Corpo 35 : un concours pour les nouveaux Nez !

Le concours Corpo 35 donne l’opportunité à de jeunes parfumeurs créateurs de présenter leurs parfums à un jury de professionnel. Alors que la seconde édition vient d’être lancée, retour sur les gagnants de l’année 2017 !

La remise de prix de la première édition de Corpo 35 a eu lieu le 8 juin dernier à la parfumerie Jovoy, à Paris.

Ce concours est né à l’initiative de la parfumerie de niche Rouennaise 35 Rue Damiette, l’idée étant de faire connaître et de donner leur chance aux nez de demain.  27 participants ont tenté leur chance pour cette première édition, parmi lesquels 18 finalistes ont été sélectionnés.


Chaque candidat a composé un parfum qui a été présenté à un jury composé de professionnels du parfum. Les 5 gagnants verront leur création ainsi que leur bougie parfumée distribuées dans les boutiques 35 rue Damiette et Jovoy.

La gagnante du concours Corpo 35 : Anne Dussourt (23 ans) – Senteur des Vignes


 

Avec un père vigneron et un grand-père cuisinier, Anne a grandi au milieu des saveurs et des odeurs. Après une licence de chimie, elle a intégré le Master formulation-évaluation sensorielle de l’ISIPCA, en alternance chez Synarome, société qui fabrique des matières premières et des bases.

Son parfum Senteur des Vignes est sa deuxième création. Elle s’est inspirée “d’une balade dans le vignoble alsacien au printemps, lorsque le soleil se couche et vient doucement réchauffer les vignes”.
On retrouve dans sa formule des notes hespéridées vertes, qui représentent “les raisins en devenir, les feuilles de vigne”, un cœur de fleurs blanches qui rappelle à la jeune parfumeur un “sentiment de quiétude, de confort”, et un fond boisé vétiver qui évoque le cep de vigne.

2ème Prix: Tanguy Guesnet (23 ans) – Fleur de Chamallow

 


Tanguy est en deuxième année de Master formulation-évaluation de l’ISIPCA, en alternance chez l’IFF (International Flavors & Fragrances), maison de composition américaine.  Passionné depuis l’enfance par les odeurs, il découvre le métier de parfumeur à 12 ans et décide d’orienter tout son parcours scolaire dans cette direction.
Il admire les formules courtes et efficaces de Bruno Jovanovic, la signature olfactive de Jean-Claude Ellena. Il aimerait continuer une carrière chez IFF.
Il puise ses inspirations dans les œuvres d’art, mais aussi dans la cuisine. Pour son parfum Fleur de Chamallow, il s’est inspiré d’une spécialité américaine de Thanksgiving, qu’il a eu l’occasion de goûter lors de son échange universitaire aux Etats-Unis. Ce plat est composé de patates douces, de chamallows et de cacahuètes.
La création de Tanguy s’articule autour du cœur de carotte, d’un accord chamallow, de vétiver, de néroli et de cashmeran.
Il s’agit de sa deuxième création car il avait déjà présenté un premier parfum à l’occasion du concours de la SFP (Société française des parfumeurs).

 

3ème Prix: Bérénice Watteau (25 ans) – Qu’importe le flacon

 

 

Après sa licence de chimie, Bérénice a intégré le Master formulation-évaluation sensorielle de l’ISIPCA, en alternance chez Givaudan en évaluation parfumerie fine. Aujourd’hui, elle est en Master marketing international de la parfumerie, toujours en alternance chez Givaudan.
Pour sa création Qu’importe le flacon, elle s’est inspirée d’un bar parisien spécialisé en rhums de niche provenant du monde entier.

À partir de ce souvenir, elle a créé un parfum autour d’un accord Cuba Libre, immortelle et vanille.

4ème Prix: Eléonore de Staël (25 ans) – Indigo

 

Après avoir fait une école de commerce, elle entreprend le GIP (Grasse Institute of Perfume) où elle sort major de sa promotion. En plus de son expérience dans les domaines commercial et artistique, Eléonore a également acquis l’expérience du terrain et du contact direct avec le client, en travaillant comme vendeuse pour de grandes marques.

Le nom de son parfum, Indigo, lui a été inspiré par le conte olfactif autobiographique du même nom, qu’elle a écrit. L’indigo, composé de bleu qui lui évoque la sérénité, et d’une pointe de rouge, qui symbolise la passion, représente aux yeux d’Eléonore « l’équilibre, l’harmonie ». Soutenue par Bertrand Duchaufour, elle a cherché à retranscrire cela à travers la rose de Damas, la vanille et la cannelle.  

5ème Prix : Sabah Dihmane (30 ans) – Astre d’Orient 

 

 

Après avoir suivi la formation d’assistant parfumeur de l’ISIPCA, en alternance chez Symrise, Sabah est entrée dans la maison de composition en tant qu’assistante parfumeur et y travaille depuis 10 ans.
Pour sa première création, elle a eu l’aide de Symrise qui lui a donné accès aux matières premières, ainsi que le soutien du parfumeur Maurice Roucel.

Sabah n’a pas de cursus dans la formulation, mais a une formation de pianiste (quinze ans de conservatoire en classique, jazz et oriental), et c’est ce qui l’a aidée à formuler son parfum : “J’ai joué avec les notes des matières premières comme je joue avec les notes de mes partitions”.

Son parfum se nomme Astre d’Orient, en hommage à l’immense chanteuse égyptienne Oum Khaltoum, dont elle a appris les partitions étant petite.


La prochaine édition de Corpo35 est déjà lancée. Si vous souhaitez vous inscrire, vous avez jusqu’au 30 septembre. Vous pouvez le faire sur le site du concours. 

Franco Wright (Lucky Scent) : “Je peux porter jusqu’à cinq parfums”

(Article in French and English)
Nez donne la parole aux parfumeries qui distribuent la version anglaise de notre revue. Deuxième étape de notre tour du monde : Lucky Scent à Los Angeles, USA.

(see the English version after the French part)

Cet entretien prolonge notre tour du monde des parfumeries de niche qui nous font le plaisir de distribuer la version anglaise (et parfois aussi française) de Nez. Pour cette deuxième étape, nous vous proposons une virée californienne, à Los Angeles, pour découvrir Lucky Scent en compagnie de Franco Wright. 

Comment êtes vous-entrés dans le monde du parfum?

C’était un peu par accident; mon associé Adam et moi avions lancé une agence de design en 1999, dans laquelle nous faisions principalement du web design et de la publicité. Étant donné que nous créions déjà des sites internet pour de nombreux clients, nous avons eu l’idée de créer notre propre site de e-commerce spécialisé dans le luxe. Au départ, j’ai suggéré un site avec exclusivement des sacs à main, des chaussures et des parfums… Mais Adam m’a ramené à la réalité, et nous avons décidé de nous consacrer aux parfums. L’une de nos inspirations a été l’Eau de Cologne Comme Des Garçons qui était justement introuvable sur le net, et nous avons commencé à partir de là. Notre tout premier client était notre livreur FedEx !

Quelles sont, selon vous, les spécificités de votre boutique?

Notre objectif était de créer une boutique de parfums à la fois accueillante et passionnante, un lieu où l’on voudrait flâner, découvrir les parfums et discuter. Nous avons finalement réussi à créer une joyeuse communauté, dans un lieu où l’on ne pousse pas à l’achat.

Comment sélectionnez-vous les marques que vous vendez dans votre boutique ?

C’est toujours une question compliquée, il n’y a pas de réponse facile ! Chaque marque que nous choisissons doit généralement respecter une multitude de critères. Chaque année, on assiste à la création de nombreuses marques, ce qui rend le choix d’autant plus difficile.

Avez-vous eu un ou plusieurs coup(s) de coeur cette année ?

MEM de Bogue Profumo est spectaculaire, et Nuit de Bakélite est une interprétation révolutionnaire de la tubéreuse.
J’ai également un faible pour toutes les créations de Comme Des Garçons, donc avoir leurs rééditions en magasin est une joie.

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?

Je suis entouré de parfums toute la journée, je sens et essaye des dizaines de parfums qu’on nous propose; donc j’ai tendance à porter ce que j’ai en face de moi sur le moment, parfois

Je peux porter jusqu’à cinq parfums. En revanche, le soir et le week-end, j’ai besoin d’une pause et c’est à ces moments là qu’opère le charme de Molecule 01 d’Excentric Molecules.

Qu’est-ce qui vous a convaincus de distribuer la revue “Nez”?

Tout d’abord, le design de la revue est magnifique : les illustrations, la typographie… C’est ce qui m’a attiré dans un premier temps, mais le contenu s’est avéré être passionnant ; je dis donc bravo à la rédaction de Nez pour ce travail incroyable !

Comment vos clients y réagissent-ils?

Nous avons rapidement écoulé notre première commande, sans même annoncer officiellement que nous distribuions Nez. Je dirais donc  que les clients sont très enthousiastes !

Franco Wright and Adam Eastwood, founders of Lucky Scent

English version

Franco Wright (Lucky Scent) : “I tend to wear what’s in front of me at that moment; sometimes it can be as many as 5 different fragrances”

This interview continues our world tour of the niche perfumeries that honored us by becoming retailers of our magazine. For our third stop, we invite you to a Californian trip, to Los Angeles, to discover Lucky Scent with Franco Wright.

How did you get into the world of perfume?

It was a bit of an accident— both Adam (by business partner) and I had started a design agency back in 1999— mostly doing web design and advertising. So this idea came about doing an luxury site “on the side” and since we were building sites for so many clients— why not try our hand at e-commerce? Initially I suggested a site focusing solely on handbags, shoes and perfumes…  but Adam brought me down to reality and we settled on fragrances… and interestingly enough one of the inspirations was a CDG eau de cologne that we couldn’t find online…. so it went on from there. Our very first customer was our Fedex delivery driver!

According to you, what are the specificities of your shop?

Our goal was to create a fragrance boutique both thrilling and inviting; a place you’d want to hang out and explore perfumes and enjoy conversation;  in turn we’ve created a really fun community in a setting free from pushy sales tactics.

How do you choose the brands that you sell in your shop?

That’s always a hard question, there is no easy answer! Every brand we choose usually has to meet a multitude of criteria before we bring it in. Each year the market is getting more saturated so the curation process is becoming much more challenging.

Have you had any crushes this year?

Bogue’s MEM is spectacular.  Naomi Goodsir’s Nuit de Bakélite is a groundbreaking take on tuberose. And I have a soft heart for all things comme des garçons, so having their re-releases back in stock is a real joy.

What perfume do you wear today?

Being around fragrance all day long… smelling and testing dozens of submissions, I tend to wear what’s in front of me at that moment; sometimes it can be as many as 5 different fragrances.  But at night and on weekends… I need a break and that’s where Molecule 01 works its charm.

What made you choose to sell “Nez” in your shop?

First, the magazine is beautifully designed…. the illustrations, typefaces… that’s what drew me in; but the content turned out to be the real treat; so I say bravo to the Nez team for incredible work!

How do your customers react to it?

We’ve quickly sold out of our first order – without formally announcing Nez.  So I’d say… it’s going GREAT!

Tracy Tsefalas, André Gooren (Fumerie Parfumerie) : “Nous recherchons des créations inspirées qui mettent l’accent sur la qualité et le savoir-faire.”

(Article in French and English)
Nez donne la parole aux parfumeries qui distribuent la version anglaise de notre revue. Première étape de notre tour du monde : Fumerie Parfumerie à Portland, USA.

(see the English version after the French part)

Cet entretien initie notre tour du monde parfumeries de niche qui nous font le plaisir de distribuer la version anglaise (et parfois aussi française) de Nez. Pour cette première halte, nous vous proposons un petit tour outre-Atlantique, à Portland (Oregon), à deux pas de la frontière canadienne, pour découvrir Fumerie Parfumerie en compagnie de Tracy Tsefalas et d’André Gooren.

 

Fumerie Parfumerie – ©Katherine Butler

 

Comment êtes-vous entrés dans le monde du parfum ?

Tracy :

Mes premières expériences avec le parfum étaient de simples essais de mélanges d’huiles essentielles, lorsque j’étais adolescente. Mon premier grand pas dans le monde du parfum a seulement eu lieu après mon mariage. La famille de mon mari possédait une boutique de parfums spécialisée dans les maisons classiques telles que Guerlain ou Caron. J’ai commencé à travailler avec mon beau-père, un homme adorable, passionné par le parfum. J’étais ravie d’avoir l’opportunité de passer plus de temps avec lui. Sa passion et son enthousiasme ont fini par me faire découvrir un tout nouvel univers, et au fur et à mesure que je travaillais avec le parfum, j’enrichissais mes connaissances. La découverte d’Habanita de Molinard a été un moment crucial pour moi. Cette découverte a changé mon rapport au parfum, qui s’est muté en véritable passion. Je me suis éprise du parfum et ne l’ai plus jamais quitté.

 

André :

Je suis tombé la tête la première dans le monde du parfum après avoir essayé de racheter un flacon que l’on m’avait offert. Après qu’un employé mal informé d’un grand magasin m’a dit que le parfum n’était plus commercialisé, je me suis lancé dans une recherche acharnée qui a fini par me mener à des forums de passionnés de parfums, qui m’ont fait découvrir un tout nouveau monde. J’ai commencé à collectionner les parfums et à faire des échantillons de tout ce que ce que je pouvais trouver. Cependant, ma vraie passion s’est avérée l’histoire et la généalogie du parfum. J’ai passé les années suivantes à échantillonner des milliers de parfums vintage et à construire ma mémoire olfactive. J’ai finalement eu la chance de trouver un poste dans une petite boutique de parfums, où j’ai rencontré Tracy et les autres.

Tracy Tsefalas – Fumerie Parfumerie

 

Quelles sont, selon vous, les particularités de votre boutique ?

Tracy :

Nous avons créé un espace accueillant et chaleureux qui a l’esthétique d’une parfumerie européenne. Les bois nobles, les couleurs sombres… Notre intention n’était pas d’être simplement un distributeur de parfums, nous voulions offrir plus à nos clients, et faire de Fumerie un endroit dans lequel les passionnés de parfum pourraient se réunir. Ainsi, nous accueillons chaque mois des évènements qui vont de la simple découverte de nouveautés, à des rencontres avec les parfumeurs. Nous donnons également à nos clients accès à des matières premières et à des livres sur le parfum. Bien sûr Fumerie ne serait pas Fumerie sans ses experts en parfum. André et moi sommes toujours heureux de donner un coup de main, que ce soit en offrant nos recommandations ou en aidant quelqu’un à trouver un parfum spécifique. Notre expérience et nos connaissances font la particularité de Fumerie.

 

Comment faites-vous la sélection des marques que vous vendez dans votre boutique ?

Tracy :

Il est devenu évident au cours de ces dernières années que l’on trouvait une démarche artistique surtout dans les petites collections indépendantes, et ce sont ces dernières qui ont attiré notre attention. Au départ, nous avons contacté plus de quarante maisons que nous trouvions intéressantes, et leur avons demandé des échantillons afin de pouvoir explorer leurs créations en profondeur.
Nous recherchons des créations inspirées qui mettent l’accent sur la qualité et le savoir-faire.

 

Avez-vous eu un ou plusieurs​ coups de coeur cette année ?

Tracy :

Patchouly – Profumum Roma

Bornéo 1834 – Serge Lutens vintage

Bal à Versailles – Jean Desprez vintage

Baraonda – Nasomatto

Anubis – Papillon

 

André :

New Sibet – Slumberhouse

Folie à Plusieurs – Duke of Burgundy

J’ai Osé – vintage extrait

Cuir Cannage – Dior

Voulez-vous – d’Orsay extrait vintage

 

 

Quel parfum portez-vous aujourd’hui ?

André :

Diorella – Dior vintage eau de toilette et Mystère – Rochas vintage eau de toilette

Tracy :

New York – Nicolaï vintage eau de toilette

 

Qu’est-ce qui vous a convaincus de distribuer la revue “Nez”?

André :

Notre amie Angela Sanders avait reçu un exemplaire des deux premiers numéros de Nez après avoir écrit un article dans le troisième (NDLR : Le portrait de la marque Arquiste). Elles nous les a amenés et nous avons immédiatement accroché. J’ai passé des heures à lire ce que je pouvais en français et à traduire le reste avec Google Traduction. Pendant des années, Tracy et moi avons été à la recherche d’un magazine sur le parfum, et Nez est exactement ce que nous recherchions, même plus. Les articles sont magnifiquement écrits, ils sont surprenants et poussent à la réflexion. Un des aspect non négligeable de cette revue est qu’elle s’attaque à de grands thèmes; par exemple, le dossier spécial du dernier numéro s’appelle “Le sexe des odeurs” et aborde “le genre, la séduction, et l’attirance olfactive à travers l’histoire, le marketing, anthropologie, la sociologie, et la biologie”. Le fait de parler du parfum comme de quelque chose qui est digne de réflexion, et non comme d’un simple accessoire de beauté, nous a profondément touchés. Après tout, Fumerie a été fondé sur les mêmes principes.

Que pensent vos clients de Nez ?

La réaction à Nez a été phénoménale. Nous avons épuisé les stocks de notre première commande en quelques jours et la demande des clients ne diminue pas. Chaque client qui tombe sur le modèle d’exposition en boutique finit par prendre son propre exemplaire. Il y en a vraiment pour tous les goûts dans Nez : des articles informatifs aux splendides illustrations en passant par les éditoriaux.

 

English Version

Tracy Tsefalas, André Gooren (Fumerie Parfumerie) :  “We look for inspired creations that focus on quality and skill.”

This interview launches our world tour of the niche perfumeries that honored us by becoming retailers of our magazine. For this first stop, we invite you to cross the Atlantic (remember, we are in France!), to Portland (Oregon), near the Canadian border, to discover Fumerie Parfumerie with Tracy Tsefalas and André Gooren.

 

How did you get into the world of perfume?

Tracy:

My early experiences with fragrance did not extend beyond experimenting with a few essential oil combinations as a teenager. My first real à foray into fragrance did not occur until after I was married. My husband’s family owned a perfume shop that specialized in classic houses such as Guerlain and Caron. I began working alongside my father-in-law, whose passion for perfumery was matched only by his kindness. I was thrilled to have the opportunity to spend more time with him. His passion and excitement eventually opened my eyes to an entirely new world and as I spent more time working with fragrance, my own knowledge began to blossom. The discovery of Habanita by Molinard was a pivotal moment for me. It was the point at which my relationship with fragrance grew into a full-blown passion. I was hooked and I have been working in the fragrance industry ever since.

André:

I tumbled headfirst into the world of perfume after attempting to replace a bottle of perfume that I had received as a gift. After being told by an ill-informed department store clerk that the fragrance was discontinued, I embarked on a journey that ultimately led me to online fragrance forums and opened up a whole new world for me. I began collecting fragrances and voraciously sampling anything I could get my hands on. However, my real passion ended up being fragrance history and genealogy. I spent the next several years sampling thousands of vintage fragrances and building my olfactory memory. I was eventually fortunate enough to find a job at a local fragrance boutique where I met Tracy and the rest, as they say, is history.

 

According to you, what are the specificities of your shop?

Tracy:

We created a welcoming, cozy space that has the aesthetic of a European parfumerie. The rich woods, dark colors and Our intention was never to be simply a retail store—we always wanted to offer more and to make Fumerie a place where fragrance enthusiasts could gather. To that end we host monthly events ranging from fragrance swaps to meet and greets with perfumers. We also offer our customers access to a library of aroma chemicals and books about fragrance. Of course, Fumerie wouldn’t be Fumerie without fragrance experts—André and me are always happy to lend a hand whether that means offering our recommendations or helping someone find a specific fragrance. Our experience and knowledge make Fumerie what it is.

 

How do you choose the brands that you sell in your shop?

Tracy:

It became very evident in the last number of years that the artistry was in these small independent fragrance lines and those are the lines that drew our attention. When we were first getting started we contacted over forty houses that we found of interest and asked for samples in order to further explore these scents. We look for inspired creations that focus on quality and skill.

 

Have you had any crushes this year?

Tracy:

Patchouly – Profumum Roma

Bornéo 1834 – Serge Lutens vintage

Bal à Versailles – Jean Desprez vintage

Baraonda – Nasomatto

Anubis – Papillon

 

André:

New Sibet – Slumberhouse

Folie à Plusieurs – Duke of Burgundy

J’ai Osé – vintage extrait

Cuir Cannage – Dior

Voulez-vous – Parfum d’Orsay extrait vintage

 

What perfume do you wear today?

Tracy:

New York – Nicolaï vintage eau de toilette

 

André:

Diorella – Dior vintage eau de toilette et Mystère – Rochas vintage eau de toilette

 

What made you choose to sell “Nez” in your shop?

André:
Our good friend Angela Sanders received copies of the first and second editions of Nez after contributing an article for publication in the third edition (Angela wrote the portrait of the brand Arquiste). She brought them in and we were immediately smitten. I spent hours reading what I could of the French and translating the rest with Google translate. For years, both Tracy and I have been on the lookout for a fragrance magazine and Nez is everything we were looking for and more. The articles are beautifully written, thought-provoking and surprising. Perhaps most importantly, Nez tackles big topics; for instance, the special feature in the most recent issue is called The Sex of Scent and tackles “gender, seduction and olfactory attraction through the prism of history, marketing, anthropology, sociology, and biology.” The decision to present fragrance as more than a beauty accessory—as something worthy of intelligent discussion—spoke to us on a visceral level. After all, Fumerie was founded on the same principles.

 

How do your customers react to Nez?

The reaction to Nez has been phenomenal. We sold out of our initial order in a few days and customer demand hasn’t shown any sign of slowing. Everyone who thumbs through the in-store copy ends up taking their own copy home. There really is something for everyone in Nez: from the informative reviews to the gorgeous infographics to the in-depth special features.

Fumerie Parfumerie

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