) a été désignée lauréate de cette nouvelle édition.

Créée en 2000, mise en sommeil en 2006 et relancée en 2017, L’Association François Coty a pour mission de perpétuer l’esprit et l’audace de François Coty. Aujourd’hui, Véronique Coty, arrière-arrière-petite-fille du parfumeur, en reprend la présidence. L’Association s’investit dans de nombreux projets dont l’objectif principal est de transmettre l’histoire de François Coty et de ses créations. Elle organise régulièrement des expositions, des rétrospectives et des conférences auprès de différents publics.

Le Prix François Coty, quant à lui, a également été initié en 2000 par Henri Coty, petit-fils du créateur, afin de distinguer un parfumeur particulièrement talentueux et audacieux dont les parfums se sont démarqués par leur beauté, leur originalité et leur technicité. Le jury désigne le lauréat lors d’un test à l’aveugle pour lequel les candidats sélectionnés ont proposé trois de leurs créations, dont un parfum lancé depuis 2017. La liste des nominés est dressée par une commission composée de la présidente Véronique Coty et de membres experts de l’Association François Coty, accompagnée de spécialistes (Commission technique de la Société française des parfumeurs et l’Osmothèque, conservatoire international des parfums). Durant ses dix années d’existence (2000-2010), le prix a ainsi récompensé de grands noms de la parfumerie : Jacques Cavallier, Maurice Roucel, Dominique Ropion, Francis Kurkdjian, Alberto Morillas, Olivier Pescheux, Christine Nagel, Olivier Polge et  Sophie Labbé.

Influencée et touchée par la démarche de son grand-père Henri Coty, Véronique Coty, avec son mari Nicolas Gandilhon, a tout mis en œuvre pour relancer ce prix avec pour objectif la reconnaissance envers les parfumeurs, « ces artistes de l’ombre »

Pour y participer, les parfumeurs doivent soumettre leurs créations. La maîtrise technique, l’écriture, l’harmonie, le raffinement sont autant de critères d’appréciation que l’originalité et la mémorabilité.

Le prix François Coty s’applique à tenir compte de l’ensemble de ces signes pour choisir le lauréat. Véronique Coty ajoute : « la transmission de mon patrimoine familial historique et la mise en lumière des parfumeurs-créateurs d’aujourd’hui sont les premières motivations d’une démarche culturelle et artistique qui se définit au travers de l’organisation de cet évènement, de conférences olfactives, d’expositions, de films, afin de sensibiliser les nouvelles générations. »

Le jury 2018, présidé par l’actrice Karin Viard, se composait de Jean Guichard (Parfumeur), Caroline Furstoss (chef-sommelière), Laurence Férat (journaliste spécialiste parfums), Daniel Molière (parfumeur-osmothéquaire), Erik Halley (plumassier brodeur), Mathilde Le Chatelier (Secrétaire générale de l’association François Coty).

Emilie Coppermann (centre) reçoit le Prix François Coty des mains de Karin Viard (dr.) et Véronique Coty (g.)
Emilie Coppermann (centre) reçoit le Prix François Coty des mains de Karin Viard (dr.) et Véronique Coty (g.)

Il a décerné le prix François Coty 2018 à la créatrice de parfum Emilie Coppermann (Symrise), pour l’ensemble de son travail et notamment ses créations MajaïnaSin de The Different Company (une vanille crémeuse et épicée), 212 VIP Men de Carolina Herrera (un oriental boisé), et le très beau Hallucinogenic Pearl d’A Lab on Fire, superbe accord iris-violette cuiré et poudré.

Une exposition passionnante sur l’œuvre de François Coty a été installée pour l’occasion dans le grand hall d’entrée du château, permettant d’admirer de somptueux flacons anciens, des cosmétiques et objets de toilette de la marque. Au plaisir visuel s’est ajouté le ravissement olfactif, avec la présentation d’une sélection de 8 parfums emblématiques de l’œuvre de François Coty, recomposés par l’Osmothèque : La Rose Jacqueminot (1904), Ambre antique (1905), L’Origan (1905), Le Jasmin de Corse (1906), Cordon rouge (1909), Chypre (1917), Émeraude (1921) et L’Aimant (1927).

C’est Véronique Coty qui a ouvert la soirée en rendant un hommage émouvant à son grand-père Henri Coty, fondateur du prix en 2000 et à son arrière-arrière-grand-père, François Coty.

Jean Kerléo (parfumeur et cofondateur de l’Osmothèque) a ensuite tenu une conférence passionnante sur l’œuvre de François Coty. Il s’agissait de la dernière intervention de ce grand monsieur, qui tirait ce soir-là sa révérence. Merci Monsieur Kerléo, pour ce que vous avez apporté à la parfumerie française, son patrimoine et sa reconnaissance.

On ne peut que saluer le travail de Véronique Coty, de Nicolas Gandilhon et des membres de l’association François Coty pour l’organisation d’un événement, qui a su rassembler la profession le temps d’une belle soirée. Il est maintenant essentiel que le prix s’inscrive dans la pérennité.

Le site du Prix François Coty : www.francoiscoty.fr

Edoardo Cogo (Amuga-Biblioteca Olfattiva) : « Je pense que Nez est un outil indispensable pour celui qui travaille dans ce secteur.» (en français – English – italiano)

Entretien avec Edoardo Cogo, gérant de la parfumerie Amuga – la Biblioteca Olfattiva à Bassano del Grappa (Vénétie).

(English version below – Versione italiana alla fine)

Cet entretien prolonge notre tour du monde des parfumeries de niche qui nous font le plaisir de distribuer les versions anglaise ou italienne de Nez. Nous vous emmenons cette fois en Italie en compagnie d’Edoardo Cogo, gérant d’Amuga – la Biblioteca Olfattiva à Bassano del Grappa (Vénétie).

 

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum?

Cela est arrivé sans que je m’en rende compte, sans même que je l’espère. D’abord, je dois dire que ma première rencontre avec les parfums a eu lieu chez moi, en particulier dans la chambre de ma mère durant ma pré-adolescence. Tout a commencé par le souvenir clair d’une suspension du temps quotidien. Nous étions dans les années 1980 et 1990. Je percevais et suivais un sillage qui, une fois que ma mère était préparée pour sortir, me guidait à la source de ce chemin de mystère et de séduction. Après avoir atteint les flacons de la coupable, je les observais, sans savoir lequel d’entre eux contenait cet appel. Ils me transportaient dans l’imagination lorsque je jouais avec eux entre mes doigts, me parlant d’endroits proches et lointains à la fois. Je sentais les capots, j’analysais leur étiquette et leurs noms. Donc j’ai compris après quelque temps, quand ma famille m’a suggéré d’ouvrir notre bibliothèque des senteurs, que ma relation avec ces anciens amis était faite pour révéler ma vocation inconsciente.

 

Quelles sont les spécificités de votre boutique?

La particularité de notre librairie des senteurs est sa sélection: des fragrances qui mettent en valeur les traits artistiques et stylistiques de l’auteur qui les a inventés. Je parle d’auteur et d’artiste car la parfumerie, tout comme la littérature, la musique ou la performance des arts visent à laisser une trace, l’expression sentimentale d’une idée. C’est une confession fréquente qui dépouille les valeurs de celui qui crée. En conséquence, ces parfums deviennent une réelle valeur ajoutée pour celui qui décide de le porter.

 

Quels sont vos coups de cœur, récents, ou de tout temps ?

Sans aucun doute, mes premières suggestions olfactives furent : Samsara eau de parfum de Guerlain (1989), Shalimar eau de parfum de Guerlain (1925), Poison de Christian Dior (1985), Royal Pavillon d’Etro (1989), Eau lente de Diptyque (1986), Gardenia de Penhaligon’s (1976), Victorian Posy de Penhaligon’s (1979), Frangipane de Santa Maria Novella (1828), Orchidée Blanche de L’Artisan Parfumeur (1985), Parfum Sacré de Caron (1991), Sacrebleu de Nicolaï (1993), Chanel No 5 eau de toilette de Chanel (1921), Premier Figuier de L’Artisan Parfumeur (1994). Maintenant, à l’époque de ma bibliothèque des senteurs, je ne peux pas manquer de mentionner Chypre Palatine de MDCI par Bertrand Duchaufour, Isvaraya de Indult par Francis Kurkdjian, Bois d’ascèse de Naomi Goodsir par Julien Rasquinet et Mandala de Masque Milano par Christian Carbonnel.

 

Qu’est-ce qui vous a fait choisir de vendre Nez dans votre boutique?

Je dois vous avouer que le design du magazine m’a immédiatement séduit. J’ai été étudiant en graphisme, donc je ne pouvais pas manquer de le remarquer ! Mais ce que j’apprécie vraiment dans cette revue est la liberté, le professionnalisme, et l’ampleur avec lesquels est abordé un sujet aussi complexe que celui de l’odorat. Je pense que Nez est un outil indispensable pour celui qui travaille dans ce secteur et veut avoir un point de vue excitant et actuel, mais aussi pour celui qui est passionné par les parfums et par la signification de l’odorat aujourd’hui.

Comment est-ce que vos clients y réagissent?

Avec enthousiasme et une authentique curiosité : ils ont enfin entre leurs mains un passe-partout de l’univers de la parfumerie et du sens de l’odorat.

Site de la boutique : www.amuga.it 


English version

How did you get into the perfume world?

It happened without me noticing or hoping. I must say first of all that the place where my first encounter with fragrances took place was my home. Especially my mother’s rooms, at the time of my pre-adolescence. It all starts with the clear memories of a temporal suspension from everyday life.

We were in the eighties and nineties. Perceiving those fragrant trails and following them, after my mother had prepared herself to leave, led me to the origin of that path of seduction and mystery. Once I had reached the guilty bottles I observed them, unaware of which of them contained that call. Turning them between my fingers they kidnapped my imagination, telling me about places far away and near at the same time. I smelled the caps, examined the labels and their names… I understood then, some time later, when my family proposed to me to open our Olfactory Library, that my relationship with these ancient friends was about to reveal my unconscious vocation.

 

What are the specificities of your shop?

The peculiarity of our Olfactory Library is the selection: fragrances that highlight the artistic and stylistic characteristics of the Author who created them. I am talking about Author or Artist because, as for literature, music and applied arts, perfume, if made to leave a mark, is the sentimental expression of an idea. A thick confession, which lays bare the values of those who create it. And, consequently, these perfumes become the real added value for those who choose to wear them.

 

What are your perfume crushes? Recent, or of all times? 

Without a doubt my first olfactive suggestions have been: Samsara Eau de Parfum by Guerlain 1989, Shalimar Eau de Parfum by Guerlain (1925), Poison by Christian Dior (1985), Royal Pavillon by Etro (1989), Eau Lente by Diptyque (1986), Gardenia by Penhaligon’s (1976), Victorian Posy by Penhaligon’s (1979), Frangipane by Santa Maria Novella (1828), Orchidée Blanche by L’Artisan Parfumeur (1985), Parfum Sacré by Caron (1991), Sacrebleu by Nicolai Parfumeur Createur (1993), Chanel No 5 Eau de Toilette by Chanel (1921), Premier Figuier by L’Artisan Parfumeur (1994). Now, at the time of my scent library, I cannot fail to mention: MDCI’s Chypre Palatine by Bertrand Duchaufour, Indult’s Isvaraya by Francis Kurkdjian, Naomi Goodsir’s Bois d’Ascèse by Julien Rasquinet and Masque Milano’s Mandala by Christian Carbonnel.

 

What made you choose to sell Nez in your shop?

I have to say, the look of the magazine immediately seduced me. Having studied graphic design, I couldn’t help but notice it! But what I really appreciate about this editorial contribution is the freedom and professionalism, and the breadth with which it deals with a theme as complex as the sense of smell. I think it is an indispensable tool for those who want, independently and personally, to have a stimulating and updated point of view to work in this field. And also for those who, as a true enthusiast, want to deepen and test their knowledge in the field of smell.

How do your customers react to it?

The most authentic curiosity and enthusiasm, in having finally in your hands an instrument that serves as a passepartout for both the perfumery and the universe of smell.


Website: www.amuga.it 

Versione Italiana

Come è arrivato al mondo della profumeria?

Successe senza che me ne accorgessi, né lo sperassi. Devo dire innanzitutto che il luogo dove avvenne il mio primo incontro con le fragranze è stata la mia casa. In particolare le stanze di mia madre, al tempo della mia preadolescenza. Tutto inizia dai nitidi ricordi di una sospensione temporale dal quotidiano. Eravamo negli anni ottanta e novanta. Percepire quelle scie odorose e seguirle, dopo che mia madre si fosse preparata per uscire, mi conduceva all’origine di quel sentiero di seduzione e di mistero. Raggiunti i colpevoli flaconi li osservavo, ignaro su chi di loro contenesse quel richiamo. Rigirandoli tra le dita mi rapivano la fantasia, narrandomi di luoghi lontani e vicini allo stesso tempo. Ne annusavo i tappi, esaminavo le etichette ed il loro nome… Capii allora, tempo dopo, quando mi fu proposto dalla mia famiglia di aprire la nostra Biblioteca Olfattiva, che il mio rapporto con questi antichi amici stava per rivelare una mia inconscia vocazione.

 

Quali sono le specifiche del Suo negozio?

La peculiarità della nostra Biblioteca Olfattiva è la selezione: fragranze che mettono in risalto le caratteristiche artistiche e stilistiche dell’Autore che le ha ideate. Parlo di Autore o di Artista perché come per la letteratura, la musica, e le arti applicate, anche il profumo, se fatto per lasciare un segno, è l’espressione sentimentale di un’idea. Una confessione spesso, che mette a nudo i valori di chi lo crea. E, di conseguenza, questi profumi diventano il vero valore aggiunto per chi sceglie di indossarli.

 

Qual è il profumo per cui va matto? Recente o “di tutti i tempi”? 

Le mie prime fondamentali suggestioni olfattive, figlie di quegli anni menzionati più sopra, sono senz’altro state: Samsara Eau de Parfum di Guerlain del 1989, Shalimar Eau de Parfum sempre Guerlain (1925), Poison di Christian Dior (1985), Royal Pavillon di Etro (1989), Eau Lente di Diptyque (1986), Gardenia di Penhaligon’s (1976), Victorian Posy di Penhaligon’s (1979), Frangipane di Santa Maria Novella (1828), Orchidée Blanche di L’Artisan Parfumeur (1985).

Parfum Sacré di Caron (1991), Sacrebleu di Nicolai Parfumeur Créateur (1993), Chanel No 5 Eau de Toilette di Chanel (1921), Premier Figuier di L’Artisan Parfumeur (1994). Al tempo attuale invece, ovvero al tempo della mia Biblioteca Olfattiva non posso non menzionare: Chypre Palatine di MDCI, Isvaraya di Indult, Mandala di Masque Milano, Bois d’Ascèse di Naomi Goodsir Parfums.

Cosa Le ha fatto scegliere di vendere Nez nel Suo negozio?

Devo dire che l’aspetto della rivista mi ha immediatamente sedotto. Avendo studiato graphic design non potevo non notarla! Ma ciò che davvero apprezzo di questo contributo editoriale è la libertà e la professionalità, e l’ampiezza con cui viene trattato un tema così complesso come quello dell’olfatto. Penso sia uno strumento indispensabile per chi voglia, in modo indipendente e personale, avere un punto di vista stimolante ed aggiornato per lavorare in questo settore. Ed anche per chi, da vero appassionato, voglia approfondire e mettere alla prova la sua conoscenza nell’ambito dell’olfatto.

 

Come hanno reagito i vostri clienti?

La più autentica curiosità ed entusiasmo, nell’avere finalmente tra le mani uno strumento che funge da passepartout tanto per la profumeria quanto per l’universo dell’olfatto.


Inscription des savoir-faire grassois liés au parfum au patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco : “C’est d’abord la parfumerie qui a gagné”. Rencontre avec Nadia Bedar et Laurent Stefanini

Rencontre avec Nadia Bedar et Laurent Stefanini à l’occasion de l’inscription des savoir-faire grassois liés au parfum au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Il y avait la Fête du printemps de Macédoine et la pizza napolitaine, voici venus les bains médicinaux tibétains, le reggae et… le parfum ! Le 28 novembre, avec une quarantaine d’autres lauréats, les savoir-faire du pays de Grasse en matière de parfum se sont vus inscrire à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture). Une consécration pour la région grassoise après dix années de travail acharné.

Rencontre avec Nadia Bedar, directrice du projet de candidature du pays de Grasse et de la mission Patrimoine culturel immatériel.

NEZ : Vous n’êtes pas grassoise, vous n’appartenez pas au monde du parfum. Comment vous êtes-vous retrouvée porte-parole d’un tel projet ?

Nadia Bedar : J’ai d’abord rencontré le sénateur des Alpes-Maritimes, Jean-Pierre Leleux, depuis longtemps très investi dans la valorisation du parfum à Grasse, dont il fut maire. Il a notamment beaucoup fait pour le musée de la parfumerie dans la ville [NDLR : Le Musée international de la parfumerie]. De cette rencontre et de cette volonté commune de promouvoir les savoir-faire grassois est née l’idée de ce projet qui nous a animés jusqu’à sa réalisation.

Près de dix ans de bataille ! Comment avez-vous vécu cette victoire ?

C’était étrange, je l’ai ressentie comme quelque chose de presque normal. Après toutes ces années d’efforts, il me semblait qu’il ne pouvait pas en être autrement. Si la décision avait été négative, elle m’aurait semblé totalement injuste.

Le parfum, ce n’est pas que du marketing, c’est d’abord des hommes et des femmes.

Comment se sont passées ces dix années ?

Une fois le ministère de culture convaincu d’inscrire le parfum sur la liste des projets à soutenir, l’ambassadeur français auprès de l’Unesco à dû défendre les trois savoir-faire en Pays de Grasse : la culture de la plante à parfum, la connaissance des matières premières naturelles et leur transformation, l’art de composer le parfum. Puis, il a fallu sensibiliser les acteurs diplomatiques. Pendant plusieurs années consécutives, les ambassadeurs du comité de l’Unesco se sont rendus à Grasse. On a veillé à adapter leur séjour et leur itinéraire à leurs origines. Pour l’Allemagne, par exemple, nous avons convié l’entrepreneur allemand Johann Maria Farina, un descendant direct du fondateur de l’eau de Cologne, huitième génération de l’entreprise. 

Au-delà, nous avons dû bien sûr réunir et fédérer les différents acteurs de la parfumerie, au travers notamment de la création de l’association patrimoine vivant du pays de Grasse, du recueil de nombreux témoignages, de l’organisation de colloques annuels permettant de découvrir des métiers de la parfumerie méconnus du grand public, et aussi imaginer des mesures de sauvegarde de nos métiers.

Que va permettre ce label ?

Les conséquences sont déjà palpables pour le pays grassois. De nouveaux producteurs se sont installés dans la région, des relations se sont nouées entre des acteurs de tous les métiers, producteurs et experts en transformation, par exemple; les parfumeurs se sont aussi réappropriés l’utilisation des matières premières naturelles. C’est comme s’il y avait eu une prise de conscience, une “prise de connaissance” de la richesse du patrimoine de Grasse. Les habitants du pays semblaient redécouvrir leur territoire.

Cette inscription donne une visibilité internationale à la ville de Grasse. Comment transformer l’essai ?

En créant une chaire Unesco avec l’université Sofia-Antipolis, par exemple, afin de permettre la construction de projets internationaux autour du parfum. Des producteurs indiens de l’Uttar Pradesh sont déjà venus se former ici. Des Lituaniens pourraient bientôt leur succéder. Par ailleurs, la création d’un centre de formation et de conservation des plantes à parfum a déjà débuté à Grasse. Le terrain est choisi, la serre en construction. La ville pourrait aussi choisir de faire découvrir ses coulisses, de montrer l’envers du décor. Visiter une usine qui distille la rose ou qui produit le jasmin, c’est impossible aujourd’hui ! Pourquoi ne pas se diriger vers un tourisme durable ? Un des projets déjà mis en place s’intitule les Chemins parfumés. L’un d’eux, poétique et littéraire, nous emmène à la Villa Saint-Hilaire, la bibliothèque patrimoniale de Grasse. On peut la visiter, et même y découvrir des incunables liés à la parfumerie.

À Grasse, visiter une usine de plantes à parfum, c’est impossible aujourd’hui

Cette inscription au patrimoine immatériel de l’humanité donne aussi des responsabilités, des devoirs…

Bien sûr, il existe un risque d’abus de l’usage du label, même si celui-ci est très réglementé. Nous aurons l’obligation de tenir nos engagements concernant les mesures de sauvegarde des savoir-faire, clairement définies dans un formulaire déposé par l’Etat français. Le ministère de la culture suivra régulièrement le dossier.

Un point marqué par Grasse, berceau officiel de la parfumerie, face à la Cosmetic Valley ?

Cet aspect de concurrence entre les territoires n’est pas entré en ligne de compte. C’est d’abord la parfumerie qui a gagné, elle est à présent reconnue telle qu’elle peut l’être réellement. Notre premier combat était celui contre les clichés. Non, le parfum, ce n’est pas que des marques et du marketing, c’est d’abord des hommes et des femmes. Ce sont eux, les praticiens, qui ont été récompensés.

L’ambassadeur français auprès de l’Unesco, Laurent Stefanini © : France Bleu Azur

Rencontre avec Laurent Stefanini, ambassadeur, délégué permanent de la France auprès de l’Unesco

C’est une belle victoire pour Grasse, et pour la France aussi, ça apporte beaucoup au pays de présenter d’aussi beaux dossiers de candidature auprès de l’Unesco. Le processus de sélection étant très exigeant, nous étions en dialogue permanent avec les porteurs du projet, afin d’être sûrs que le sujet soit ensuite bien compris par tous les membres du comité.

Mais le dossier était convaincant. Pourquoi ? Parce qu’il était porté par une communauté structurée. C’est une victoire collective. Le label Unesco est un label d’excellence, un peu comme les étoiles Michelin. Il va surtout aider à protéger la tradition du parfum dans le pays grassois. La région et le département devront y veiller. Cela passera aussi par des liens solides à nouer avec les marques de luxe françaises.

Propos recueillis par Béatrice Boisserie, le 30 novembre 2018

Anne-Laure Hennequin : « En jouant à Master Parfums, vous bénéficiez du savoir de tous ceux qui font référence dans le domaine »

Formatrice pour des grandes marques de parfum pendant vingt ans, Anne-Laure Hennequin lance Master parfums, un quiz pour approfondir sa culture olfactive tout en s’amusant. Interview.

Formatrice pour des grandes marques de parfum pendant vingt ans, Anne-Laure Hennequin lance Master parfums, un quiz pour approfondir sa culture olfactive tout en s’amusant. Interview.

Auparfum : Qu’est-ce qui vous a amenée à créer Master Parfums ?

Anne-Laure Hennequin : La passion du parfum. Je sniffe tout depuis que je suis toute petite. Comme beaucoup de petites filles, j’avais une collection d’échantillons et de miniatures. Mais contrairement à d’autres qui étaient surtout intéressées par les jolis flacons, je les sentais, j’essayais de les reconnaître, je faisais des concours avec ma tante. Mais je n’étais pas une matheuse, et je n’ai pas été orientée vers le parfum.

Mon truc, c’était plutôt les langues, et je suis partie aux Etats-Unis puis j’ai fait une école de traduction. Comme j’avais toujours cette attirance pour le parfum, j’ai fait mon stage de fin d’études chez Clarins au service formation : j’ai traduit le manuel qui servait à former les équipes. J’ai découvert que c’était le moyen de passer un message, de transmettre une passion : j’avais trouvé ma voie. Après une formation en distribution parfums et cosmétiques (pendant laquelle je passais mes week-end comme conseillère beauté dans les grands magasins), j’ai été formatrice chez Kenzo parfums, cinq ans en France, puis quatre ans aux Etats-Unis. J’étais chargée de faire comprendre l’ADN de la marque et les nouveautés aux vendeuses. Puis j’ai eu envie de rentrer en Europe, mais pas à Paris. Et j’ai passé onze ans chez Puig à Barcelone pour m’occuper de la formation, d’abord chez Prada, puis dans tout le groupe [1].

Comment êtes-vous passée de la formation des professionnels à un jeu éducatif pour le grand public ?

A-L H : Le problème de la formation des vendeuses, c’est qu’on les forme surtout sur les nouveautés et parfois on leur apprend aussi des techniques de vente. Quand vous allez en parfumerie sélective, on vous vend les nouveautés, et de nombreuses Belles au bois dormant restent sur les étagères. C’est une approche promotionnelle axée sur l’image et la communication, et très peu axée sur le produit et ses qualités olfactives. Et c’est difficile de changer la donne.

Après avoir formé des professionnels, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire pour le consommateur directement. On observe depuis quelques années un intérêt croissant pour le parfum, qui suit celui pour le goût et la cuisine apparu au début des années 2000 : en témoigne le développement des blogs, d’Auparfum, de Nez, de Fragrantica, de musées et l’extraordinaire expansion de la parfumerie de niche. Quand on dit qu’on travaille dans le parfum, les gens sont toujours intéressés. C’est quelque chose qui génère de l’émotion, qui fait appel à nos souvenirs, qui touche tout le monde, et qui reste en même temps un peu mystérieux.

J’ai donc décidé de créer un jeu, selon le principe de l’edutainment (éducation par le jeu) que j’utilisais lors de mes formations, pour donner le sentiment aux gens qu’ils s’impliquent et qu’ils retiennent mieux ce qu’on essaie de leur transmettre.

Comment expliquer que l’éducation olfactive soit aussi délaissée ?

A-L H : L’odorat est le sens auquel on accorde le moins d’importance. Non seulement l’école ne nous apporte pas de connaissances à ce sujet, mais on ne teste même pas notre odorat, alors qu’on subit des tests depuis tout petits pour vérifier notre vue ou notre ouïe. C’est le sens le plus laissé pour compte.

Dans le même temps, tout est parfumé autour de nous : les gels douche, les lessives, les magasins, les parkings, le métro… C’est complètement dichotomique de ne pas travailler cet odorat, alors même qu’il est sollicité en permanence. Pourtant c’est à la portée de tous, tout est une question d’entraînement et précisément d’éducation. Une fois éduqués, les gens se dirigent vers la qualité – même si certains ont besoin de l’image et se diront toujours « Moi ce que je veux, c’est Charlize Theron qui se baigne dans de l’or ». Master Parfums est ma petite pierre à l’édifice.

En quoi consiste le jeu ?

A-L H : C’est un quiz avec 120 questions, de l’histoire du parfum à sa conception et à sa fabrication, en passant par les matières premières et les marques et parfums emblématiques du marché. Il y a des QCM, des vrais ou faux, des photos, et tout le monde peut jouer à partir de 14 ans, qu’on soit néophyte ou connaisseur. Pour rédiger les questions, j’ai beaucoup lu : en jouant à Master Parfums, vous bénéficiez du savoir de tous ceux qui font référence dans le domaine, mais en version ludique. Nous avons pour l’instant une version française et une version anglaise (avec des questions adaptées sur des marques plus anglo-saxonnes).

Ce quiz est un premier pas, puis en avril nous développerons un format plus olfactif et encore plus interactif avec 120 nouvelles questions, et 12 senteurs qui laisseront la possibilité de créer son parfum. Il sera lancé à l’occasion d’Esxence, le salon de la parfumerie de niche à Milan. La prochaine étape sera ensuite un véritable jeu de société avec pas moins de 4 livres et 30 accords à sentir, pour approfondir encore davantage sa culture du parfum.

Master Parfums Pocket Quiz
12 euros + frais de port
En vente sur la boutique Auparfum : https://shop.auparfum.com/boutique/curiosites/master-parfums-pocket-quiz/

[1] Propriétaire également de Paco Rabanne, Jean-Paul Gaultier, Nina Ricci, L’Artisan parfumeur ou Penhaligon’s, ndlr

« J’accorde une grande importance à l’histoire et au concept car c’est là que la magie opère chez nos clients » – Quentin Blyau, propriétaire de Liquides Confidentiels à Namur

Nez est allée à la rencontre Quentin Blyau, créateur de la parfumerie Liquides confidentiels à Namur, qui nous fait le plaisir d’être l’un des distributeurs de notre revue !

Parce que nous ne serions pas grand chose sans toutes les parfumeries – et les librairies – qui distribuent notre revue, nous avons décidé de leur donner la parole et de reprendre une série entamée l’an dernier. Honneur à une nouvelle venue dans le PPB (comprendre Paysage parfumé belge !) : Liquides confidentiels qui a vu le jour il y a peu, dans la ville Namur, à l’instigation de Quentin Blyau. 

 

NEZ : Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Quentin Blyau : Depuis la prime enfance, les odeurs occupent une immense place dans mon coeur. Chaque lieu, maison, boutique, théâtre, église étaient secrètement analysés, afin d’en imprimer les effluves dans ma mémoire. Mais le véritable déclic fut, quand chez ma tante, j’ouvrai la porte d’une salle de bain et fus hypnotisé par une baignoire remplie de vieux flacons de parfum Guerlain, Chanel, Givenchy… Je me souviens encore des heures passées à les humer un par un. C’est alors qu’est née une véritable passion pour les découvertes olfactives, et surtout,  j’ai su que j’en ferais ma profession. C’est donc après mes études de psychologie que j’ai décidé d’allier mes deux passions (la psychologie et la haute parfumerie) et d’ouvrir Liquides Confidentiels.

 

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

QB : Premièrement sa localisation! Je déplorais le cruel manque de parfumerie spécialisée en Wallonie (partie francophone du pays) par rapport à l’offre bruxelloise et flamande. C’est pour cela que j’ai décidé de m’installer à Namur. Ensuite, ce qui caractérise  également Liquides Confidentiels c’est le panel des marques ; nous avons voulu trouver un juste équilibre entre des maisons reconnues (Goutal Paris, Juliette has a Gun, Trudon, The Different Company, Etat libre d’Orange, Amouage…) et celles plus pointues que nous sommes les seuls à proposer en Belgique (Zoologist perfumes, Imaginary authors, Santi Burgas, Map of the Heart…). Cela nous permet de répondre aussi bien aux attentes des ”novices” qu’à celles de véritables passionnés à la recherche de nouvelles expériences.

Ce que je préfère, c’est quand un amoureux du parfum me dit qu’il n’avait jamais senti telle ou telle création, c’est toujours un plaisir partagé. De plus nous avons également notre site de vente en ligne qui permet de rechercher les parfums par notes et affinités, c’est un outil qui plait beaucoup. Au final je dirais que conseils, écoute, mise en avant des belles matières et créativité sont les maîtres mots de notre philosophie !

 

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

QB : Les marques que je propose dans ma boutique sont toutes des coups de coeur. En plus de la qualité du parfum, j’accorde une grande importance à l’histoire et au concept car c’est là que la magie opère chez nos clients. J’essaie également de prendre en compte les goûts de ma clientèle en trouvant le juste équilibre entre expérimental et classique. On reçoit également pas mal de demande des clients pour retrouver leur marque préférée en boutique…malheureusement c’est difficile de contenter tout le monde, mais on y travaille!

 

Un ou des coups de cœur cette année ?

QB : Mortel de Trudon qui est probablement l’un de mes parfum préféré de notre sélection. Une véritable décoction d’encens mystiques et d’épices qui me transcende à chaque fois ! Plus récemment je suis également tombé amoureux de Désert suave de Liquides imaginaires, un véritable oriental mélancolique! J’attends impatiemment de le recevoir en boutique.

 

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?

QB : Actuellement, je porte Musc Tonkin de Marc-Antoine Corticchiato (Parfum d’empire), que j’accompagne toujours d’une goutte de Rien (Etat libre d’Orange). Un cocktail détonant qui me protège du froid et me porte chance.

 

 

 .  

 

Informations pratiques

Liquides Confidentiels
12 rue Saint-Jean
5000 Namur
Belgique
Boutique ouverte du lundi au samedi, de 10h à 18h.
Tél. : 081/ 61 51 13
[email protected]

 

Retrouvez ici nos points de distribution en parfumeries, ainsi qu’une sélection de librairies.

Cinquième Sens ouvre le premier laboratoire de parfumerie partagé

Le centre de formation dédié au parfum Cinquième sens ouvre le premier laboratoire de parfumerie partagé, qui offre un libre accès à des centaines de matières premières, pour travailler son odorat ou composer, que l’on soit professionnel ou amateur.

 
En plus de son catalogue de formations olfactives dispensées depuis 1976, Cinquième sens ouvre le premier espace de travail et de laboratoire partagés, dédié au parfum, que le public vient de découvrir à l’occasion d’une journée portes ouvertes pendant les Rives de la beauté. 

Juliana, Andresa et Mariana échangent ainsi leurs impressions autour de mouillettes embaumant l’absolue de rose damascena, l’essence de vétiver ou le n°5 de Chanel. Les trois Brésiliennes sont étudiantes pour devenir parfumeuses à l’Isipca (Institut supérieur international du parfum, de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire) : « Il faut bien réviser en attendant la rentrée », s’amusent-elles.

L’offre de base donne accès à un espace de coworking traditionnel, avec wifi et café Nespresso, et la possibilité de consulter le site de l’Olfathèque (la base de données maison qui répertorie parfums, matières premières, familles olfactives et parfumeurs). Une deuxième formule permet en outre de sentir 450 matières premières de la parfumerie et 550 parfums du marché, et de feuilleter 250 livres dédiés au parfum. Quant à la formule la plus complète, elle permet de travailler dans le fameux laboratoire partagé. Six postes de pesée, avec 80 matières premières incontournables en solution à 5% dans l’éthanol sur chaque poste, dont les qualités naturelles proviennent de la société Accords et parfums (plus 320 supplémentaires en libre service sur un stock commun), et tout le matériel et la verrerie nécessaire. « On dirait vraiment le laboratoire de l’école », juge Célia, 22 ans, étudiante en master Arômes et parfums à Montpellier, qui a fait spécialement le voyage à Paris pour la journée. « En ce moment, j’ai accès à tout ce qu’il me faut, mais quand j’aurai terminé mon Master l’année prochaine, ce ne sera plus le cas. C’est donc un endroit qui pourrait m’être très utile. »

Beaucoup de visiteurs du jour veulent faire de la création de parfums leur métier sans avoir de laboratoire à disposition et s’enthousiasment devant cette perspective nouvelle. « C’est très compliqué de se constituer un labo : il y a la question de la conservation des matières, les quantités à gérer, les commandes à passer… », énumèrent Béatrice Egemar, romancière passionnée de parfum et Stéphanie, ancienne évaluatrice en parfumerie, qui viennent de terminer une formation de designer olfactif chez Cinquième sens. « Pour l’instant, je travaille chez moi, c’est très cher d’avoir tout le matériel, et je peux vous dire que parfois ça sent fort, c’est difficile », ajoute Carole, qui se reconvertit. « J’ai suivi une formation ici pour devenir parfumeur-créateur l’année dernière, et revenir dans ce nouveau cadre me paraît la suite logique pour pratiquer et avoir un suivi au long cours. »

Jennifer, elle, a accès à toutes les matières premières et à tout le matériel nécessaire pour formuler en tant qu’étudiante à l’Isipca, mais voit ce laboratoire partagé comme un espace de liberté : « A l’école, on ne crée que pour être notés par les profs, tout est cadré, scolaire. Il n’y a pas d’espace pour exprimer sa créativité de manière personnelle, ce qui sera possible ici. »

L’esprit collaboratif du coworking est-il vraiment adapté au monde du parfum, traditionnellement décrit comme cultivant le secret et l’individualisme ? « Au contraire, c’est génial, il faut démystifier ce travail du parfumeur dans sa tour d’ivoire », s’exclame Gérald Ghislain, fondateur de la marque Histoire de parfums. « La nouvelle génération est davantage dans le partage. Un lieu de rencontre, c’est la chance de pouvoir donner et demander des conseils », estime Célia, l’étudiante de Montpellier. « C’est compliqué d’être seul quand on crée », renchérit Carole. « Travailler ici, ça peut aussi permettre des rencontres enrichissantes, et peut-être faire naître des projets. » La jeune femme échange déjà ses coordonnées avec Gwenaëlle, qui travaille dans la propriété industrielle dans le secteur du luxe.

Mais nul besoin d’être parfumeur ou d’aspirer à l’être pour venir comparer jasmin Sambac et jasmin Grandiflorum ou même les marier dans une composition de son cru. L’espace est également ouvert aux particuliers passionnés, puisqu’« on peut apprendre le piano sans pour autant vouloir être pianiste », souligne Isabelle Ferrand. Si aucun diplôme n’est requis, il vous faudra néanmoins réussir un test d’aptitude à la manipulation en laboratoire avant de pouvoir jouer au petit chimiste et peser vos formules.

Cinquième sens
16 rue de Monttessuy
75007 Paris
www.cinquiemesens.com/coworking

Le Grand Livre du parfum : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le parfum !

Entièrement illustré, Le Grand Livre du parfum est un ouvrage ambitieux et exigeant, mais à la portée du plus grand nombre, des passionnés comme des simples curieux.

Le marché de la parfumerie pèse en France plusieurs milliards d’euros, et lance chaque année quelque 2 000 nouvelles références dans le monde.

Entre ses campagnes publicitaires à gros budget, ses égéries bankable, ses champs de fleurs – à Grasse, si possible – et ses parfumeurs-créateurs œuvrant mouillettes sous le nez et regard à l’horizon, le parfum semble avoir trouvé la recette pour nous faire rêver. Mais qui sait vraiment comment, où et par qui sont fabriqués les parfums ?

En dehors de communications souvent superficielles ou réductrices, l’industrie du parfum cultive depuis longtemps un goût certain pour le secret et un talent pour entretenir le mystère.

De quoi les parfums sont-ils composés ?
Qui sont les parfumeurs et comment travaillent-ils au quotidien ?
Que se passe-t-il entre la naissance de l’idée dans l’esprit d’un dirigeant, d’un chef de produit ou d’un créateur de mode, et la mise en rayon d’un nouveau flacon ?
Quelles différences existe-t-il entre une marque populaire distribuée à grande échelle et une maison confidentielle présente dans une poignée de boutiques ?
Une fois lancé, comment un parfum survit-il aux années ?

Pour la première fois, un livre – conçu par le collectif Nez – vous propose de répondre à toutes ces questions que vous n’aviez jamais osé poser. Découvrez l’histoire de la parfumerie au fil des siècles, suivez étape par étape la chaîne de conception et de fabrication d’un parfum et explorez les coulisses d’une industrie complexe, mais aussi en pleine mutation.

Entièrement illustré, Le Grand Livre du parfum est un ouvrage ambitieux et exigeant, mais à la portée du plus grand nombre, des passionnés comme des simples curieux. Le ton volontairement transparent et pédagogique combat les clichés, les idées reçues, et va à l’encontre des discours parfois intimidants ou nébuleux.

En vente sur www.legrandlivreduparfum.com

« SMELL-X, The Smell Translator » : les odeurs ont-elles une forme ? (French/English)

Les odeurs ont-elles une forme ? Do smells have shapes?

(see the English version after the French part)

Forum mêlant arts, sciences et festivités dans un esprit ludique et joyeux, le Figment Festival investissait il y a quelques semaines les immenses pelouses et les bâtisses abandonnées de Governors Island dans la baie de New York. Goûter des insectes, voyager dans la musique du cerveau, goûter des bonbons en se bouchant le nez, ou modeler des odeurs, voilà le genre d’expériences auxquelles les visiteurs ont notamment pu se confronter grâce au collectif Guerilla Science.

Si tout cela se déroulait dans l’ambiance colorée d’une kermesse d’école, le propos n’en était pas moins sérieux. Gérant la confiserie ? Des chercheuses du Monell Chemical Senses Center de Philadelphie, d’ordinaire plus occupées à tenter d’identifier le gène responsable de l’anosmie à la naissance qu’à distribuer des friandises sur un stand de foire. Et aux manettes du laboratoire de parfums ? Olivia Jezler, fondatrice de Future of Smell, et Ugo Charron, jeune parfumeur originaire de Sancerre travaillant désormais aux côtés de Christophe Laudamiel entre New York et Berlin.

Les odeurs ont-elles une forme ? C’est la question à laquelle l’expérience olfactive Smell-X tentait de répondre à travers une narration dystopique et un décor de science- fiction. Imaginez : dans un futur proche le sens de l’odorat a presque entièrement disparu. Seuls quelques individus possèdent encore la capacité de sentir. En quête d’une traduction visuelle et tactile des senteurs, des chercheurs invitent donc les derniers détenteurs d’un odorat à modeler des formes à partir d’odeurs. En pénétrant dans le laboratoire de Smell-X, les visiteurs étaient ainsi accueillis deux par deux par une laborantine (la comédienne Géraldine Dulex) les invitant à sentir un parfum avant de donner naissance à une forme en moins de 30 secondes.

Si l’objectif principal de Smell-X était de déterminer la manière dont le cerveau associe formes et odeurs, l’expérience lève aussi le voile sur l’anosmie et ses conséquences. Si l’on demande aux gens de quel sens ils se passeraient le plus volontiers, une grande majorité choisit l’odorat. Pourtant la perte de l’odorat peut avoir des conséquences importantes telles que la perte de l’appétit, de la libido, une tendance à la dépression ou encore une incapacité à détecter certains dangers comme un incendie, une fuite de gaz ou un aliment avarié. « L’objectif de Smell-X était d’utiliser les principes du design spéculatif pour créer un monde de fiction dans lequel les gens seraient amenés à réfléchir à l’importance des odeurs et des correspondances trans-modales, à travers une vraie participation » explique Olivia Jezler qui a fondé l’expérience sur son article publié en 2016 par le SCHI Lab de l’Université du Sussex.

Lors d’un premier essai auprès d’enfants, la chercheuse avait utilisé l’odeur du citron et de la vanille mais les résultats avaient été peu concluants : les enfants reconnaissaient les odeurs et tentaient de les illustrer littéralement en modelant des citrons ou des cônes de glace. Les parfums composés pour Smell-X étaient donc volontairement plus abstraits. « J’ai pensé la forme pointue en terme de verticalité en utilisant des matières premières agressives, droites, directes et montantes—limette aiguisée et citron de Sicile, baies roses et poivre Sichuan pour les épices froides, petit grain agressif et aldéhydes fusants. Pour la forme ronde, j’ai travaillé avec une sensualité confortable, horizontale avec des courbes et de la profondeur—muscs doux, lactones enrobantes, jus de coco, touches de vanille, pétales d’ionones aux facettes de violette. J’ai aussi essayé d’approcher les deux créations avec une idée de température : chaude pour la ronde, froide pour la pointue » explique Ugo Charron qui s’est inspiré d’une précédente étude réalisée par le Professeur Charles Spence du Crossmodal Lab de l’Université d’Oxford. Il avait alors été établi que les odeurs du citron et du poivre étaient associées à des formes angulaires, tandis que la framboise et la vanille étaient associées à des formes arrondies.

Cette fois les résultats de Smell-X sont sans équivoques, les formes modelées par les cobayes étant nettement distinctes en fonction des deux parfums: rondes, douces, plate et dense pour l’un, longues, verticales, pointues et aiguisées pour l’autre. Une participante aveugle notamment, a sans hésité modelé une forme verticale dotée de piquants pour illustrer l’odeur pointue, ce qui laisse présager de possibles applications auprès des malvoyants. Si les mécanismes exacts de ces correspondances restent encore à déterminer, « il est intéressant de noter que dans toutes les cultures, même indigènes, on retrouve les mêmes correspondances cross-modales. » commente Olivia Jezler.

A l’avenir, la chercheuse aimerait étendre l’expérience de Smell-X à d’autres sens dans l’idée de créer une base de données pour les chercheurs et les designers. Les résultats pourraient ainsi être utilisés pour élaborer des moyens de communication non-verbale fondés sur l’analogie et la synchronie des stimuli, allant de l’usage thérapeutique au design de produits en passant par la création d’environnements émotionnellement chargés où les odeurs et les formes se combineraient pour un effet optimal (réconfortant à l’hôpital ou dynamique sur un lieu de travail par exemple). Un vaste champ des possibles ouvert par la simple rencontre d’un nez et d’un peu de pâte à modeler !

Pour en savoir plus sur le travail d’Olivia Jezler : https://www.psfk.com/2018/06/interview-olivia-jezler-future-of-scent.html 

« SMELL-X, The Smell Translator » The shapes of smells (English part)

A few weeks ago the Figment Festival took over the vast lawns and abandoned buildings of Governors Island in the bay of New York with various art installations, performances and scientific activities. Tasting insects, traveling in the music of the brain, eating jelly beans without breathing or shaping smells, these are the kind of experiences that were offered by the Guerilla Science collective in the midst of this festive event. And if the whole thing looked like a colorful school fair, it was nonetheless all very serious. Working at the jelly beans stand? Researchers from the Monell Chemical Senses Center of Philadelphia, usually busier trying to identify the missing gene responsible for anosmia. Managing the smell laboratory? Olivia Jezler, founder of Future of Smell, and Ugo Charron, a young perfumer from Sancerre (France) now working with senior perfumer Christophe Laudamiel between New York and Berlin.

Do smells have shapes? This is what the Smell-X olfactory experiment was aimed to determine through dystopian storytelling and a science-fiction setting. Imagine: in a not-so-distant future, the sense of smell has almost entirely disappeared. Only a few individuals still retain the ability to smell. In their search for a visual and tactile translation of fragrances, scientists are inviting the lastsmellers to create shapes based on smells. While entering the Smell-X laboratory, visitors were greeted by the head of the lab (actress Géraldine Dulex) who encouraged them to smell a scent and then shape a ball of clay in less than 30 seconds.

If the main objective of the experiment was to study the way our brain matches shapes and smells, it also highlighted anosmia and its consequences. When asked which sense they would live without, most people decide they would give up smell. Yet losing the sense of smell can have very important implications such as loss of appetite and libido, a tendency to depression, and the incapacity to detect some dangers like a fire, a gas leak or rotten food. “The goal of Smell-X was to use principles of speculative design to create a fictional world where people would be asked to think about the importance of smell and learn about cross-modal correspondences, through participation” explains Olivia Jezler who based the experiment on her 2016 study for the SCHI Lab at the University of Sussex.

The first prototype of the experiment using the smells of lemon and vanilla with children was rather disappointing, Olivia recalls: “The kids were thinking very literally. When they smelled lemon they instantly recognized it and modeled a lemon, and when they smelled vanilla they made ice cream cones or flowers”. The two perfumes composed for Smell-X were therefore more abstract. “I imagined the pointy shape in
terms of verticality using straight, direct, aggressive raw materials—sharp lime and Sicilian lemon, pink and Sichuan peppers for cold spices, petitgrain and aldehydes. For the round shape I worked with a comfortable sensuality, horizontal, with curves and depth—soft musk, lactones, coconut juice, a dash of vanilla, and ionone petals with violet facets. I also tried to approach both creations with the idea of temperature: warm for the round, cold for the other” explains Ugo Charron, whose scent compositions were partly inspired by a previous study by Professor Charles Spence from the Crossmodal Lab at Oxford University who discovered that the smells of lemon and pepper were associated with angular shapes, while raspberry and vanilla were associated with rounded shapes.

This time the results of the Smell-X experiment proved more compelling. Visitors created remarkably distinct and abstract shapes for each scent: rounded, flat, soft, and dense for one, long, vertical, pointy, and dispersed with spikes for the other. Interestingly enough, even the blind person who did the experiment translated the “spiky” scent into a vertical tower with spikes on top, which might indicate promising applications for the visually impaired. “What’s fascinating, adds Olivia Jezler, is that across cultures, even in indigenous cultures, we can find the same cross-modal correspondences.

Looking ahead Olivia Jezler wishes to extend Smell-X to other senses in order to generate “a cross-sensory database that designers could use to design more immersive experiences”. The results could thus be used to elaborate means of non-verbal communication based on the analogy and synchrony of various stimuli, from product design to therapeutic uses, or even the creation of emotionally charged environments in which smells and shapes would be combined to ensure optimum effect (comforting in a hospital, dynamic in a work place, etc). That’s what happens when a curious nose meet a ball of clay!

To learn more about Olivia Jezler’s inspiring work : https://www.psfk.com/2018/06/interview-olivia-jezler- future-of-scent.html

Crédits photo: Timothy Woo

Mathilde Laurent : « Je voulais créer un parfum chimique avec une impression de parfum du XIXe siècle » (Auparfum)

S’il existe un parfumeur qui a exploré de manière approfondie et presque expérimentale la notion de naturel et de synthétique en parfumerie, c’est bien Mathilde Laurent. Avec L’Heure perdue, lancée en 2015 au sein de la collection « Les Heures de Cartier », elle a non seulement proposé une création unique et engagée, mais a surtout rendu un bel hommage à l’utilisation de la synthèse en parfumerie. Entretien.

S’il existe un parfumeur qui a exploré de manière approfondie et presque expérimentale la notion de naturel et de synthétique en parfumerie, c’est bien Mathilde Laurent. Avec L’Heure perdue, lancée en 2015 au sein de la collection « Les Heures de Cartier », elle a non seulement proposé une création unique et engagée, mais a surtout rendu un bel hommage à l’utilisation de la synthèse en parfumerie. Entretien.

La suite de l’entretien est à lire sur Auparfum