“Le nez des designers” : François Azambourg, designer

Après Noé Duchaufour-Lawrance, c’est au tour de François Azambourg de prendre part au jeu de questions-réponses pour la série “Le nez des designers”.

Pour le quatrième numéro de Nez, la revue olfactive, Pascale Caussat a demandé à des designers de partager avec nous leurs souvenirs et leurs références olfactives… Et elle a eu la chance de récolter de nombreuses réponses.

Faute d’avoir pu toutes les publier dans les pages consacrées à cette rubrique dans la revue papier (p.9-11), nous leur dédions ici un espace qui vous offrira, nous l’espérons, un prolongement agréable à la lecture du “Nez des designers”.

Après Noé Duchaufour-Lawrance, c’est au tour de François Azambourg de prendre part au jeu de questions-réponses pour la série “Le nez des designers”.

©Villa Kujoyama 2015

Designer touche-à-tout, François Azambourg alterne entre performance artistique, création de matériaux nouveaux, et adaptation à la réalité sociale et industrielle. Ce designer accumule les récompenses grâce à une grande sensibilité qui lui permet d’aborder de manière juste les problèmes qui l’entourent tout en originalité.

 

-Quel est votre premier souvenir olfactif ?

L’odeur des immortelles sur les arrières plages de Vendée.

-Y a-t-il un parfum qui a marqué votre vie ?

Celui de ma mère, Shalimar de Guerlain.

-Une odeur dont vous ne pouvez pas vous passer ?

La senteur des vents marins.

-Un lieu dans le monde dont vous aimez particulièrement l’odeur ?

L’odeur du jardin remarquable Saint-Bernard au pied de la Villa Noailles.

-Si votre création avait une odeur, que sentirait-elle ?

L’odeur de la forêt après la pluie. Elle est révélée par l’éveil des sens.

-En tant que designer, que représente le parfum pour vous (sa fonction, son rôle social…) ?

Le parfum représente la mémoire olfactive comme l’épisode de la madeleine de Proust. Il actionne les souvenirs.

“Le nez des designers” : Noé Duchaufour-Lawrance, architecte, designer et sculpteur

La série du nez des designers du quatrième numéro de Nez se prolonge ici, avec pour commencer, Noé Duchaufour-Lawrance.

Pour le quatrième numéro de Nez, la revue olfactive, Pascale Caussat a demandé à des designers de partager avec nous leurs souvenirs et leurs références olfactives… Et elle a eu la chance de récolter de nombreuses réponses.

Faute d’avoir pu toutes les publier dans les pages consacrées à cette rubrique dans la revue papier (p.9-11), nous leur dédions ici un espace qui vous offrira, nous l’espérons, un prolongement agréable à la lecture du “Nez des designers”.

C’est Noé Duchaufour-Lawrance qui inaugure cette nouvelle série sur “Le nez des designers”.

De l’architecture de restaurants et d’aéroports, au design de mobilier et de luminaires, en passant par le dessin de flacons de parfums Paco Rabanne (One Million et Lady Million), Noé Duchafour-Lawrance, architecte designer et sculpteur, s’impose dans le milieu artistique par des réalisations hors normes et diverses.

– Ton premier souvenir olfactif ?

La menthe sauvage écrasée sous les pneus de la 2CV de ma mère quand elle se garait devant la maison.

-Un parfum qui a marqué ta vie ?

Loulou de Cacharel, une amourette de jeunesse en mettait, ça me bouleversait.

-Une odeur dont tu ne peux pas te passer ?

L’air marin iodé.

-Un lieu dans le monde dont tu aimes particulièrement l’odeur ?

N’importe où en bord de mer.

-Si tes créations avaient une odeur, que sentiraient-elles ?

L’iode puis le bitume après une pluie d’orage.

-En tant que designer, que représente le parfum pour toi ?

Le parfum c’est notre mémoire, il prolonge nos sens, c’est un complément d’objet.

Images © Radio France / Vincent Josse

“Le nez des illustrateurs” : Rémi Malingrey, dessinateur de presse et illustrateur

Nez prolonge en ligne sa rubrique “Le nez des illustrateurs” proposée dans son troisième numéro. Nous vous proposons aujourd’hui Rémi Malingrey, interrogé par Pascale Caussat.

Pour le troisième numéro de Nez, la revue olfactive, nous avons demandé à des illustrateurs de partager avec nous leurs souvenirs et leurs références olfactives… Et nous avons eu la chance de récolter de nombreuses réponses.

Faute d’avoir pu toutes les publier dans les pages consacrées à cette rubrique dans la revue papier (p.9-11), nous leur dédions ici un espace qui vous offrira, nous l’espérons, un prolongement agréable à la lecture du “Nez des  illustrateurs”.

Nous vous présentons aujourd’hui le dernier illustrateur de notre série : Rémi Malingrey.

 

 

Dessinateur de presse et illustrateur depuis les années 80, son travail a été de nombreuses fois exposé dans des musées et galeries. Il a publié notamment Chagrin mode d’emploi  et Fumer de l’argent rend pauvre, aux éditions Verticales.

 

-Quel est ton parfum ?

Je n’en ai pas. Mettre du parfum est un geste qui ne m’est pas naturel. Je reconnais celui que j’aimerais bien quand je le croise, mais je ne fais jamais l’effort de le trouver. J’aime bien quand mes vêtements sentent le feu de bois, mes cheveux la rivière ou mes doigts la terre.

-Ta madeleine de Proust ?

C’est l’odeur du foin pour les lapins que je retournais à la fourche quand j’étais môme pour le faire sécher d’un côté puis de l’autre. Mais aussi l’odeur du poulailler, chaude et suave où naissent les poussins. Ou encore le tilleul sur la place du village. Ce n’est plus une madeleine, c’est la boîte !

-Ton pire souvenir olfactif ?

L’odeur du ventilo qui crame un jour de départ en vacances en pleine canicule dans la voiture chargée à bloc au milieu des bouchons à mille kilomètres du bateau réservé depuis six mois pour une traversée vers la Corse le lendemain matin. Le dépanneur nous a conseillé de finir pied au plancher pour ventiler le moteur le plus possible et de mettre le chauffage à fond dans les montées… On l’a fait !

-Et tes dessins, ils sentent quoi ?

Mes dessins sentent la déconne. Les couleurs qui pètent. L’élégance et la trivialité. Une odeur de cirque et de coulisses.

 

Rémi Malingrey nous a offert en prime un texte inédit que nous vous livrons ici :

Mon papy

Mon papy est épatant, la semaine dernière, il s’est offert deux gardes du corps armés pour la journée en passant par une agence moscovite, il les a fait venir dans son salon et il a fait comme les mecs dans les films, ceux qui montent avec une prostituée et qui passent la nuit avec elle sans la toucher, juste à la contempler en parlant philosophie, le truc, tu n’y crois pas une seconde, il a fait pareil avec les portes flingues, il leur a dit, les gars rangez votre artillerie et sortez vos biscoteaux, on va aller secouer le mirabellier dans le verger du fond, tu penses, les mecs, ils se sont dits, il nous fait le coup de l’intello avec la pute, mais ils n’ont pas moufté et ils ont secoué proprement les branches du vieil arbre, l’une après l’autre, pour mon papy et ils ont rempli un beau cageot de mirabelles dorées, oranges même, mûres à point, prêtes pour la tarte et papy il a dit, on rentre à la maison, le four est chaud la pâte est prête, y a plus qu’à rouler, alors ils ont dénoyauté les mirabelles puis ils ont passé leurs mains collantes sous le robinet d’eau claire, la tarte est allée au four et papy est sorti fumer une pipe pendant que les deux ruskofs comparaient leurs calibres, un Beretta 89, l’année de la chute du mur et un Popov 1890, l’année de la naissance de Groucho Marx, mais bientôt la maison s’est remplie de cette odeur indicible comme on dirait qu’elle se remplit de bonheur, le parfum des fruits juteux qui cèdent à la chaleur sur la pâte sucrée qui caramélise doucement, papy a dit aux deux petites frappes qu’il allait être l’heure de gagner leur croûte, vous sortez vos pétards les gars et vous ne laissez plus rentrer personne, il a sorti la tarte du four, puis il s’en est coupé une part et s’est laissé glisser dans ses souvenirs d’enfance quand cette même odeur envahissait la maison, envahissait tout son esprit, tous les pores de sa peau et pénétrait même jusque dans son short, que la vie était simple et que rien ne pouvait lui arriver puisqu’il avait dix ans et l’éternité devant lui et à cette pensée, papy verse une larme de bonheur, il enfonce son dentier dans sa part de tarte encore fumante, les épaules secouées par une émotion enfantine, alors vous comprenez faudrait pas que quelqu’un déboule à ce moment précis et gâche l’émotion de papy, c’est sacré l’émotion d’un papy, c’est pour ça qu’il se paye deux portes flingues papy, pour pouvoir sangloter peinard sur sa part de tarte aux mirabelles sans que personne déboule inopinément.

 

 

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“Le nez des illustrateurs” : François Warzala, graphiste et illustrateur

Nez prolonge en ligne sa rubrique “Le nez des illustrateurs” proposée dans son troisième numéro. On continue avec François Warzala, graphiste et illustrateur, interrogé par Pascale Caussat.

Pour le troisième numéro de Nez, la revue olfactive, nous avons demandé à des illustrateurs de partager avec nous leurs souvenirs et leurs références olfactives… Et nous avons eu la chance de récolter de nombreuses réponses.
Faute d’avoir pu toutes les publier dans les pages consacrées à cette rubrique dans la revue papier (p.9-11), nous leur dédions ici un espace qui vous offrira, nous l’espérons, un prolongement agréable à la lecture du “Nez des  illustrateurs”.

Aujourd’hui, c’est François Warzala qui révèle ses secrets olfactifs…

 

Illustrateur et graphiste français qui a fondé sa propre agence de design et de communication visuel. Il nous avait enchantés avec sa bande dessinée politique sur la réalité de la vie politique de Bertrand Delanoë, en exercice à l’époque, Monsieur Bertrand ou la vraie vie du maire de Paris (Seuil).

Portugal enfance FWarzala

 

-Quel est ton parfum?

Bien que, la plupart du temps, je ne me parfume pas, j’ai parfois porté Habit rouge de Guerlain ou Allure pour homme de Chanel. Sinon, j’aime beaucoup Angéliques sous la pluie de Jean-Claude Ellena chez Frédéric Malle.

-Ta madeleine de Proust?

L’odeur du mimosa et des pins. Quand j’étais enfant, j’ai passé du temps au Portugal et il y avait une maison au bord de la mer où nous allions régulièrement le week-end. Autour, il y avait des pins dont on récoltait la sève et je me rappelle des petites boules jaunes des fleurs de mimosa du jardin. Aujourd’hui, dès que je sens une de ces deux odeurs, je me retrouve transporté dans le passé et un sourire apaisé me vient spontanément aux lèvres.

-Ton pire souvenir olfactif?

Une odeur particulière de la cantine quand j’étais enfant, ressemblant étrangement à celle des caniveaux ou du chien mouillé. Une odeur froide aux relents d’eau croupie qui laisse un goût métallique dans la bouche. À vomir.

-Et tes dessins, ils sentent quoi?

Ça dépend. Il y a bien sûr l’odeur du papier, de l’aquarelle ou de la gouache mais, quand je travaille les couleurs sur ordinateur, il n’y a plus rien. Alors, l’odeur des dessins, je dirais plutôt que c’est celle qui surgit dans mon imagination, celle qui accompagne ce que je représente. En fait, j’aimerais que mes images sentent la poésie.

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“Le nez des illustrateurs” : Le Collectif Ensaders

Nez prolonge en ligne sa rubrique “Le nez des illustrateurs” proposée dans son troisième numéro. On poursuit avec les membres du Collectif Ensaders, interrogés par Pascale Caussat.

Pour le troisième numéro de Nez, la revue olfactive, nous avons demandé à des illustrateurs de partager avec nous leurs souvenirs et leurs références olfactives… Et nous avons eu la chance de récolter de nombreuses réponses.
Faute d’avoir pu toutes les publier dans les pages consacrées à cette rubrique dans la revue papier (p.9-11), nous leur dédions ici un espace qui vous offrira, nous l’espérons, un prolongement agréable à la lecture du “Nez des  illustrateurs”.

C’est aujourd’hui le Collectif Ensaders qui répond à nos questions.

Collectif Ensaders

Il s’agit de la réunion unique de trois illustrateurs ( Yann Bagot, Kevin Lucbert et Nathanaël Mikles) dont la singularité est celle d’un véritable travail collectif parfois au sein même d’une feuille. C’est une vision poétique et enchanteresse de ce métier qu’ils proposent et où leur mot d’ordre est le suivant: “Nous sommes pour un monde absurde et le réenchantement du réel. Nous réveillons les mythes car nous savons que les mystères existent encore”. Vous avez pu les croiser au détour d’une page du magazine M Le Monde, lors de la participation à une fresque collective l’année dernière au Musée Passager à Cachan et l’illustration du livre Qui rira Paiera, aux Editions Solo Ma Non Troppo pour ne citer qu’un petit bout de leur actualité.

 

-Quel est votre parfum ?

Nous ne mettons plus de parfum depuis la fin du collège, toutefois certains membres du collectif prétendent n’en avoir jamais utilisé… Mais cela ne nous empêche pas d’avoir du nez et des idées sur la question. Nous souhaitons même créer notre propre parfum : Parfumos, le parfum qui sent certaines fleurs. Un bouquet de plaisir et de surprises, un parfum pour tous, une fragrance raisonnable, un bouillon capiteux, tout feu tout flamme, mi-figue mi-raisin, pour ne plus jamais passer inaperçu.

-Votre madeleine de Proust ?

L’odeur douce des pâtes en train de cuire nous rappelle simultanément notre tendre enfance et le déjeuner de la veille à l’atelier. L’odeur de chlore aux abords d’une piscine municipale, souvenirs de ploufs tsunamiques et de cavalcades épiques au bord du bassin jusqu’à ce que retentisse la douce voix du maître-nageur furieux. L’odeur des marrons chauds vendus dans la rue en hiver.

-Votre pire souvenir olfactif ?

Les cahiers neufs dans les allées des supermarchés en septembre. L’odeur âcre de n’importe quel rayon parfum de grande surface, lorsque chaque odeur tente de couvrir l’autre. On n’en sort jamais indemne ! L’odeur de renfermé chez papy et mamie qui n’ouvraient jamais leurs fenêtres. L’odeur stérile et inquiétante de l’hôpital nous rappelle qu’au détour des couloirs rincés abondamment à l’eau de javel, la maladie et la mort rôdent…

-Et vos dessins, ils sentent quoi ?

Parmi les mille senteurs de joie qu’ils évoquent… Une usine de bonbons construite sur un cimetière indien, un rôti d’ours blanc sur la banquise, la danse du plastique au fond des mers, une banane flambée à la poudre à canon, une panse de brebis farcie aux sushis, le Sahara après la pluie, une forêt pendant le brame du cerf, le bitume fraîchement répandu sur un champ de fraises, une meule de foin dans un vestiaire de rugby, de l’éther renversé sur une veste en cuir, un restaurant universitaire sur Alpha du Centaure, une écurie enduite de miel, un fer à souder brûlant planté dans un gâteau d’anniversaire, un poulpe farci avec du savon, l’incendie d’une usine de poupées Barbie…

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“Le nez des illustrateurs”: Zelda Zonk, graphiste et illustratrice

Nez prolonge en ligne sa rubrique “Le nez des illustrateurs” proposée dans son troisième numéro. On commence avec Zelda Zonk, interrogée par Pascale Caussat.

Pour le troisième numéro de Nez, la revue olfactive, nous avons demandé à des illustrateurs de partager avec nous leurs souvenirs et leurs références olfactives… Et nous avons eu la chance de récolter de nombreuses réponses.
Faute d’avoir pu toutes les publier dans les pages consacrées à cette rubrique dans la revue papier (p.9-11), nous leur dédions ici un espace qui vous offrira, nous l’espérons, un prolongement agréable à la lecture du “Nez des  illustrateurs”.

C’est aujourd’hui Zelda Zonk qui inaugure cette nouvelle série sur “le nez des illustrateurs”.

 

 

 Zelda Zonk

En référence au fameux pseudonyme qu’emprunta un temps la célèbre actrice américaine Marilyn Monroe, cette illustratrice française, graphiste de formation, est devenu une référence et joue sur les codes attendus de la littérature jeunesse avec notamment la collection parue en 2015 Les contes défaits (Éd. Playback) qui revisitent les  grands classiques des contes de fées.

 

Quel est ton parfum ?

En ce moment, je porte Homme élégant de Fragonard. Mais c’est parce que je n’ai plus d’Eau d’orange verte d’Hermès…

Ta madeleine de Proust ?

Dans le même registre que celui de Marcel, ce sont les petits sablés traditionnels du Noël alsacien. Des Bredele à la poudre d’amande, à la cannelle et aux épices, de formes variées. Leurs fumets et leurs goûts m’évoquent immanquablement l’enfance.

Ton pire souvenir olfactif ?

Je déteste l’odeur de la colle en bombe. C’est un produit que j’ai beaucoup (trop !) utilisé quand j’étais étudiante aux Arts Appliqués, pour présenter mes travaux sur planches. Quand il m’arrive d’en sentir l’horrible effluve, chez des copains graphistes, je fuis !

Et tes dessins, ils sentent quoi ?

Je dessine sur palette graphique alors mes dessins sont inodores (ma palette est bien vieille, certes, mais pas encore suffisamment pour sentir). En revanche, lorsqu’ils sont imprimés, mes dessins sentent l’odeur de l’encre et des solvants d’imprimerie. C’est une odeur fugace, que j’aime assez, mais je crois qu’elle répugne plus d’un lecteur.

 

Plus d’informations sur http://www.zeldazonk.fr/

 

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