Serge Laugier (parfumerie Le Paravent à Lyon) : “J’ai imaginé cette adresse cossue et relaxante dédiée aux voyages olfactifs.”

Serge Laugier, le créateur de la parfumerie Le Paravent à Lyon, nous emmène dans un beau voyage olfactif et nous parle de sa passion et de ses coups de cœur.

serge LaugierPour ce septième rendez-vous de notre série de l’été consacrée aux parfumeries qui distribuent notre revue, nous vous proposons de découvrir la parfumerie Le Paravent à Lyon. Serge Laugier, son créateur, nous emmène dans un beau voyage olfactif et nous parle de sa passion et de ses coups de cœur.  

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Les parfums et les arômes ont tenu une place importante dans mon enfance et mon adolescence. Mon père a longtemps travaillé pour une grande maison viticole de la vallée du Rhône, et j’ai moi-même suivi une formation hôtelière m’offrant l’accès aux restaurants et hôtels les plus prestigieux. Mes meilleurs souvenirs de cette époque sont presque tous rattachés aux parfums et aux saveurs. Puis, après une belle carrière de directeur commercial, j’ai décidé en 2011 d’ouvrir ma boutique de décoration à Lyon. J’ai ainsi découvert la manufacture Cire Trudon et ses merveilleuses bougies parfumées. Le coup de foudre fut immédiat et le succès aussi ! Comme une évidence, j’ai ensuite orienté mon activité sur la parfumerie alternative et c’est une merveilleuse histoire qui se poursuit !

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

Niché au cœur de la presqu’ile dans le quartier des galeries d’Art, j’ai imaginé cette adresse cossue et relaxante dédiée aux voyages olfactifs. Le Paravent propose des marques qualitatives et presque toutes françaises. Le plaisir de recevoir des visiteurs « passionnés des parfums » m’offre souvent de merveilleuse rencontres, de belles émotions ! Récemment, un site de vente en ligne en lien avec les réseaux sociaux vient d’être lancé, c’est un prodigieux outil pour créer des liens et garder le contact avec nos clients !

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

La sélection est l’aboutissement d’une passionnante réflexion d’équipe. C’est un peu comme lorsque l’on tombe amoureux ! Il y a d’abord le coup de cœur lors de la découverte de la gamme des parfums, puis de la démarche et de l’histoire que véhicule la marque. Le feeling avec les créateurs, les nez et les équipes commerciales est aussi très important. Puis s’ajoute une réflexion moins émotionnelle et plus stratégique : que va apporter cette nouvelle marque à notre clientèle ? En quoi est-elle unique (et donc précieuse) ? Comment la présenter au mieux dans la boutique ? Mon but est de proposer une sélection aussi riche que possible dans laquelle chaque client pourra se reconnaître.

Un ou des coups de cœur cette année ?

La Cologne nocturne de la belle maison Le Galion m’a ébloui par sa mystérieuse élégance ! Une eau de parfum hespéridée aux notes boisées et aromatiques absolument addictive ! Mais je retiens aussi L’Île Pourpre, la dernière création de Liquides imaginaires. Un parfum d’une belle complexité, admirablement équilibré, qui évoque si bien les notes fruitées et les épices boisées d’une île fabuleuse…

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, je porte 1270 de Frapin qui me fait retrouver la période olfactive de mon adolescence ! Une pure merveille avec ses arômes d’oranges confites, de miel et de fleurs de vigne, réchauffées par l’immortelle, une vraie dégustation olfactive ! Une création absolument enivrante. Mais je porte souvent Année Folles de La Parfumerie Moderne. Tellement chic et pourtant loin d’être classique avec ses accords subtils de patchouli, de lavande et de géranium… une réussite totale imaginée par Marc-Antoine Corticchiato !

Propos recueillis par mail le 14 août 2016

Vous pouvez également relire les entretiens Auparfum parus pendant l’été 2015 avec Jovoy, Sens UniqueLiquides, Haramens et Marie-Antoinette

Franck et Hugo (parfumerie Oriza L. Legrand Parfums, à Paris) : “Notre magasin est une machine sensorielle à remonter le temps !”

Notre série estivale d’entretiens avec les parfumeries de niche dépositaires de Nez se poursuit avec cette fois la marque Oriza L. Legrand. Franck et Hugo ont bien voulu répondre à nos quelques questions… tout en facétie !

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Franck : J’étais passionné par les créateurs de parfum et les petites maisons confidentielles. Mes recherches historiques à l’aide des archives de la Maison Oriza L. Legrand m’ont permis de mieux appréhender l’univers de la parfumerie. J’espérais qu’un jour ma passion puisse se muer en une participation active…

Hugo : Formé voilà 20 ans (!) à «  L’école » de l’Artisan Parfumeur pendant mes études commerciales en alternance, mon intérêt pour le parfum, « le beau » en général et l’Histoire en particulier, s’est aiguisé au fil de mes expériences professionnelles dans de grandes et petites structures. Après toutes ses années d’apprentissage, la Maison Oriza L. Legrand réunit tous mes centres d’intérêt : le parfum, l’art et l’histoire.

 

Oriza L. Legrand

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

Un bond en arrière de 100 ans, visuellement et olfactivement, avec cette caractéristique que nos parfums anciens sont d’une modernité incroyable. Les clients sont à l’unanimité transportés à La Belle Epoque ou dans les Années Folles dès qu’ils franchissent le pas de la porte. Notre magasin est une machine sensorielle à remonter le temps! Le calme y règne au cœur de l’un des quartiers les plus dynamiques de la capitale. Ici point de luxe tapageur et de lignes épurées… Nous avons pris le parti de l’échoppe accessible et du mobilier chaleureux, en associant l’ Art-déco à l’ Art-Nouveau avec cette touche rococo typiquement Belle Epoque.

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

Seule notre Maison de Parfums est représentée dans notre magasin mis à part quelques accessoires complémentaires au parfum et qui se parfument : écharpes tricotées-main dans les Cévennes, faux-cols, manchettes, nœuds papillon parisiens et mouchoirs lyonnais… Tous les accessoires sélectionnés ou conçus pour nous sont fabriqués artisanalement en France avec cette éthique qui caractérise la Maison Oriza L. Legrand. Les artisans, les matières, la qualité et l’intemporalité les caractérisent. [N.D.L.R. : Eh bien sûr, Nez est également dans la boutique !]

Un ou des coups de coeur cette année ?

 Doux Songe de Gueldy… Ah ? Non nous ne sommes pas en 1911 ??? … Alors un  Oriza L. Legrand  quelle que soit la création!

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? 

FranckVilla Lympia, qui évoque le sable chaud et les embruns… Idéal pour seul vêtement en cette période.

Hugo : Cuir de L’Aigle Russe qui est mien parce que si éloigné de tous les Cuirs de la parfumerie: aromatique, fleuri et si évocateur de la Russie des Tzars!

Propos recueillis par mail le 27 juillet 2016

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Charlotte Châtelet (parfumerie La Maison du Parfum à Rennes) : “Aimer le parfum, c’est aimer la vie !”

Charlotte Chatelet, de la Maison du Parfums à Rennes, qui deviendra en octobre la Maison Orso, nous fait partager sa passion pour le parfum et ses récents coups de cœur.

Nous pouLa maison du parfumrsuivons notre série de l’été des parfumeries qui nous font le plaisir de distribuer notre revue. Pour ce cinquième rendez-vous, après la côte basque, retour en Bretagne avec Charlotte Châtelet, de la Maison du Parfums à Rennes, qui deviendra en octobre la Maison Orso. Elle nous fait partager sa passion pour le parfum et ses récents coups de cœur.

Comment êtes-vous arrivée dans le monde du parfum ?

Toute petite c’est ma grand mère maternelle qui me gardait, elle était passionnée par les parfums et en était une grande consommatrice, de ce fait je l’accompagnais très souvent en parfumerie (à l’époque traditionnelle) et chez Patchouli lorsqu’elle faisait ses achats (Arpège, Poison, Byzance ou Balahé entre autres), mon premier parfum était Sculpture de Nikos.

Ma maman collectionne les flacons et poudriers anciens qu’elle déniche dans les brocantes, donc j’ai toujours vu à la maison des parfums de toutes sortes (l’odeur des fonds de flacons anciens : un régal !)

J’ai toujours été fascinée par cet univers, par le langage olfactif, les émotions qui en émanent alors que nous sommes sur du non palpable, comme je le répète souvent à mes clients. Je suis passionnée par les odeurs, c’est fou la bibliothèque olfactive que l’on peut enregistrer dans notre mémoire ! Je pense qu’aimer le parfum, c’est aimer la vie et être épicurien. Après des études professionnelles en communication, j’ai fait une formation en Parfumerie Cosmétique à Rennes car l’envie était trop forte, et je suis rentrée chez Estée Lauder, quelques années plus tard j’ai ouvert ma boutique.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

J’essaye de proposer un luxe décontracté, d’aborder le sujet avec professionnalisme et simplicité. Pour moi le parfum est relié à pleins d’univers : la mode, le design, la musique, la gastronomie… on peut donc avoir des sujets d’échanges incroyables avec les gens à partir d’une fragrance. Je dirais que c’est un mini marché cette boutique ! Le problème c’est que j’aime tellement de choses qu’il n’y a plus de place !

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

À vrai dire, le choix ne se fait jamais seul, Lila ma sœur qui travaille avec moi depuis peu est passionnée par les accords poivrés, cuirés, et moi par les colognes. Nous faisons participer également Monsieur M. ma moitié, ou Stéphane mon meilleur ami qui est un grand perfumista. Lorsque nous choisissons une nouvelle maison nous nous demandons : à qui allons nous la proposer, comment en parler, l’histoire et la démarche de la maison…

Également lorsque je voyage je vais dans toutes les parfumeries, boutiques, concepts stores à la rencontre de mes confrères afin d’échanger sur le sujet et découvrir de nouvelles marques.

Un ou des coups de cœur cette année ?

Plusieurs !

Pour Lila :

Monsieur. de Bruno Jovanovic aux éditions Frédéric Malle, un patchouli un peu terreux et sirupeux à la fois !

Murmure des Dieux d’une nuit à Bali qui aurait presque l’odeur de la mine de crayon. C’est un parfum exceptionnellement charnel sur la peau.

Pour moi :

Il n’est pas nouveau mais je reste admirative d’Imperial Tea chez By Kilian par Calice Becker, on a l’impression de déguster une tasse de thé au jasmin avec ce petit fond amer ! Absolument incroyable

Et Shameless Seducer de Malbrum (une maison qui va venir prochainement à la boutique), un accord musc-iris-mimosa. Curieux et génial !

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? 

Il faut savoir que la semaine je me parfume peu, voire pas du tout, j’aime bien être neutre, olfactivement parlant,  à la boutique afin d’être entièrement disponible pour la personne que j’accompagne dans sa quête du graal olfactif. Voici mes 5 amours : Colonia Assoluta d’Acqua Di Parma, Zagara de Santa Maria Novella, Escale à Portofino de Dior,  le N°22 de Chanel et White patchouli de Tom Ford.  Aujourd’hui c’est Zagara une cologne qui magnifie la fleur d’oranger.

 

Propos recueillis par mail le 28 juillet 2016

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Paul-Henri Franzone (la parfumerie Autrement à Bayonne) : ” Notre mission ? Trouver votre propre parfum, qui correspond à votre personnalité, à votre peau, à vos envies…”

Paul-Henri Franzone, de la Parfumerie Autrement à Bayonne, a en effet bien voulu répondre à nos questions estivales. Parfumerie hybride, elle propose aussi bien des parfums de niche que mainstream. Et bien sûr, vous y trouverez également Nez !

Quelques jours après avoir publié les réponses malouines d’Alan Malgorn, nous nous tournons vers un littoral plus méridional, le Pays Basque. Paul-Henri Franzone, de la Parfumerie Autrement à Bayonne, a en effet bien voulu répondre à nos questions estivales. Parfumerie hybride, la Parfumerie Autrement propose aussi bien des parfums de niche que mainstream. Et bien sûr, vous y trouverez également Nez !

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

Je suis tombé dans le monde du parfum bébé. J’ai d’ailleurs cassé beaucoup de miniatures puisque mon père les collectionnait et j’avais interdiction de les toucher, vous savez tous ce qui est interdit… En effet mon papa est pharmacien et parfumeur et tout naturellement mes études supérieures se sont passées dans l’univers de la parfumerie de luxe.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

La caractéristique principale de notre parfumerie est l’humain, mes collaboratrices sont expertes dans la parfumerie de niche, le maquillage et le soin. Elles sont formées le plus souvent possible, notre boutique en elle-même est un mélange de parfumerie traditionnelle avec des marques comme Chanel, Guerlain, Sisley, Hermès et de parfums dits de niche moins distribués : Editions de Parfums Frédéric Malle, Houbigant, Orto Parisi, Jean Desprez, Tom Ford, Nasomatto, Lubin, Etat Libre d’Orange, Annick Goutal, Acqua Di Parma…

Notre mission est de trouver votre propre parfum, qui correspond à votre personnalité, à votre peau, à vos envies du moment, bref un vrai moment de partage…

Parfumerie Autrement - Bayonne

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

Nous choisissons nos marques en fonction de leurs originalités, leurs tenues et de la personnalité de leurs créateurs. Nous allons à Milan, à Florence [N.D.L.R. : respectivement les salons Esxence et Pitti Fragranze], à Paris dans les salons appropriés pour nous tenir constamment à la page.

Un ou des coups de cœur cette année ?

Mon coup de cœur de l’année il y en a plusieurs !

S’il fait très chaud  je porte plutôt Eau de rhubarbe écarlate d’Hermès, à la fois amer et désaltérant il est pour moi la plus belle fragrance de l’été. Je porte aujourd’hui Quercia d’Acqua Di Parma magnifique invitation au voyage rempli de caractère…

L’hiver je peux mélanger Cologne bigarade de Frédéric Malle  et Habit rouge Dress Code de Guerlain. La première remplie d’agrumes et de fraicheur et la seconde plus enveloppante et chaude, un mélange subtil et plein de force pour les journées parfois pluvieuses en pays basque…

Propos recueillis par mail le 24 juillet 2016

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Alan Malgorn (parfumerie Charriou à Saint-Malo) : “Mon grand plaisir… passer mes journées à sentir, découvrir de nouvelles marques, de nouvelles créations”.

Nez a interrogé l’inénarrable Alan Malgorn, de la parfumerie Charriou à Saint-Malo. Il nous raconte sa passion pour le parfum et ses récents coups de coeur.

Parfumerie CharriouPour ce troisième rendez-vous estival avec ces parfumeries qui font vivre le parfum (et incidemment, distribuent notre revue), Nez a interrogé l’inénarrable Alan Malgorn, de la parfumerie Charriou à Saint-Malo. Il nous raconte sa passion pour le parfum et ses récents coups de coeur.

Comment êtes-vous arrivé dans le monde du parfum ?

J’ai toujours été passionné par le milieu de la parfumerie, bercé par les parfums de ma mère (First, Arpège, Dune….). Je collectionnais les publicités de magazines, les miniatures. A l’âge de choisir mon orientation professionnelle j’ai d’abord voulu me tourner vers le métier de nez mais malheureusement à l’époque une mauvaise orientation et surtout un niveau faible en physique chimie ont eu raison de mon rêve.

Je me suis donc lancé, j’avoue un peu à contre-cœur dans le commerce mais avec un peu de chance et de culot (un garçon en parfumerie était plutôt rare à l’époque). J’ai commencé en parfumerie à l’âge de 15 ans d’abord en stage et ma patronne me faisant confiance me fit monter les grades au fur et à mesure de mes études pour finir responsable de boutique. Cette année cela fait 22 ans que j’ai commencé dans le secteur.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

Tout d’abord une équipe fidèle et soudée, un esprit familiale dans l’accueil et le conseil ainsi qu’une sélection équilibrée entre parfumerie mainstream et parfumerie de créateurs.

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

En premier lieu, par la découverte de marques, de créations au gré de mes escapades parfumées et recherches tous azimuts. Je sens les créations et si la marque me touche par son discours, par ses pépites olfactives alors je fais découvrir mes recherches au reste de l’équipe.

Si la majorité de mes drôles de dames adhèrent à l’univers olfactif alors nous débutons le partenariat.

Un ou des coups de cœur cette année ?

J’ai eu en effet quelques coups de cœur tout en sachant qu’il y a un nombre assez considérable de parfums que je n’ai pas pu découvrir. Mon grand plaisir : passer mes journées à sentir, découvrir de nouvelles marques, de nouvelles créations.

  • Murmure des dieux de Une nuit a Bali et sa remarquable retranscription des offrandes balinaises en parfum. Un réel parfum de voyage.
  • Chypre 21 de James Heele, un Chypre moderne et totalement androgyne.
  • Tabac tabou de Parfum d’Empire et son sublime travail sur le Tabac.
  • Infusion mimosa de Prada, un parfum doux et solaire. Je l’avoue, j’affectionne particulièrement le travail du nez maison, Daniela Andrier.
  • Close up la prochaine création d’Olfactive Studio avec son ambre addictif.

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? 

Je change tous les jours. Aujourd’hui je porte Lavande Velours  de n-cigale avec Anice d’Etro. Je suis dans ma phase de superposition de parfums. J’aime la facette savon de Marveille lavandé de N-cigale et la note anisée du parfum de chez Etro.

Propos recueillis par mail le 23 juillet 2016

Vous pouvez également relire les entretiens Auparfum parus pendant l’été 2015 avec Jovoy, Sens Unique, Liquides, Haramens et Marie-Antoinette

Dorothée Duret (parfumerie Le Nez Insurgé, à Bordeaux) : “L’odorat est le premier langage, directement connecté à une fonction vitale.”

Dorothée Duret, de la parfumerie Le Nez Insurgé, nous dévoile son parcours, son rapport au parfum, artistique et sensible, ses coups de coeur…

dorothee-duret-nezCet été, Nez a décidé de vous faire découvrir quelques-unes des parfumeries qui nous ont fait le plaisir, dès notre premier numéro, de distribuer notre revue. Après notre entretien avec Isabelle Gallet à Toulouse, faisons un saut jusqu’à Bordeaux et donnons la parole à Dorothée Duret, de la parfumerie Le Nez Insurgé. Elle nous dévoile son parcours, son rapport au parfum, artistique et sensible, ses coups de coeur… 

Comment êtes-vous arrivée dans le monde du parfum ?

Par instinct. J’ai grandi dans différents pays d’Afrique, j’ai fait des études de style à Paris et j’ai travaillé comme visuel merchandiser un peu partout en Europe. Finalement, lassée de bouger, j’ai voulu me sédentariser et devenir mon propre patron. Un jour, j’ai eu l’opportunité de reprendre un bail commercial dans LA rue de Bordeaux [N.D.L.R. : 32, rue du Pas-Saint-Georges], ça a fait des étincelles dans tous les sens et voilà Le Nez Insurgé.

Mon intérêt pour le parfum vient essentiellement de mon attirance pour l’art. L’odorat est le premier langage, directement connecté à une fonction vitale. Il est pour moi le sens le plus réceptif à l’art. Je n’ai pas de formation en parfumerie et j’aime l’idée d’être une profane. Je fais confiance à ma sensibilité, j’essaie de ne jamais rentrer dans la comparaison et je préserve ma naïveté olfactive. Je ne prétends rien, je me fais plaisir et j’apprends tous les jours.

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

Au premier abord, le nom et l’esthétique de la boutique intriguent les passants, ils se demandent ce qu’il se passe dans cet endroit et que peut bien être un “nez insurgé”. Puis il y a la sélection pointue, toujours plus confidentielle. Les visiteurs adorent découvrir des marques qu’ils ne connaissent pas, ils viennent en explorateurs, ils veulent être surpris.

Ensuite, il y a indéniablement l’accueil, l’ambiance est très décontractée, on rit, on bouscule les tabous, on fait redescendre la pression du portefeuilles aussi car le parfum ne minaude pas, il touche.

Le parfum doit être à la portée des gens, alors ici, on n’emploie pas vraiment de termes techniques, on matérialise le parfum, on parle d’une couleur, d’une voix, d’une texture, d’un trait de caractère. Je dis souvent d’un parfum qu’il est fourbe, vaniteux, espiègle ou bien d’autres qualificatifs. Jessica qui m’accompagne à la boutique depuis quelques mois a d’ailleurs à son actif une personnification de Bubblegum Chic de Heeley en Poison Ivy (Uma Thurman dans Batman et Robin) qui claque son chewing-gum avec un air désabusé… j’adore.

Des événements sensoriels sont régulièrement organisés à la boutique. On y fait entre autres des interprétations sonores, visuelles ou gustatives des parfums. Dans tous les cas, ces événements ont une dimension artistique et créative où tous les sens convergent vers le parfum.

Nez Insurgé -

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

Dans un premier temps, j’explore l’imaginaire des marques. Plus il est éloigné du parfum en apparence, plus ça m’intéresse. J’ai une affection particulière pour les univers mystiques et les parfums animalisés mais je suis également très touchée par la poésie des créateurs qui racontent sincèrement leur propre histoire. Ensuite, je sens les parfums et si le travail technique est cohérent, le charme opère. Les parfums doivent être habités, je veux vivre une rencontre. J’aime le parfum intellectualisé et je privilégie les maisons indépendantes.

Un ou des coups de cœur cette année ?

C’est une question cruelle, il serait trop long de lister tous mes coups de cœur cette année. Alors je dirais : Shameless seducer de Malbrum  pour sa sublime nudité, Iris cendré de Naomi Goodsir pour son mystère omniprésent, Luci ed ombre de Masque Milano pour l’excitation du danger, le loup-garou qui guette et Particules imprévisibles des Eaux primordiales pour ses contrastes et son mouvement.

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?

Aujourd’hui il fait 38°, je n’aime pas porter un parfum frais quand il fait chaud. C’est un peu comme repeindre tous les murs d’une pièce sombre en blanc pour trouver la lumière au lieu de sublimer l’obscurité. Alors je porte 1697 de Frapin en extrait. J’en mets peu bien entendu et je le laisse se déployer avec la chaleur. Les bois chauds et gourmands sur une peau moite, c’est génial.

Propos recueillis par mail le 21 juillet 2016

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Isabelle Gallet (parfumerie Santa Rosa, à Toulouse) : “Ma boutique est éclectique, chic, fantastique, unique et authentique !”

Cet été, Nez a décidé de vous faire découvrir quelques-unes des parfumeries qui nous ont fait le plaisir, dès notre premier numéro, de distribuer notre revue. Nous débutons cette série avec Isabelle Gallet, de la parfumerie Santa Rosa à Toulouse.

Cet été, Nez a décidé de vous faire découvrir quelques-unes des parfumeries qui nous ont fait le plaisir, dès notre premier numéro, de distribuer notre revue. Nous débutons cette série avec Isabelle Gallet qui a repris la parfumerie Santa Rosa à Toulouse en octobre 2015.

Isabelle Gallet - Parfumerie Santa Rosa - ToulouseComment êtes-vous arrivée dans le monde du parfum ?

Petit hasard de la vie ! Agent immobilier depuis 25 ans sur Toulouse, j’ai rentré la boutique Santa Rosa à vendre pour le départ à la retraite de l’ancienne propriétaire ! Coup de foudre, coup de cœur, évidence, partition déjà écrite… Appelons-le comme on veut ! Pas de réflexion aucune pour acheter cette boutique, moi la folle de parfums depuis toujours !

Qu’est-ce qui selon vous caractérise votre boutique ?

Ma boutique, très sélective dans le choix de ses parfums est éclectique, chic, fantastique, unique et authentique ! Plus sérieusement, Santa Rosa est une belle parfumerie où les clients savent qu’ils vont trouver des marques de niche, rares, des conseils, du rêve, et l’expertise de mes 2 vendeuses très régulièrement formées. J’ai la chance de vendre Frédéric Malle, Santa Maria Novella, Aesop, Byredo, Miller Harris en exclusivité et d’autres belles marques que je partage comme Annick Goutal, Acqua Di Parma, Comptoir Sud Pacifique

Comment faites-vous la sélection des marques qui entrent chez vous ?

Je rentre les marques en étant à l’affût de ce que je lis dans mes revues de presse hebdomadaires, de mes balades à Paris ou ailleurs, ou tout simplement à la boutique quand je rencontre des gens extraordinaires comme Philippe de la Parfumerie Moderne entre autres…

Un ou des coups de cœur cette année ?

Mes coups de cœur de l’année : Monsieur. de Frédéric Malle [N.D.L.R. : Monsieur. fait partie des coups de coeur de Nez#1] et Quercia de chez Acqua Di Parma.

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ? (et en quelques mots, pourquoi ? qu’appréciez-vous dans ce parfum)

En ce moment, je porte le Patchouli de Santa Maria Novella, bel aromatique que j’adore l’été… et aussi l’hiver mais là je le mélange à d’autres… mais chut !

Vous pouvez également relire les entretiens Auparfum parus pendant l’été 2015 avec Jovoy, Sens Unique, LiquidesHaramens et Marie-Antoinette

Propos recueillis par mail le 18 juillet 2016